‹ Louis XIV et le Saint-SiègeChapitre 40 sur 268 · Ghantelauze, le Cardinal de Retz, p · texte numérisé non relu

Ghantelauze, le Cardinal de Retz, p

le cœur noble et grand comme un Alexandre » 4. Suivant le mot d'un historien, « pour la vertu, ce n'était pas ce que disait Pasquin » 2, et avec Pasquin l'opinion générale : l'apocryphe Correr, après avoir déclaré « qu'il n'y a en Azzolini aucune vertu éminente », ajoute en propres termes : « il passe la plupart du temps en des entretiens amoureux »... et plus loin : « il lui semble n'avoir jamais assez de temps pour se donner du plaisir » 3. Quoi qu'il en soit de ces rumeurs peut-être calomnieuses, Azzolini était assurément une intelligence supérieure : on l'a comparé, non sans raison, au cardinal de Retz 4; leurs défauts et' mérites étaient analogues : comme le célèbre agitateur de la Fronde, Azzolini aimait à vivre au milieu du bruit; il était apte aux grandes affaires; il a conduit les deux conclaves qui ont élevé Alexandre VII et Clément IX au trône pontifical : ce dernier reconnut ses services en lui donnant le poste de secrétaire d'État, qu'il était parfaitement en mesure de remplir. Il fut le légataire universel de la reine Christine, et mourut deux mois après elle, le 8 juin 1689, à l'âge de soixante-sept ans. A l'époque de notre récit, il avait quarante ans à peine et il était dans la pleine activité de son esprit : il a laissé la réputation d'un des hommes les plus remarquables et aussi les plus adroits et les moins scrupuleux de la cour de Rome au xvnc siècle ".

Citons à côté de ces divers personnages, plusieurs membres du Sacré Collège, les uns très en vue pour la tiare, l<ls autres de mérite inférieur, qui subissaient tour à

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