A. É., Rome, 145, Créqui au roi, 20 juin, f
affaires et l'entretien garda le caractère d'un échange d'idées générales. L'impression personnelle de l'ambassadeur fut assez bonne, car il déclare avoir été reçu de Sa Sainteté « aussi favorablement qu'il pouvait souhaiter », mais il est facile de voir, d'après son récit, combien le sentiment du Saint-Père, dissimulé sous des formules courtoises, était au fond peu amical. Le pape, en effet, sans aborder la question de la visite à ses parents, s'étendit avec complaisance sur son affection pour eux, sur les dons qu'il leur avait prodigués et leurs grands établissements dans Rome. Il fit ensuite allusion au mauvais vouloir de Mazarin à son égard, tout en convenant qu'il avait été plus content de lui dans les derniers temps, et en rappelant que, peu de jours avant la mort du cardinal, il lui avait envoyé un Bref bienveillant. Il ne négligea pas en outre de dire quelques mots de l'incamération de Castro dans le but évident de prévenir de nouvelles instances, et comme M. de Créqui laissait entendre que le duc de Parme, étant en état de payer ses dettes, il y aurait lieu de revenir sur cette affaire, le pape « repartit précipitamment : nous ne le pouvons plus à cette heure » ; — « cependant, fit observer l'ambassadeur, qui entendait bien ne pas lâcher prise sur ce point capital, ceux qui ont fait les lois peuvent les défaire quand il leur plaît ». Il prit congé sur ces paroles qui annonçaient les discussions à venir et se rendit chez le cardinal Chigi, lequel, toujours fort gracieux et respectueux sans doute, ne répondit « qu'en termes généraux à tout ce que M. de Créqui lui dit de la part de Sa Majesté » '.
On se préoccupa Tort les jours suivants d'un incident qui présentait un certain intérêt politique et qui ne fut pas s;uis influence sur les événements qui devaient suivre, le