Arch. Vat., dép. du nonce du 21 avril 1G
3. Arch. Vat., dép. du nonce du 1G juin 1G62. — Saint-Simon rappelle à ce sujet que les nonces, jusqu'en 1724, ont en effet toujours évité de « donner la main aux ambassadeurs » ; il trouve « qu'il n'était pas surprenant que M. de Créqui, duc à brevet en 1661, n'eût pas la main chez le nonce ». 11 ajoute que « le nonce lui rendit à Rome les plus mauvais offices qu'il put » : nous devons dire que nous n'avons trouvé dans la correspondance de Mgr Piccolomini qui est aux archives du Vatican d'autre allusion défavorable à M. de Créqui que le passage cité plus haut. (Voir Ecrits inédits de Saint-Simon, déj. cit.)
h. Bussy-Kabutin, Mémoires, toc. cit.
instructions qui lui furent remises n'étaient pas faites pour modérer les prétentions d'un caractère entier, et jaloux de ses droits.
La duchesse de Créqui était Anne-Armande de Saint- Gelais, fille de Gilles de Saint-Gelais, marquis de Lansac, dit de' Lezignem ou Lusignan, qui prétendait descendre de cette illustre maison dont il portait les armes. La famille de Saint-Gelais était du reste fort ancienne, et surtout, de tout temps, honorée de nombreuses charges de Cour. Le maréchal de Souvré, arrière-grand-père de Mme de Créqui, avait été gouverneur de Louis XIII; Mme de Lansac, fille du maréchal et grand'mère de Mme de Créqui, avait été gouvernante de Louis XIV. Depuis, trois dames de la même maison, la maréchale de la Mothe, la duchesse de Yentadour et la marquise cle Tallard, furent gouvernantes des enfants de France. Gilles de Saint-Gelais avait eu deux filles, Mme de Vassé et la duchesse de Créqui, et cette dernière se trouvait alliée par sa mère, fille de Gabriel de Fosses, marquis d'Everly, aux Vivonne, a Mme de Montespan, à Mmcs de Louvois et de Rochefort1. Nous n'avons trouvé nulle part la date de sa naissance, mais comme elle avait passé quatre-vingts ans au moment de sa mort en 1709, on doit penser qu'elle avait environ trente ans à l'époque où son mari fut nommé ambassadeur i, Rome. Saint-Simon dit qu'elle était « parfaitement belle et vertueuse cl de beaucoup de dignité » 2; il ajoute que c'était (, une femme d'une grande douceur et qui conserva toujours beaucoup de considération »3;... « h' meilleure femme du monde, dit-il encore, qui se ht toujours aimer et honorer. Le roi conserva une grande considération pour