‹ Louis XIV et le Saint-SiègeChapitre 243 sur 268 · I. Enquête · texte numérisé non relu

I. Enquête

cina, dans la même rue, n'en a pas vu davantage : la maison est restée fermée toute la nuit; il rapporte seulement les récits populaires, il a ouï du tumulte sans pouvoir riei préciser, et, en ce qui concerne les Corses, il se borne l faire remarquer qu'ils étaient vêtus de diverses couleurs e n'avaient pas leurs manteaux *.

7° Témoignages de divers marchands de la place de la Trinité, du Campo de Fiori, de la place Farnèse, etc.

Ceux-ci sont un peu moins concis. Le boucher Bernardini, dont la boutique est sur la place de la Triniti de Pellegrini, raconte qu'environ vers la vingt-troisième heure, il sortit de chez lui, surpris par une violente rumeur : en se plaçant devant la rue qui va de la place à fontaine du Ponte Sisto (c'est la rue de' Pettinari), il aperçut une assez grande foule près de la fontaine, et des gens l'épée à la main. Les fuyards, jetant les mots en courant disaient que ces gens étaient des Français du service de l'ambassadeur. C'était donc la fin du premier épisode, c'està-dire la rixe du Ponte Sisto et l'intervention des domestiques du duc de Créqui. Le boucher vit alors les soldats corses s'agiter tumultueusement sur la petite place voisine de la Trinité et où était leur caserne ; sans en regarder davantage, il retira son étalage, ferma sa porte et se retirî dans sa chambre pour y réciter les litanies avec sa famille Après les avoir terminées, il se mit à la fenêtre, et assista à tous les incidents que nous avons racontés, le départ des Corses et l'intervention du capitaine Franchi. Sa famille épouvantée le suppliait de se retirer de la fenêtre : il jugea le conseil prudent, et, partageant lui-même l'émotion des siens, il conduisit sa femme et ses enfants chez sa belle-mère ; il en revint deux heures après : l'émeute avait cessé, mais les rues étaient encore gardées, et il lui fallut décliner ses noms et qualités aux sentinelles pour pouvoir rentrer dans sa maison 2.

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