‹ Louis XIV et son siècle (volume 2)Chapitre 7 sur 37 · AL ROL · texte numérisé non relu

AL ROL

Sinr. ,

« J'avonc que qui vous offense mérite avec les peines temporelles celles de l'autre vie , puisque vous êtes Timage de Dieu, ^lais lorsque Dieu promet pardon h ceux qui le demandent avec une digne reponlance , il onsei;'ne aux rois comme ils doivent en user. Or, puistpie les larmes changent les arrêts du ciel , les miennes , Sirk , n'aurontrlles pas la puissance d'émouvoir votre pitié ? La justice est un moindre effet de la puissance des rois que la miséricorde : le punir est moins louable que le pardonner. Combien de gens vivent au monde qui seraient sons la terre avec infamie , si Votre Majesté ne leur eût fait grâce ! Siiik , vous êtes roi, père et maître de ce misérable prisonnier : peut-il être plus nn'rliant que vous n'êtes bon , pins coupable que vous n'êtes miséricordieux? Ne serait-ce pas vous offenser que de ne point espérer en votre clémence? les meilleurs exemples pour les bons sont de la pitié ; les méchants deviennent plus fins et non pas meilleurs par les supplices d'aulriii. Suif. , je vous demande, les genoux en terre , la vie de mon lils, et de ne permettre point que celui que j'ai nourri pour votre service meure pour celui d'aulrui ; que cet enfant que j'ai si chèrement élevé soit la désolation de ce pende jours qui me restent, et enlin que celui que j'ai mis au monde me mette au tombeau, llêlas! SinK, que ne mourut-il en naissant ou du coup qu'il reçut à Saint-Jean ou en quelque autre des périls où il s'est trouvé pour votre service , tant à Montauban , Montpellier on antres lieux , ou de la main même de cflui qui nous a causé tant de déplaisirs ? Ayez pitié de lui , Suif. : son ingratitude passée rendra votre miséricorde d'autant pins rccommandable. ,1e vous l'ai donné à huit ans; il était petit-fils du maréchal de Mouiluc et du président Janin par alliance. Les siens vous servent tous les jours . qui n'osent se jeter ii vos pieds, de peur de tous déplaire , ne laissant pas de demander en toute humilité et révérence, les larmes à l'œil avec moi, la vie de ce misérable , soit qu'il la doive achever dans nue prison perpétuelle, ou dans les armées étrangères , en vous faisant ser\1ce. Ainsi Votre Majesté

peut relever les siens de l'infamie eldc la perte, satisfaire à votre justice et relever voire clémence , nous obligeant de phis en plus à louer votre bénignité , et à prier Dieu conlinuelleincnt poin- la santé et prospérité de votre royale personne , et moi particuliè-

ronicnl qui suis ,

Votre tiès humble et tiès obéissante servante et sujette ,

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