M/7/. Relation de Corrcr, p. 212 et
4. Relazioni, etc. Relation de Sagredo (1661), ]>. 250. :>. Il'id. Relation de Uassadonna (1664), p. 270.
8G l'ambassade du duc de créqui.
la bulle de la croisade et d'autres avantages pécuniaires 1; encore moins pouvait-on compter sur sa complaisance dans les affaires intérieures où l'influence du clergé était déjà excessive. Elle demeurait très respectueuse, disposée à être agréable, pourvu qu'il ne lui en coûtât rien. Le cardinal d'Aragon, son ambassadeur intérimaire à Rome, d'un caractère affable, mais un peu timoré, étranger à toute intrigue, n'était pas dans l'intimité de Sa Sainteté et ne cherchait pas à s'y introduire 2.
Avec l'empereur d'Allemagne Léopold Ier, les rapports de la cour de Rome étaient excellents, sans dépasser la mesure d'une politesse bienveillante. Il y avait bien entre les deux cabinets des difficultés de détail, notamment sur l'évêché de Trente que le pape refusait à un archiduc, et sur divers bénéfices ecclésiastiques 3 : mais ces discussions se poursuivaient assez paisiblement, le pape parlant sans cesse de son affection pour l'empereur et ce dernier lui témoignant le plus grand respect 4. Il était évident toutefois que Léopold, engagé comme il l'était alors dans la guerre contre les Turcs, et espérant le concours de Louis XIV qu'il obtint en effet en 1664, ne prendrait point parti pour le Saint-Siège contre le roi. Alexandre VII devait en avoir plus tard la preuve lorsque le marquis Mattei, fort grand seigneur romain qui était ministre de l'empereur près le Saint-Siège, s'immisça imprudemment en 1662 dans la querelle des Cours de Rome et de France : Mattei fut hautement désavoué par Léopold, ce qui fut très sensible au Saint-Père. Quant à la grosse affaire de la ligue des princes chrétiens contre les Turcs, sur laquelle nous aurons à revenir, le pape ne la suivait qu'avec peu d'énergie, plus préoccupé des intérêts immédiats du Saint-