Enquête, p. 169 à
pour s'excuser de n'avoir, dit-il, examiné précisément personne, ce singulier officier donne une raison qui ne lui fait pas honneur : « Ce n'était pas le moment, dit-il, d'observer les gens, et j'avais assez affaire de me garder moi-même et d'éviter qu'on ne me tirât quelque arquebusade » \
Le sergent Vinciguerra est beaucoup plus sincère; il a montré de l'énergie ; il a dressé la liste des fugitifs et la communique aux commissaires. Il y en avait 32 en tout, 24 de la compagnie Franchi et 8 de la compagnie Savelli. Sa déposition, en date du 2 septembre, est particulièrement précieuse : il s'y montre prêtant main-forte au capitaine pour faire rentrer les principaux groupes de soldats à la caserne, et courant aux alentours pour ramener les autres. Enfin il a bien vu ceux qui sont revenus les derniers. A ses yeux, tous les fugitifs sont coupables : « Ils ne se seraient pas sauvés, dit-il, s'ils étaient innocents » ; mais, avant d'avoir dressé sa liste, il avait remarqué l'absence de cinq individus dont au surplus on retrouvera les noms dans la plupart des autres dépositions et que nous avons déjà mis en scène, les caporaux Carlo d'Ampugnano et Pietro de Montemaggiore et les soldats Andréa Crovero d'Ajaccio, Domenico de Rogliano et Francesco de Venaco. En outre, comme il a su par le caporal Pietro d'Oletta, que Carlo d'Ampugnano, Pietro di Montemaggiore, Andréa Crovero, étaient partis de la caserne dans la direction de San Carlo de' Catinari et revenus par le même chemin, il les accuse du meurtre du page Bertaut, notamment Crovero qui est rentré l'un des derniers. 11 ajoute que le capitaine Franchi et le lieutenant Cardone partageaienl son sentiment, et l'on ne s'explique pas que ces derniers •aient poussé la discrétion dans leur interrogatoire du 25 août jusqu'à s'abstenir de toute désignation personnelle. Il est aussi très étonnant que les commissaires