Mém. de d'Arta»nan, III. p
4. Il s'agit d'un secrétaire. An icvii8 siècle, on attribuait le nom de « domestique » à toute personne, même d'un rang élevé, qui faisait partie <!<• li maison d'un prince, d'un grand seigneur ou d'un agent diplomatique.
à peine mit-il In tête à la porte pour le voir, et il ne m'a jamais renvoyé lim des siens. Seulement, quelque temps après, le commis des introducteurs des ambassadeurs, que je rencontrai à Fontainebleau, me dit que le duc de Créquî l'avait chargé de me faire savoir qu'il ne m'avait pas annonce sa nomination avant appris que je la connaissais par M. Le Tellier. Deux mois après, il me fit prévenir de sa visite, mais il n'est pas venu sous prétexte que je ne lui aurais pas donné la main dans cette entrevue \ comme en effet les nonces mes prédécesseurs et moi-même ne l'avons jamais donnée aux ambassadeurs, ainsi que le maréchal d'Estrécs l'attesta à lui-même, à ce que j'ai su2 . » Ce détail paraît aujourd'hui puéril, mais il était alors de très grande importance, et cette prétention indisposa certainement le nonce qui d'ailleurs fut approuvé par sa Cour et eut soin de Taire remarquer que M. Le Tellier avait blâmé l'ambassadeur3. On ne devait pas tarder à s'apercevoir de la mauvaise impression que ces rapports avaient laissée dans l'entourage du pape, au moment où il eût été au contraire si utile à M. de Créqui de préparer son terrain par une bonne entente avec Mgr Piccolomini, et, à tout le moins, de ne pas le traiter à la légère. L'envoi d'un homme aussi peu maniable était fort aventuré. Bussy- Rabutin avait quelque raison de s'étonner « qu'on l'eût choisi pour l'ambassade de Rome qui est la plus délicate de toutes » *. Nous verrons plus loin que les
1. Dans le style du temps a donner la main » signifiait « la distinction qui consiste à donner la droite à quelqu'un, soit "en s'asseyant, soit en marchant auprès de lui ». {Dictionnaire de Littre, art. Majn, n" 48.)