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456 L'AMBASSADE DU DUC DE CRliQUI.

n'aient fait comparaître le sergent Vinciguerra et pris connaissance de la liste des fugitifs que le 2 septembre, c'est-à-dire dix jours écoulés depuis la désertion de ces trente-deux soldats, qui a eu lieu le 21 et le 22 août. Il semble que la première chose à faire était de réclamer cette liste et le signalement des fugitifs, afin d'être en mesure de les reprendre avant qu'ils se fussent dispersés hors de l'Etat pontifical. Néanmoins la déposition de Vinciguerra et celle qui va suivre ont eu ce grand avantage de faire connaître quelques-uns des criminels, de donner un corps pour ainsi dire à l'accusation. Elles se trouvent au surplus confirmées par de nombreux témoignages subséquents qui, malgré leurs réticences, établissent à peu près les responsabilités l.

Deux jours avant que Vinciguerra eût été entendu, les commissaires avaient cité, le 31 août, le caporal Pietro d'Oletta. Cet homme était un vieux soldat : appartenant depuis 1644 à la garde corse, il avait servi dans plusieurs villes du territoire ecclésiastique et depuis six mois seulement dans la compagnie Franchi 2. Il était de garde à la caserne précisément le 20 août, et s'y trouvait depuis la vingt-deuxième heure, lorsqu'à vingt-trois heures et demie environ, il vit arriver sur la petite place un soldat nommé Giulio Cesare Luccione d'Orezza, qui apporta le récit de l'attaque du Ponte Sisto et de la rue Giulia, et des blessures reçues par Giovanni Battista d'Ajaccio et Calenzana. C'est à cette nouvelle, d'après le témoin, que tous les soldats entrèrent en fureur, saisirent leurs armes et se dispersèrent dans les rues adjacentes, malgré ses efforts pour les arrêter. Ici nous devons faire plusieurs observations : d'abord l'attitude réelle de Pietro d'Oletta est controversée; les soldats interrogés ne sont pas d'accord à son sujet : les uns le représentent comme essayant de contenir les Corses, mais un autre prétend que le

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