‹ Louis XIV et le Saint-SiègeChapitre 255 sur 268 · Enquête, p. 267 à 269 et 278 à · texte numérisé non relu

Enquête, p. 267 à 269 et 278 à

sur la route de Viterbe où ils rencontrèrent trois autres fugitifs, des plus suspects, Pietro Giovanni de Zevaco, Marco Vergolé et Giacomo de Corra. Arrivés par Montefiascone à Bolsène, ils furent rejoints par une douzaine de leurs camarades : c'étaient la plupart de ceux que tout le monde accusait. Inquiet de se sentir en leur compagnie, il se sépara deux et arriva seul à Florence. Il y rencontra Domenico de Bastelica et Pietro de Montemaggiore qui allaient à Pistoia, mais il les quitta promptement pour gagner Livourne où il comptait prendre la mer. C'est là qu'il fut arrêté avec deux autres fugitifs, Domenico de Zevaco et Giacomo de Corra ; tous trois furent ramenés à Pérouse et de là à Rome. Remarquons que cet individu est le premier qui ait désigné, parmi les coupables, ce Matteo de Petralba qui devait payer pour tous l.

Ferrante Bravetto s'était échappé avec Simon et Matteo de Bastelica : ils firent route ensemble jusqu'à Pérouse, et tandis que les deux derniers restaient aux environs de cette ville, Ferrante alla jusqu'à Florence où il fut pris. Ses deux interrogatoires donnent une preuve de plus contre les deux soldats de Bastelica : il déclare en effet que l'un et l'autre, tant à la caserne avant le départ qu'en cheminant vers Pérouse, lui ont avoué leur participation ;i L'émeute. Il rappelle même un détail topique : Matteo lui aurait avoue qu'il avail mis de la poudre mouillée dans son arquebuse pour la rouiller, et faire croire ainsi qu'il ne L'avait point déchargée. Enfin Ferrante, comme le précédent Lémoin, accuse Matteo de Petralba. Ce sont les seuls qui L'aient désigné 2.

C'est en quitta ni Ferrante que les deux soldats de Bastelica, Matteo et Simone, ont été arrêtés ensemble à Agubbio. Leurs dépositions démentenl l;i précédente : tous deux Proclament énergiquement n'avoir jamais paru à L'émeute,

1 Enquête, |>. 288 ;'■ 296 h |» 302 L'. ïbid.t p. 297 à 301 el 310.

et ne s'être évadés que par frayeur1. N'insistons pas sur les récits de Giacomo de Corra et Pier Giovanni d<- Zevacoj arrêtés à Livourne : ils sont pour le détail des faits e| les noms des principaux meneurs conformes à ceux des autres témoins 2. Après eux, il ne restait à entendre qu'un dernier prisonnier, le caporal Pietro de Montemaggiore, mais celui-là était particulièrement compromis : douze témoins l'accusaient de la manière la plus précise d'être sorti l'un des premiers, et rentré l'un des derniers, d'avoir pris une part considérable aux divers incidents; sa culpabilité était évidente et attestée par sa fuite elle-même.

Il maintint cependant avec une remarquable obstination son innocence absolue, prétendit n'avoir pas un instant bougé de la caserne, n'avoir pas mis le pied dans les rues, ne pas même les connaître, ignorer où est l'église San Carlo de'Catinari, située à deux pas du quartier, et s'être évadé « par peur et faute de jugement ». Vainement on lui rappela les dires de tous ses camarades, on l'adjura de confesser la vérité : il persista à tout nier pendant quatre interrogatoires; confronté enfin avec ses accusateurs, il garda, comme nous le verrons plus loin, la même attitude impassible et ne laissa pas échapper le moindre aveu. Cette audace lui réussit, et il convainquit évidemment les commissaires, car il ne fut pas appliqué à la torture et selon toute apparence fut mis en liberté 3.

Les confrontations.

On était arrivé au 29 septembre : tous les Corses soit prisonniers du lundi soir 21 août, soit déserteurs repris, soit cités comme témoins, en tout trente-trois personnes, y compris les deux officiers Franchi et Cardone, avaient été

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