‹ Louis XIV et le Saint-SiègeChapitre 93 sur 268 · A. É., Rome, 145, Créqui au roi, 20 juin, déj. cit · texte numérisé non relu

A. É., Rome, 145, Créqui au roi, 20 juin, déj. cit

retour de la reine Christine de Suède à Rome. Nous n'avons pas à parler ici du caractère aventureux de cette princesse qui est assez connu : nous dirons seulement qu'après ses nombreux séjours dans la Ville Eternelle, en 1656 où elle habita le palais Farnèsc, puis en 1658 où Mazarin mit son palais à sa disposition, elle était retournée en Suède, après la mort de Charles-Gustave en 1660. Déçue dans l'espérance de prendre la haute main sur les affaires de son ancien royaume, elle avait quitté la Suède et séjourné en France où la Cour, très correcte sans doute à son égard, ne lui avait plus montré le même empressement qu'au temps de ses précédentes visites; elle revenait à Rome assez peu satisfaite du roi au fond du cœur, craignant, il est vrai, de lui déplaire et de perdre son appui éventuel, mais sentant bien que les sympathies françaises s'étaient fort refroidies depuis le meurtre de Monaldeschi f. En revanche, elle espérait beaucoup d'Alexandre VII. Sa conversion au catholicisme, son esprit, les agréments de son palais où elle tenait une petite Cour, le zèle qu'elle montrait pour les intérêts du Saint- Siège et de l'orthodoxie, ses relations très suivies avec les cardinaux de l'escadron et surtout avec le cardinal Azzolini qui dirigeait sa maison, donnaient une certaine importance à ce nouveau séjour. Son entrée, qui eut lieu le même jour que l'audience publique de M. de Créqui (20 juin), fut très solennelle 2 : les cardinaux Chigi et Barberini allèrent au-devant d'elle au delà des murs, à trois milles de Rome, avec don Mario et don Agostino, dont la présence après leur abstention à l'entrée de l'ambassadeur de France fut d'autant plus remarquée; elle fut reçue immédiatement par Sa Sainteté, qui lui envoya le lendemain en signe de bienvenue « soixante-quatre bassins de confitures

1. Voir, pour ces détails, Y Histoire de Christine, par Lacombc, Paris, 1762. et YHistoire de Christine, reine de Suède, par J.-P. Cattcau-Calleville, Paris, 1815, t. II, p. 97 et suiv. (Ces deux ouvrages sont à peu près identiques.)

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