‹ Louis XIV et le Saint-SiègeChapitre 41 sur 268 · Chantelauze, loc. Cit · texte numérisé non relu

Chantelauze, loc. Cit

:?. Relation apocryphe de Correr, p. '.»1 et 92. h. Chantelauze, loc. al.

;,. Il existe nu portrait d'Azzolini an musée de Berlin, par Vovict : les Imita tonl beaux, les yeux spirituels, la physionomie charmante.

tour les diverses influences maîtresses ; ceux-ci isolés, ceux-là réunis en petits groupes de nationalité, cardinaux génois, vénitiens, toscans d'origine, et qui vivaient au jour le jour, modestement, fort discrets dans leur conduite. Les plus en vue parmi ces princes de l'Église étrangers aux coteries diverses étaient certainement Sacchetti, Pallavicini, Cibo et Odescalchi.

Sacchetti, cardinal depuis 162G, nonce en Espagne où il s'était attiré l'inimitié du cabinet de Madrid, marquait de longue date parmi les amis de Mazarin dont il avait protégé la jeunesse et les débuts dans le monde '. Celui-ci lui en garda toujours la plus vive reconnaissance, et bien que Sacchetti ne fût pas, à proprement parler, de la faction française, il fut le candidat de la France aux conclaves d'Innocent X et d'Alexandre VII. Il ne parvint pas à être élu bien qu'à ce dernier conclave il ait obtenu trente-trois voix à tous les scrutins. L'Espagne lui donna l'exclusion et fit échouer les efforts de Mazarin; les Florentins, de leur côté, bien qu'il fût Toscan, « firent tout ce qu'ils purent pour traverser son élection » 2, si bien que Sacchetti, découragé, et fort lié d'ailleurs avec le cardinal Chigi, se désista en sa faveur avec un très noble désintéressement, « en le déclarant digne du pontificat plus que personne »3. Retz, qui n'appréciait guère les vertus modestes, parle de lui avec quelque dédain : « il n'était bon qu'à peindre », dit-il, et plus loin il ne lui attribue « qu'un fort médiocre talent » u. Sans doute Sacchetti n'était pas un homme de

1. Les relations de Sacchetti avec Mazarin dataient de l'époque où le premier fut nommé cardinal légat à Ferrare en 1626 ou 1627. Le frère de Sacchetti, Jean-François, commandait les troupes de cette province, et Mazarin, alors capitaine, était l'un de ses officiers. « La maison des deux frères, dit M. Victor Cousin, devint en quelque sorte celle de Mazarin. » — En 1628, Jean-François, nommé nonce à Turin, y emmena comme secrétaire le futur premier ministre, qui entra ainsi dans la carrière politique. (Cousin, la Jeunesse de Mazarin, p. 25 et 29.)

Page 1