Mcm. de Retz, éd. citée, p
génie, mais, selon toute apparence, il eût été un sage pontife ; l'ambassadeur vénitien Giustiniani disait de lui en 1651 : « c'est un vieillard rempli d'insignes et belles qualités, de beaucoup d'intégrité, de bonnes mœurs, et apte au gouvernement : il est très aimé à Rome » f. Le même diplomate vante ailleurs « sa bonté, sa grande intelligence dans le maniement des affaires politiques », et rappelle l'assentiment que les honnêtes gens donnaient a sa candidature 2; l'apocryphe Correr, en 1661, parle de lui dans le même sens : « il y en a peu qui le valent dans le Sacré Collège » 3. Les instructions données aux agents de France ne cessent de vanter les vertus de Sacchetti : « il n'y a rien eu dans sa vie depuis sa plus tendre jeunesse qui n'ait été irréprochable, et sa doctrine, sa bonté et sa piété le devraient faire préférer à tout autre » 4. On lécoutait peu toutefois à la cour, mais il mettait avec un zèle persévérant son peu de crédit au service des intérêts français.
Son collègue Pallavicini s était au contraire fort bien vu d'Alexandre VII, son ami d'enfance. Ecrivain distingué, auteur de Y Histoire du Concile de Trente, d'un Traité du style et du dialogue, son érudition variée, ses fortes connaissances théologiques, les agréments de son esprit, le charme de ses lettres ^qui ont été publiées en recueil après sa mort) le plaçaient dans un rang élevé à la Cour de Rome. Il appartenait à la compagnie de Jésus. Le pape appréciait fort ses mérites, surtout au début du pontificat : à cette époque, raconte l'ambassadeur vénitien Correr, « il ne se passait pas de jour où le cardinal Pallavicini ne s'entretint trois ou quatre heures avec Sa Sainteté » ; plus tard et quand la famille Chigi eut pris la haute main dans les