A. É., Rome, supplément, 1662, n
et des instructions écrites dont nous parlerons plus loin. Sa Majesté, voulant en outre faciliter autant que possible la mission de son ambassadeur en donnant une marque particulière d'estime et de sympathie au cardinal Chigi, lui écrivit le 17 avril la lettre suivante :
« Mon cousin, j'ai cru ne pouvoir mieux déclarer le dessein que j'ai de témoigner à toute la chrétienté le respect que j a. lJ,e Saint-Siège et pour la personne de N. S. P. le Pape en lui envoyant un ambassadeur extraordinaire que par le choix que j'ai fait pour cet emploi de mon cousin le duc de Crequi, pair de France, etc., étant personne en qui J ai une intime confiance, et qui, par ses bonnes qualités, ne pourra être que bien agréable en cette charge. Il est entièrement instruit de mes intentions, et comme il sait que j'ai une estime très particulière pour vous et que votre propre mérite m est en toute autre considération que ce qui dépend de la fortune, je lu. a. sur toutes choses recommandé de vous en rendre témoignage non seulement par ses offices, mais encore par ses déférences a vos sentiments en ce qui regarde mes intérêts. I vous plaira donc de lui donner entière créance et d'ajouter fo, a ce qui ^us pourra dire de ma part, surtout aux assurances qu il vous donnera de mon amitié. Sur ce, je prie Dieu, etc. . »
Enfin, désirant montrer les plus grands égards au roi d'Espagne, son beau-père, et s'assurer autant que possible le concours du cabinet de Madrid, Louis XIV envoya au cardinal d'Aragon8, ambassadeur intérimaire de Sa Majesté Catholique à Rome, «ne missive officielle pour lu. faire savoir que le duc de Créqui avait ordre « de correspondre » avec lui « de telle manière, dit-il, qu'.... ne puisse douter de notre parfaite union ». H ajoutait : « Comme je veux croire que vous avez les mêmes ordres, particulièrement en ce qui regarde l'exécution de notre traité de paix pour les intérêts de nos amis communs , j ai
I. A. É., Rome, '«62. .upplémcnl 149, f" 19. • Voir sur le cardinal d'Aragon, chop. a, f 6.
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Le duc de Créqui partait donc muni de toutes les pièces qui devaient inspirer la plus grande confiance en sa personne et en son langage tant au pape qu'à son entourage et au corps diplomatique. Mais, pour sa direction, en outre des recommandations verbales du roi et de MM. de Lionne et Le Tellier, il avait reçu, suivant l'usage, une longue instruction écrite qu'il importe de
Après avoir rappelé les qualités de son ambassadeur et le souvenir qu'on a conservé à Rome, « avec respect et amour », de la mission remplie autrefois auprès du Saint- Siège par le maréchal de Créqui, le roi expose les deux motifs qui l'ont porté à ne pas différer cette nomination : le premier est la nécessité de son service et l'impossibilité de « laisser le champ libre aux autres potentats » ; le second l'importance qu'il y a de « reconnaître s'il y a quelque moyen possible que Sa Majesté établisse une sincère et étroite union et bonne correspondance avec le pape ». Pour y parvenir, « une ambassade d'Etat » lui a paru « le moyen le plus efficace de s'assurer au vrai du fond du cœur de Sa Sainteté ».
Ce préambule, augmenté de considérations assez amères sur la stérilité des démarches de M. d'Aubeville, se termine par cette réflexion que peut-être le Saint-Père a-t-il eu « un déplaisir secret » de l'absence d'un ambassadeur et l'a « imputée à mépris », et que Sa Majesté « a cru