‹ Louis XIV et le Saint-SiègeChapitre 94 sur 268 · A. É., Rome, 146, Bourlcmont à Lionne, 20 juin, f · texte numérisé non relu

A. É., Rome, 146, Bourlcmont à Lionne, 20 juin, f

et deux cents bouteilles de vin, le tout porté par cent cinquante hommes conduits par quarante de ses estaficrs » '. Les premières relations de la reine avec M. de Créqui furent, au contraire, assez réservées par suite d'une difficulté d'étiquette : c'était l'écueil permanent à Rome. L'objet du différend est assez singulier et indique bien les préjugés du temps. La reine Christine, qui se piquait d'être un esprit supérieur et indépendant, n'était cependant nullement dégagée des susceptibilités de cérémonial. Elle marqua donc l'intention de ne donner au duc de Créqui, lorsqu'il lui ferait visite, qu'un simple tabouret, tandis qu'elle accordait un fauteuil aux cardinaux : elle affirmait que les ambassadeurs d'Espagne et de Venise se contentaient de ce traitement. On fut très ému de cette prétention au palais Farnèse 2. M. de Créqui consulta làdessus les cardinaux d'Esté et Antoine Barberini et l'on entra en négociation avec les officiers de la reine et avec le cardinal Azzolini, qui était chez elle « à peu près comme un maître de chambre » 3. Mais Sa Majesté- n'en voulut pas démordre, et Azzolini, en exprimant, dans une lettre au roi, tous les regrets de la princesse, prétendit que le Sacré Collège ne pourrait plus la visiter si elle ne lui réservait pas ses prérogatives4. La seule concession qu'elle consentait à faire était de donner un fauteuil à l'ambassadeur s'il se présentait chez elle ou s'y rencontrait en compagnie (11111 cardinal. M. de Créqui objectait d'abord que le pape lui-même « ne mettait aucune distinction entre lui et les cardinaux pour le siège », (pie la reine ne pouvait donc « faire en cela une différence (pie Sa Sainteté ne l'ait pas » ; ensuite, et en ce qui concernait la présence simultanée <hv L'ambassadeur et d'un cardinal, « qu'un ministre de Sa Majesté était assez considérable par son

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