INTRODUCTION. IX
bibliothécaire du palais Chigi, M. Cugnoni, qui m'a fait part des documents manuscrits que possède sur l'affaire des Corses la belle collection dont il a la garde; au marquis Imperiali, qui a eu la bonté de faire photographier pour moi le seul portrait qui existe du célèbre cardinal de ce nom; à mon illustre ami Hébert, alors directeur de l'Académie de France, qui m'a donné à la Villa Medici, pendant tout le temps de mon voyage à Rome, une inoubliable hospitalité, m'a ouvert la bibliothèque de l'Académie, et m'a constamment soutenu de sa bienveillance et de ses affectueux conseils.
Je dois encore un bon souvenir au chancelier de notre Consulat à Florence, M. Langlade, qui a surveillé la copie des dépêches que j'ai fait transcrire par son entremise dans les archives des Médicis, à M. le vicomte de Poli qui m'a envoyé quelques indications utiles; à M. Rousset, notre consul à Venise, grâce auquel j'ai pu acquérir un exemplaire du livre si rare des Relations vénitiennes; à M. le duc de la ïrémouille qui m'a si aimablement prêté plusieurs pièces de ses riches Archives de famille ; enfin à M. le colonel Rlanchot, mon parent et ami, qui, mettant à mon service son talent topographique, a dressé le plan du quartier Farnèse annexé à ce volume.
C'est ainsi, soutenu par tant de documents, par tant d'amis et de personnes dévouées aux fortes études, que j'ai pu reconstruire ce grand épisode dont l'intérêt diplomatique dépasse singulièrement le simple récit de l'émeute corse. J'ai conscience d'avoir exposé avec impartialité les faits et les négociations, d'avoir apprécié les hommes du temps et leurs actes avec un profond sentiment de respect pour le Saint-Siège et de haute estime pour les éminents conseillers de Louis XIV. Si j'ai été conduit par l'examen des documents à constater les fautes politiques dés uns et des autres, je n'ai jamais négligé de faire ressortir les circonstances qui les expliquent. Je crois avoir représenté sincèrement, telles qu'elles se sont révélées à moi au cours de cette longue étude, d'une part l'intelligence, la piété, les bonnes intentions du pape Alexandre VII si mal servi par ses ministres; de l'autre, la politique active de Louis XIV en même temps que les erreurs et l'arrogance de sa conduite. De même, en racontant les attentats de la milice corse, j'ai du faire la part de l'entraînement et du trouble moral qui atténuent la responsabilité de ces soldats si braves, égarés dans une déplo-