Mém. de Retz, loc. cit., p. 323 et
4. Relazioni, etc. Relation de Giustiniani, p. 122. Voir aussi Relation apocryphe de Correr, p. 76. Cet auteur représente Giovanni-Carlo comme en parfait accord avec son oncle le cardinal-doyen.
l'arrivée du titulaire qui était le duc de Cardona, sou frère, ce personnage fort sage et prudent, d'une fidélité exemplaire à remplir les instructions de son gouvernement, a constamment, comme on le verra, fait preuve de bonnes dispositions pour l'ambassade de France et a entretenu avec elle les relations les plus courtoises. Il avait à Rome par lui-même, aussi bien que par le crédit de sa Cour, une situation de premier ordre.
Quant au cardinal Astalli, il était, si l'on peut dire, prince de l'Eglise par aventure. Son élévation avait été une des fantaisies de donna Olimpia à laquelle son frère était allié ' : comprenant l'impossibilité de remettre le pouvoir à Maidalchini, elle n'avait pas abandonné la pensée de le confier à une de ses créatures, et elle avait improvisé la fortune éclatante d'Astalli, Agé alors de vingt-deux ans. En un instant, ce jeune homme inconnu fut créé cardinal, introduit fictivement dans la famille d'Innocent X, et investi de tous les privilèges et de la puissance d'un cardinal-neveu. Le même caprice qui l'avait porté au faîte l'en fit brusquement descendre deux ans plus tard. Sa disgrâce fut éclatante et définitive. Il s'était, pendant sa faveur, attaché à l'Espagne, et depuis, n'ayant d'ailleurs aucune autre tendance, il était resté dans cette faction où il faisait nombre, sans y jouer de rôle politique. Il avait trouvé, à ce qu'il paraît, « des ressources dans la protection du Roi Catholique » 2, et, après avoir stupéfait la cour par sa grandeur et sa chute, il était rentré dans l'ombre et vivait en repos. L'ambassadeur vénitien Giustiniani lui attribue « de l'aptitude aux affaires, un esprit élevé, de bonnes qualités » et de l'usage du inonde 3, mais il écrivait au temps de la faveur d'Astalli.
Tels étaient les principaux personnages de cette faction, mais il ne faut pas oublier ce que nous avons dit plus haut :
1. Le marquis Astalli avait épousé une nièec de donna Olimpia.