‹ Louis XIV et le Saint-SiègeChapitre 95 sur 268 · Gazelle de France, 1662, p · texte numérisé non relu

Gazelle de France, 1662, p

2. A. E., Rome, 145, Rourlcmont à Lionne, 26 juin, P 103. — Créqui au roi, 27 juin, P 107.

:\. Ihul. Noavellei de Rome, f" 101.

'i. Ibid. Lettre d'Azzolini au roi, du 2'» juin, f° 09.

propre caractère sans être obligé à la considération d'autrui des honneurs qu'on lui rend, et que ce serait faire tort au roi que de ics accepter de la sorte ». Il refusait cette condition, de l'avis de ses conseillers, et il chargea M. de Bourlemont d'en aviser la reine l.

Celle-ci répondit au prélat en alléguant qu'elle ne donnait pas le fauteuil aux parents séculiers de Sa Sainteté, et qu'elle ne voulait pas se brouiller avec eux en accordant à l'ambassadeur ce qu'elle entendait leur refuser. Puis, en vue de rétorquer l'argument du fauteuil donné par le pape aux ambassadeurs comme aux cardinaux, elle affirma que le traitement n'était pas cependant pareil puisque les cardinaux gardaient leur bonnet devant Sa Sainteté tandis que les ambassadeurs restaient découverts. Sur quoi M. de Bourlemont repartit qu'il n'y avait rien à tirer de cet usage : « le bonnet, dit-il, est pour les cardinaux la marque de leur dignité comme la mitre aux évèques, et ils le doivent porter devant le pape qui le leur a donné » 2.

Tous ces raisonnements ingénieux et puérils n'avançaient pas l'affaire et chacun se cantonnait obstinément dans son système. Mais ce qui était fâcheux, c'est que le bruit courait que le pape prenait parti pour la reine et même lui avait fait dire « que si elle donnait satisfaction à l'ambassadeur il défendrait aux cardinaux de la voir » 3. Azzolini, au dire de l'abbé Benedetti, affirmait que le maître des cérémonies de Sa Sainteté l'avait avisé de cette décision du pape. « Que vous semble de ce procédé? » écrivait M. de Créqui à M. de Lionne 4; il ajoutait assez justement dans sa lettre au roi en date du même jour : « c'est, ce me semble, bien prendre à tâche de témoigner de l'aigreur en de petites choses ». Il disait en outre avec une exagération qui témoigne de sa mauvaise humeur :

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