Mémoires <!<■ Retz, loc, cit., p
2. Voir Lettres de Mme de Sévigné, éd. Hachette, H, 153, 248; III, 13; IV. 206, 276 , 347, etc.
Ci L AMBASSADE DU DUC DE CREQUI.
il est la fable de la cour, et n'a d'autre qualité que d'être le neveu de donna Olimpia. Sorti du séminaire des jésuites, on affirme qu'il sait à peine lire et écrire, et les jésuites assurent que, malgré Ions leursefforts, on n'a jamais pu rien tirer de son intelligence tardive l. » Le successeur de Contarini, Giôv. Giustiniani, n'est pas moins sévère dans sa relation de 1651 : après avoir raconté que donna Olimpia, qu'il appelle « une nouvelle Agrippine », prétendait élever ce jeune homme au poste de secrétaire d'Etat, mais avait échoué devant l'opposition de toute la famille d'Innocent X, il fait de Maidalchini le portrait suivant : « Sans capacité quelconque, ignorant de toutes lettres, il savait à peine lire quand il fut créé cardinal. Obtus au point de ne pouvoir et ne vouloir rien apprendre, grossier de corps, de formes, de visage, mal fait, étranger aux usages au point de savoir à peine parler dans les visites qu'il reçoit des ministres des princes et qu'il doit leur rendre, c'est le personnage le plus infime, le plus dénué de toute vertu ou science qui existe dans le Sacré Collège. Il n'aime que le jeu, il est regardé à la cour comme abject; il n'est lié avec personne : nul prince ne désire l'avoir à son service ni dans son parti parce qu'il est universellement méprisé et abhorré » 2. On ne saurait donc s'expliquer que, quelques années après, Maidalchini ayant cherché à se rapprocher de la France (ce qui se comprend fort bien de sa part, étant isolé à Rome), le cabinet du Louvre l'ait accueilli et maintenu avec tant de persévérance dans sa faction en ne cessant de lui témoigner une considération dont il était si peu digne. Il fallait en vérité qu'il se trouvât bien à court de partisans dans le Sacré Collège pour s'embarrasser d'un jeune homme aussi compromettant et dont la mauvaise réputation ne pouvait que nuire au parti français. Maidalchini ne se crut pas obligé par cette faveur à réformer sa conduite, qui devint enfin assez scandaleuse pour qu'Alexandre VII se