Ibid., p
claves, en retour d'une pension annuelle de 18000 francs \ Je ne sais pas si cette ouverture était bien officielle, mais ce qui est certain, c'est que le cardinal Cibo prit le grand vol à Rome dans les derniers temps de sa vie : il fut un des candidats français avant l'élection d'Innocent XI en 1676, puis secrétaire d'Etat de ce pontife, et mourut doyen du Sacré Collège.
Le cardinal Odescalchi, ami de Cibo, et qui devait plus tard devenir pape sous le nom d'Innocent XI, était, à l'époque dont nous écrivons l'histoire, l'un des prélats les plus estimés en Cour de Rome par sa vie austère et même assez retirée 2. Fils d'un banquier de Côme, militaire dans sa jeunesse, il passait à bon droit pour désintéressé et très énergique. On disait qu'il avait, sous Innocent X, en vue de la pourpre, montré beaucoup de complaisance à Maidalchini et donna Olimpia, mais, à part cette insinuation, tout le monde rendait justice à sa conduite, à son jugement et à sa franchise. Les Vénitiens n'en parlent qu'avec sympathie : Giustiniani vante « son éclatante beauté d'âme, sa charité » 3; l'apocryphe Correr le représente comme très honnête, peu versé dans la politique, mais sage et inspirant de la confiance \ Le cabinet du Louvre dans une note rédigée beaucoup plus tard (en 1687) cite son goût « pour la retraite et la solitude » ; il prétend qu'Odescalchi, a sévère à ses diocésains », peu enclin à faire des grâces, n'avait (( qu'une capacité fort bornée pour les affaires » 5. Il gardait de sa première éducation militaire des habitudes d'ordre, de commandement et de discipline. L'historien italien Botta loue la pureté de ses mœurs : « il aimait la justice, dit-il, et point le népotisme ». On sait quelle vigueur il montra plus lard dans ses démêlés avec Louis XIV sur la