A. i;., Rome, I'.:.. le roi A Créqui, 21 juillet, f
2. Ibid., Lionne à Créqui, 21 juillet, f" i'i»>. :'>. Ihiil.. le roi à Créqui, loc. cit.
178 L AMIJASSADi: DU DUC DE CREQUI.
il termine sa lettre par un conseil significatif : « que si vous me demandiez maintenant quelle résolution je prendrais si j'étais à votre place, je vous le dirai sincèrement : j'accepterais la proposition qui vous a été faite d'aller voir la reine en compagnie d'un cardinal, et, pour toutes les autres visites, quand je serais seul, je demeurerais debout ». 11 est vrai que l'ambassadrice pouvait persister à vouloir le fauteuil, mais il exprime toute sa pensée dans ce post-scriptum : « Encore que tout soit remis à votre disposition, Sa Majesté croit qu'il serait plus de son service que vous trouvassiez moyen d'établir vos visites avec la reine de Suède » '. C'était là, malgré les précautions oratoires, une invitation bien formelle, et de plus (ce qui an fond était fort peu correct), M. de Lionne fit savoir par une lettre adressée à Azzolini, mais destinée évidemment à être communiquée à la reine Christine, que le roi « passait par-dessus » les raisons présentées par l'ambassadeur, « pour satisfaire la reine en ce qui se pourra » : il donna même une singulière entorse à la vérité en insinuant que M. de Créqui avait « demandé permission au roi de contenter Sa Majesté » 2. Il cherchait ainsi à sauver l'amour-propre de l'ambassadeur, mais celui-ci était mis néanmoins en échec, ce qui lui fut extrêmement sensible.
Pour n'avoir pas à revenir sur cet incident, nous dirons que M. de Créqui comprit la nécessité de s'exécuter et le fit d'assez bonne grâce 3 dès qu'il eut reçu le courrier de France : « J'allai, écrit-il au roi le 15 août, dès le soir même chez la reine et j'en usai comme Votre Majesté me marquait;... je ne voulus pas même y aller avec un cardinal, à cause de la différence qu'il y aurait de cette visite aux