‹ Louis XIV et le Saint-SiègeChapitre 96 sur 268 · Ibid., Créqui au roi, 27 juin, loc. cit · texte numérisé non relu

Ibid., Créqui au roi, 27 juin, loc. cit

4. A. É., Rome, 145, Créqui à Lionne, 27 juin, f° 108, et au roi, même date.

« ne pas me donner le fauteuil, le donnant aux cardinaux, ce serait faire d'eux à moi une distinction de maître à valet ».'

La Cour de France s'impatientait de ces petites querelles, et en outre elle ne voulait pas compliquer par un nouvel incident d'étiquette ses différends avec le Saint-Siège. Aussi, tout en reconnaissant le bon droit de M. de Créqui, lui conseilla-t-elle d'être moins rigide. La lettre du cardinal Azzolini au roi et son Mémoire envoyé à M. de Lionne avaient plu à Sa Majesté, qui, avec ménagements mais d'une façon très précise, invita M. de Créqui à satisfaire la reine de Suède : « On peut suivre la coutume sans rien innover, lui écrivit-il, et comme il est certain qu'aucun ambassadeur n'a eu de la reine ce que vous avez demandé, vous pourrez vous contenter du tempérament qu'elle vous a fait offrir de vous donner un fauteuil, y allant avec un cardinal; et, pour les visites suivantes, quand vous y serez seul, vous pourrez alors, suivant que vous le jugerez à propos, ou prendre le tabouret et vous couvrir, ou vivre à la française et demeurer debout, ou même, si vous voulez, découvert, tournant la chose du coté du respect que vous désirez de rendre aux dames » \ M. de Lionne atténua quelque peu, dans une lettre particulière, le désaveu que Louis XIV donnait aux prétentions de l'ambassadeur, en lui disant que ce n'était pas « un ordre positif », et que s'il s'était déjà trop engagé pour reculer, Sa Majesté l'autorisait alors à ne pas voir la reine de Suède puisque cette visite n'était pas « absolument nécessaire » 2. Quant à l'ambassadriee, bien que le roi eût écrit à M. de Créqui « qu'elle pourra se contenter du même honneur et traitement que la reine fait aux parentes de Sa Sainteté » 3, M. de Lionne remet aussi à la disposition de l'ambassadeur d'en user comme il voudrait, et de refuser le simple tabouret : mais

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