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CHAPITRE XII

Retour du iluc d'Eii.liion i Pins. — l.c duc de GuÎM — I. 'archevêque de vingt ans — Ses folies — Son orgueil — Ses maîtresse*. — La vi»ile pctnralc. — l.'jl.besse d Aurny. — L'trcfcCviaJM en enl. — 11 devient soldat. — Se» mariage*. — Son combat avec Coligny — Fureur du duel à celle époque.

Sur ces entrefaites, le vainqueur de Ilocroy arriva à Paris

Le cardinal avait jugé son amitié si importante, que ce fut en déguisant ses propres ressentiments sous la nécessité de conserver cette amitié, qu'il avait obtenu successivement de la reine les réparations publi-

Ïues de madame de Monthazon à madame la Princesse, puis l'arrestation du duc de Ilcaufori. puis l'exil de . le duc, de madame la duchesse de Vendôme et du duc de Hercœur, puis la difgrftcfl de ma<!anie de Cbevreuse, puis le renvoi de madame d'Hauteforl; puis enfin la démission du comte de la Châtre, colonel général des Suisses.

Le duc d'Enghien, selon toute probabilité, avait trouvé que la réparation de madame de Monlbazon n'était pas égale a l'offense faite à su sœur. Mais, sachant que le dnc'de lieauforl était de moitié dans cette offense, il venait lui en demander raison. Malheureusement pour ses projets, il «couva en arrivant a Paria

LOUIS XIV ET SOiN SIÈCLE

Je duc de Beauforl arrêté. Aucun ennemi ne restait donc awc lequel un premier prince du sang pût tirer l'épée, et l'on résolut de remettre la querelle à des champions secondaires.

On se rappelle que le nom du comte de Coligny, petit-fils de l'amiral Coligny, tué a la Saint-Barthélémy, avait été mêlé dans toute cette affaire. On avait dit que c'était de sa poche qu'étaient tombées les lettres attribuées à madame de Longueville. Aussi, lorsqu'il sut que le duc a Enghien, faute de champion digne de lui, renonçait à une vengeance personnelle, Coligny, poussé par la duchesse de Longueville, vint lui demander la permission de faire appeler en duel le duc de Cuise, qui avait pris hautement le parti df madame de Monlbazon, et que le bruit public désignait comme ayant remplacé M. de Beaufort dans se ' bonnes grâces.

Ce duc de Guise, dont nous prononçons pour la seconde fois le nom, était, de son côté, petit-fils du grand Henri de Guise, .comme le comte de Coligny était petit-fils du grand Coligny; c'était un des seigneurs les plus braves, et surtout, si le mot pouvait être de mise pour cptte époque," nous dirions les pliif excentriques de la cour. Aussi demanderons-nous à nos lecteurs la permission de les entretenir de lui quelques instants, avant de l'introduire sur celte scène où il sera appelé à jouer un rôle si bizarre.

Henri de Lorraine, duc de Guise, comte d'Eu, prince de Joinville, pair et grand chambellan de France, était né à Blois, le 4 avril 1614; ainsi, à l'époque où nous sommes arrivés, il était âgé de vingt-neuf ans.

Destiné, dès l'enfance, â être d'église, le jeune prince avait reçu au berceau quatre des premières abbayes de France, et à quinze ans il était archevêque de Reims. Mais la possession de tant de richesses et l'espérance de tant de grandeurs ne tournaient que bien difficilement son esprit vers les idées religieuses. Tout jeune, il courait déjà les rues de Paris en cavalier, et l'abbé de Gondy disait, en le rencontrant un jour sans tonsure, avec le manteau court et l'épée au côté : — Voici un petit prélat qui est d'une église bien militante.

En effet, M. de Reims, comme on l'appelait alors, était un charmant cavalier avec le nez un peu aquilin et un peu saillant, le front bien fait, un regard qui prenait toutes les expressions, et une tournure vyiment princière. Il fallait que cela fût ainsi, puisque l'austère madame de Motteville, qui blâmait fort ses amours désordonnées, ne pouvait s'empêcher de dire : — On croirait volontiers que cette famille descend de Charlemagne, car celui que nous voyons aujourd'hui a quelque chose qui sent particulièrement le paladin et le héros de chevalerie.

Ce qui contrariait les plaisirs du jeune prince, c'est que le cardinal de Richelieu, qui ne perdait pas de vue les rejetons des grandes familles, avait les yeux sur lui, et, toutes les fois qu'il venait à Paris, I appelait avec tant d'affectation H. de Reims, lui demandait avec tant d'insistance des nouvelles de son archevêché, que le pauvre prélat, si bonne envie qu'il eût de demeurer à la cour, était toujours forcé de retourner à sa résidence. Il e$\ vrai qu'il se consolait de cet exil avec madame de Joyeuse, dont le mari, Robert de Joyeuse, seigneur de Saint-Lambert, était lieutenant de roi au gouvernement de Champagne. Ce Joyeuse, qui appartenait a la grande maison de ce nom, était, au reste, un mari de la vieille roche, prenant les choses comme on les prenait sous Henri IV, et se faisant faire par les amants de sa femme des pensions qu'il mangeait publiquement de son côté avec les courtisanes.

Les amours de l'archevêque et de madame de Joyeuse étaient si publiques, qu'un jour une suivante de la dame lui ayant demandé pour son frère une prébende de Reims, le prince la lui accorda, mais à la condition que, puisque c'était à elle qu'il avait donné la chanornie, ce serait elle qui porterait l'habit de chanoine. Ce qui fut fait effectivement, et pendant près de trois mois l'archevêché put être édifié par la vue de son archevêque, promenant dans ses carrosses, non-seulement sa maîtresse, mais encore la suivante de sa maîtresse en costume de chanoine.

Malheureusement pour les maîtresses de M. de Reims, il était d un coeur fort inflammable, mais aussi fort changeant. Tout en jurant à madame de Joyeuse qu'il l'adorait, il faisait de temps en temps, et pour chercher aventure, des voyages a Paris. Or, madame de Joyeuse le vit un jour revenir dans son archevêché avec des bas jaunes. Comme ce n'était pas la couleur ordinaire des bas des archevêques, et que celui-ci continuait à se chausser ainsi, elle s informa des causes de celte singularité, et apprit que, pendant son dernier voyage à Paris, il avait vu à l'hôtel de Bourgogne une célèbre actrice du temps, r.j.iméc la Villiers, laquelle jouait les grands rôles tragiques, et qu'en étant devenu fort amoureux, il lui avait fait demander quelle était la couleur qu'elle préférait. A quoi elle lui avait répondu le jaune. Le jeune archevêque s'était alors déclaré son chevalier, et lui avait promis de prendre ses couleurs. Commcon l'a vu, il lui tenait parole.

Au milieu de toutes ses folies, il portait haut, quoique cadet, l'orgueil de sa naissance. A son lever, il se faisait donner la chemise par les plus nobles prélats. Huit ou dix évèques se soumirent, pour ne pas lui déplaire, à ce cérémonial princier; mais un jour qu'on présentait la chemise â l'abbé de Retz, celui-ci, sous prétexte de la chauffer, la laissa tomber dans le feu et elle fut brûlée. On en alla chercher une autre, mais quand on la rapporta l'abbé de Retz était parti, de sorte qu'il fallut que ce jour-lâ le noble archevêque se contentât d'une chemise passée par son valet de chambre.

Il y avait alors, en France, trois princesses, filles de Charles de Gonzague, duc de Nevers et de Mantoue. L'aînée, Louise-Marie de Gonzague, avait été élevée chez madame de Longueville; ou l'appelait la princesse Marie. Monsieur (Gaston d'Orléans) l'avait aimée et avait voulu l'épouser; mais la rt-iuc-mère s'était opposée formellement â ce mariage. C'était la même qui devait être aimée plus tard du pauvre Cinq-Mars et finir par épouser, comme nous le verrons bientôt, Uladislas VU, roi de Pologne. La seconde était Anne de Gonzague de Clèves, qu'on appela depuis la princesse palatine. El enfin, la troisième, Bénédicte de Gonzague de Clèves, qu'où appelait madame d'Avenay, parce qu'elle était supérieure de l'abbaye d'Avenay, en Champagne. Or, M. de Reims devint amoureux de cette dernière sur la seule réputation de ses belles mains.

C'était chose facile, pour un prélat de son rang, que de pénétrer dans les couvents; c'était même un droit de sa haute position. Il annonça, donc que, plusieurs abus lui ayant été signalés, il allait faire uue tournée dans son archevêché. Cette tournée n'avait d'autre but pour le prince que de se rapprocher, sans

que personne s'en doutât, de madame d'Avenay, et de s'assurer si effectivement l'abbesse avait les mains aussi parfaites que le disait sa réputation- •

11. de Reims, avant de se présenter a Avenay, était venu dans deux ou trois autres couvents, et avait étonné les grands vicaires qui l'accompagnaient par la rigidité des règles qu'il avait prescrites et l'éloquente indignation avec laquelle il avait tonné contre les abus. Il s'avançait donc vers le couvent d'Avenay, précédé d'une formidable réputation de rigorisme. Aussi, ce fut en tremblant que les religieuses lui ouvrirent leurs portes et que l'abbesse vint au-devaut de lui. liais en voyant ce bel archevêque de dix-huit ans, elles furent instinctivement rassurées.

M. de Reims commença sa visile avec une sévérité qui ne démentait en rien celle qu'il avait déployée dans ses visites aux autres couvents; il s'informa de tout, des heures des offices, de leur durée, des pénitences qui étaient imposées dans les différentes infractions aux règles de l'abbaye; puis, comme il avait, disait-il, quelques questions plus graves à adresser à I abbesse, il l'invita à le conduire dans un endroit où il pût lui parler sans témoins. La pauvre abbesse, qui avait peut-être quelques petites infractions mondaines à se reprocher, le conduisit à sa chambre. Aussitôt le bel archevêque referma la porte avec soin, et s'ap-

Rrocba de la jeune épouse du seigneur. — Mon Dieul que me voulez-vous donc? demanda l'abbesse. — egardez-moi, madame, dit l'archevêque.

L'abbesse le regarda avec des yeux tout effarés. — Voilà d'admirables yeux, dit le prélat, on m'en avait bien prévenu. — Mais, monseigneur, qu'ont à faire mes yeux?... — Montrez vos mains, continua l'archevêque.

L'abbesse étendit vers lui ses mains toutes tremblantes. — Voilà d'adorables mains, s'écria-t-il, et l'on ne m'en avait pas trop dit. — Mais, monseigneur, qu'ont à faire mes mains? Le prélat saisit une de ces deux mains et la baisa. — Monseigneur, reprit l'abbesse souriante, que veut dire ceci? — Ne comprenez-vous pas, ma chère sœur, dit M. de Reims, que, sur la réputation de votre beauté, je suis devenu amoureux de vous, que j'ai quitté mon archevêché pour venir vous le dire ; qu'à l'aide d'une petite ruse je me suis ménagé cette entrevue ; que cette entrevue n'a fait qu'augmenter ma passion, et que je vous aime comme un fou?...

Et à ces mots il se jeta aux pieds de l'abbesse, qui, un instant auparavant, était prête à tomber aux siens.

Quoique la jeune abbesse, qui n'avait elle-même que dix-neuf ans, ne s'attendit pas à cette déclaration, il parait qu'elle en fut moins effrayée que de l'interrogatoire dont elle avait été menacée; aussi, séance tenante, fut-il convenu, pour ne pas exciter de soupçons, qu'on ne prolongerait pas davantage la conférence; mais que, dés le lendemain, elle sortirait du couvent par une porte dérobée et déguisée en laitière; de son côté, l'archevêque devait l'attendre avec un costume de paysan. Ainsi fut-il fait, et, durant quinze jours, tous les malins, les deux amants continuèrent de se voir de la même façon.

Pendant le séjour de M. de Reims dans les environs de l'abbaye d'Avenay, il fit la connaissance d'Anne de Gonzague de Clèves, qui venait voir madame d'Avenay, sa soeur aînée, plus âgée qu'elle de deux ans seulement. M de Guise ne leut pas plutôt vue, que, malgré ses nouvelles et romanesques amours, il entra en galanterie avec elle.

Malheureusement, vers ce temps, son père, le duc Charles de Lorraine, s'étant joint aux partisans de Marie de Mèdicis, qui venait de sortir du royaume, et ayant inutilement essayé de soulever la Provence, fut forcé de se retirer en Italie, où il appela ses trois fils : de Joinviile, de Joyeuse et notre archevêque, qui, comme son grand-père le Balafré, s'appelait Henri de Lorraine.

Ce fut pendant son séjour en Italie qu'il prit l'habitude des mœurs et de la langue italienne, habitude qui lui fut si utile parla suite, lors de sa conquête du royaume de Naples.

Mais bientôt le jeune prélal*se lassa de la vie monotone et triste de l'exil. Après deux ou trois ans de séjour en Toscane, il pnssa en Allemagne, s'engagea dans les troupes de l'empereur, et s> distingua par une bravoure si téméraire et surtout si chevaleresque, que des chevaliers de Malte, natifs de Provente, s'étant mis en téte de conquérir l'Ile de Saint-Domingue, choisirent Henri de Lorraine pour leur chef. Le dessein en était pris ; mais le jeune prince ne voulut pas suivre une pareille affaire, tout exilé qu'il était, sans Vagrement du cardinal de Richelieu, a qui il fut demandé et qui le refusa.

Cependant les deux frères aînés d'Henri de Lorraine étant morts, le jeune prince sollicita et obtint la permission de revenir à la cour. Il y reparut bien décidé, maintenant qu'il était seul héritier du nom de Cuise, a faire tant de folies que le cardinal lui enlevât son archevêché.

Ce n'était pas chose difficile à cxéouler qu'un pareil projet, et nous avoM vk qu'avant son départ il était déjà en bon train : il n'avait donc qu'à le reprendre là où d l'avait laissé. Le busard le servit à merveille, car il retrouva la princesse Anne pios belle, s'il était possible, qu'avaut son départ et tout aussi disposée à l'aimer. Sa sœur, la pauvre abbesse d'Avenay, était morte depuis deux ans.

« Alors, dit mademoiselle de Montpensicr, les deux jeunes geos tirent l'amour comme dans les romans. M. de Reims, tout archevêque qu'il était, lit accroire à la princesse Aune qu'il avait, sans doute en vertu île dispenses particulières, la faculté de se marier; la princesse le crut ou fit semblant de le croire, et un chanoine de Reims leur dit la messe matrimoniale dans la chapelle de l'hôtel de.Nevers. »

Quelque temps après, comme on contestait à la princesse Anne la validité de cette singulière union : — N'est-ce pas, monsieur, dit-elle au chanoine, que M. de Guise est mon mari? — Ma foi. madame, répondit . le bonhomme, je n'en saurais jurer ; mais ce dont je puis répondre, c est que les choses se sont passées comme s il l'était.

Vint la conspiration du comte de Soissons. Notre archevêque était trop turbulent pour ne pas saisir relie occasion de chercher de nouvelles aventures ; mais après la bataille de Marfée, où le vainqueur succomba d'une façon si mystérieuse au milieu même de sa victoire, Henri de Lorraine se relira à Sedan, et de Sedan passa en Flandre, où il prit une seconde fois <k service dans les troupes de l'empereur.

La princesse Anne se déguisa aussitôt en homme et pwlit pour rejoiudre son amant ; mais, en arrivant à la frontière, elle apprit que notre archevêque avait contracté un second mariage, et venait d'épouser Honorée de Glimes, fille de Geoffroy, comte de Crimberg, veuve d Albert-Maxinùlieu de Hennin, comte de Rossut.

La princesse Anne revint aussitôt à Paris.

Quant au nouveau marié, déclaré criminel de lèse-majesté en 16-41, il attendit tranquillement la mort du cardinal de Richelieu et celle du roi. Alors la reine ordonna la réhabilitation du duc de Guise et le fit prévenir qu'il pouvait rentrer en France. Henri de Lorraine ne se le lit pas dire deux fois ; seulement il garda pour lui celle bonne nouvelle, et. sans prévenir davantage la comtesse de Rossut qu'il n'avait prévenu la princesse Anne, il partit un beau matin de Rruxelles, ayant eu cependant l'attention de laisser une lettre par laquelle il disait à sa femme « qu'il avait voulu lui épargner des adieux pénibles, mais qu'aussitôt

3u'il aurait établi à Paris une maison digne d'elle, il lui écrirait de le venir rejoindre. » Peu après, au lieu e la lettre qu'elle attendait, madame de Rossut en reçut une par laquelle Henri de Lorraine lui disait qu'il était bien vrai qu'il avait cru lui-même l'avoir épousée, mais que, depuis son retour en France, tant •le docteurs des plus savants lui avaient assuré qu'elle n'était pas sa femme, qu'il avait bien été force de les croire.

M. de Guise arriva à Paris juste au moment où venait d'avoir lieu la querelle de madame de Montbazon avec madame de Longueville, et prit parti, comme nous l'avons vu pour madame de Montbazon, dont il fut bientôt l'amant. Le fut alors que le duc d'Engliieri permit au comte Maurice de Coligny de l'appeler en duel.

Colignv prit pour second d'Estrade, le même qui fut depuis maréchal de France, et le chargea d'aller porter la proposition au duc de Guise. — Mais, lui dit celui-ci qui êlait son parent et qui av.iit regret de le voir se battre. au moment où il relevait d'une longue maladie, le duc de Guise n est pour rien dans l'insulte qu'a faite madame de Vontbazon à madame de Longueville. et, s'il m'en fait l'observation, je regarde que vous devez vous tenir comme satisfait. — Il n'est pas question décela, répondit Coligirv, j'ai engagé ma parole à madame de Longueville ; va donc dire au duc que je veux me battre contre lui à la place Royale.

Le duc de Guise accepta, et la rencontre eut lieu quelques jours après. Madame de Longueville élail cichée chez la vieille duchesse de Rohan, dont les croisées donnaient sur cette place, et regardait derrière une fenêtre.

Les quatre adversaires se rencontrèrent sur le milieu de la place Royale, venant deux d'un côté, deux de l'autre ; Colignv assisté de d'Estrade, Rridieu servant de second au duc de Guise. — Monsieur, dil le duc de Guise à Coligny eu l'abordant, nous allons décider aujourd'hui les vieilles querelles de nos deux maisons, et montrer quelle différence il y a entre le sang des Guise et celui des Colignv.

A ces mots, ils mirent l'épée à la main. Au bout de deux ou trois passes, Coligny, blessé à l'épaule et ;i la poitrine du même coup, tomba. Le duc de Guise lui mit aussitôt l'épee à la gorge et le somma de se icndre. Coligny lendit son épie. Pendant ce temps, de son côté d'Estrade mettait Rridieu hors de combat. Au bout de quelques mois, après un mieux qui ne se soutint pas, Coligny mourut des suites de sa blessure. Il était écrit que cette maison des Guise devait être éternel lemenl fatale aux Coligny.

Par celte défaite de son champion, madame de Longueville perdit tous les avantages de la victoire qu'elle axait remportée d'abord sur madame de Montbazon, et l'on fit sur elle ce couplet qu'avant de retournera l'armée, son frère, le duc d'Enghien, put entendre chanter dans les rues de Paris ;

iOI

F s- m ci vos beaux yeux, Madame de Longucville,

E5-uyci vos beaux yeux | Coligny »e porte mieux.

S'il a demandé la vie, Ne l'en blftmex nullement ; Car c'est pour être votre Qu.l

C'était au mé me lieu et pour une cause aussi futile que, quime ans auparavant, Bouteville, des Chapelles et la Berlhe s'étaient battus contre Beuvron, Bussy d'Amboise et Cboquet ; mais, on se le rappelle, Bouteville et des Chapelles payèreot de leur téie cette infraction aux édits du cardinal.

Quant au duc de Guise, il ne fut pas même inquiété, et cette impunité devint le signal de la reprise des duels étouffes parla main de fer du ministre de Louis XIII.

Richelieu avait appuyé sa rigueur d'un calcul fait en mars 1607 par M. de Lonienie, lequel avait trouvé que, depuis ï avènement au trône d'Henri IV, en 1589. quatre mille gentilshommes avaient été tues en duel, ce qui faisait une moyenne de deux cent vingt pr.r an.

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