‹ Louis XIV et le Saint-SiègeChapitre 33 sur 268 · Relation apocryphe de Correr, p · texte numérisé non relu

Relation apocryphe de Correr, p

6. Giovanni-Carlo de Médicis, né en 1603, frère du grand-duc de Toscane, cardinal depuis 1644.

7. Paschal, cardinal d'Aragon depuis 1660, protecteur des affaires d'Espagne à Rome, archevêque de Tolède. Lors du départ de don Louis Ponce de Léon, ambassadeur d'Espagne près le Saint-Siège, lequel quitta Rome pour le gouvernement de Milan en avril 1662, le cabinet de Madrid avait désigné pour son ambassadeur le duc de Cardona ; mais ce seigneur devant tarder à se rendre à son poste, le cardinal d'Aragon, son frère, fut chargé de l'ambassade en 1662 et 1663, et se rendit ensuite à Naples en qualité de vice-roi.

8. Camillo Astalli, cardinal à vingt-deux ans, en 1650, sous Innocent X, par la protection de donna Olimpia, qui lui fit donner les privilèges de cardinal* neyeu. Il fut destitué brusquement deux ans plus tard.

et de Vienne, exerçait par son âge, son rang de doyen et de prince et son mérite personnel, une très grande autorité dans les affaires de L'Église. 11 avait joui surtout d'un crédit exceptionnel sous Innocent X, et bien que vivant d'ordinaire à Florence, il avait conservé une sérieuse influence sous Alexandre VII l.

Son neveu, Carlo-Giovanni, non moins attaché à la cour espagnole, passait avec raison pour l'un des membres les plus actifs et les plus spirituels du Sacré Collège. Sa correspondance avec don Luis de Haro est remplie d'anecdotes et de fines saillies 2 : son palais était le lieu de réunion favori des jeunes cardinaux, des artistes et écrivains du temps; on y jouait gros jeu, et l'on y traitait, au cours de la conversation et des divertissements, beaucoup d'affaires politiques. Retz prétend que ses mœurs étaient « fort déréglées » et met en antithèse son « impétuosité » avec la gravité du vieux cardinal-doyen, « qui était l'esprit du monde le plus doux » 3. En revanche, les ambassadeurs vénitiens le comblent d'éloges : Giustiniani célèbre avec enthousiasme « sa capacité, sa sublime intelligence, ses manières chevaleresques et généreuses, son goût naturel pour la conversation des gens d'esprit , des chanteurs , des poètes, des historiens » 4; c'était un vrai Médicis, de l'école de Laurent le Magnifique, mais en même temps le partisan le plus passionné du cabinet de Madrid.

Nous retrouverons très souvent le cardinal d'Aragon dans la suite de ce livre, sa situation diplomatique l'ayant obligé de prendre part à tous les incidents. Protecteur des affaires d'Espagne, chargé de l'ambassade en attendant

1. Voir, sur le cardinal de Médicis, Relazioni, etc., déjà cité. Relation de Giustiniani, p. 107; la Relation apocryphe de Correr, p. 47, et, passir/i, Petruccelli délia Gattina, t. III.

2. Elle est constamment citée par Petruccelli délia Gattina, t. III, passim, mais tous ces bavardages sont très suspects.

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