‹ Louis XIV et le Saint-SiègeChapitre 43 sur 268 · Recueil des Instructions, déjà cité, p · texte numérisé non relu

Recueil des Instructions, déjà cité, p

5. Sforza Pallavicini, né à Rome en 1607, cardinal en 1057, mort à Rome en 1007. Son Histoire du Concile de Trente a eu deux éditions : la première en 1657, la seconde en 1004. — Son Traite du style est de 1662; ses lettres ont été publiées en 1669.

affaires, le crédit de Pallavicini se trouva fort diminué ' ; il eut le bon esprit de le comprendre, n'insista point, resta un conseiller fidèle, quelquefois suivi, surtout dans les questions religieuses, niais au demeurant assez réservé2. Beaucoup de gens, mal au courant de la situation, prenaient pour de l'indifférence ce qui n'était au fond qu'une discrétion prudente. L'apocryphe Correr prétend qu'il avait toujours « mille défaites pour se dispenser de rendre de bons offices à qui que ce fût » 3 : en réalité Pallavicini savait les parents du pape jaloux de sa faveur, il sentait le pontife moins confiant, et il ménageait une amitié vacillante.

Le Vénitien Giustiniani' a représenté le cardinal Cibo, fils du prince de Massa et Carrara, et élevé à la pourpre par Innocent X, comme un homme « peu énergique, enclin à la mélancolie, studieux et ami des honnêtes gens, et au fond dévoué à la maison d'Autriche ». L'apocryphe Correr lui est beaucoup plus favorable : il vante « l'intégrité de ses mœurs, sa bonne vie et sa pleine connaissance des intérêts des princes », son zèle épiscopal dans son diocèse de Jesi. La cour de France l'estimait comme « un sujet de mérite et de naissance » 5, comme un prélat « sage, savant et appliqué » 6. Sous le règne d'Alexandre VII, il était assez obscur; il obtint plus tard les légations d'Urbin , de Romagne et de Ferrare; il paraît avoir recherché alors les faveurs du gouvernement français, car je lis dans linstruction adressée à César d'Estrées en 1671 qu'un secrétaire du cardinal Cibo avait de sa part offert au roi les services de son maître, soit dans les affaires courantes, soit dans les con-

1. Nous avons dit plus haut, que dans la première édition de Y Histoire du Concile de Trente, parue à l'époque où Alexandre VU tenait sa famille à l'écart, Pallavicini avait comblé d'éloges cette sage résolution, qui fut si peu durable. Il dut résulter de ces louanges prématurées un certain embarras dans les relations du pape et de ses parents avec l'historien.

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