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CHAPITRE XIV

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nï'Yullc >lu ïwi»« — NaisNiiKe du pti>i'iiiMin\ Pivjiniuii. tvprt'-Maii.iiiuu ,]<■ Ri„i,„ji,nr. — Second niaruge .i.- lii'ton — Not e» île Marie Je Gon/u^ue. — Magnificence d«* Polonais. — Fêle* 1., , 0 m — FùIU luppoitr — Cinip.ipnr le Fkiudrc. — Le dut de Ikllegarde. ta réput.ilM». se» unoar*. — Bu.«»»nipM-nv. — Un tonte de fée. — Henri IV •i BtsMHnpi«rra. — U* demi-pi«i»k-« — K»pril <k Bus» >mpieri .\ ta*, .),.(, i .,,„ -un i — Sa m»i • "on portrait.

L'année qui venait de s' écouler, année de laquelle datait 1« nouveau règne, avait été féconde en événements : un roi mort, une grande victoire remportée par le lils du premier prince du sang, un nouveau ministre porté au pouvoir, une révolution d'intérieur soulevée et calmée presque aussitôt, un petit-fils d'Henri IV arrêté et mis en prison, toute une faction exilée et dispersée, la politique maintenue dans la ligne où, depuis vingt ans. la [toussait le cardinal de Richelieu; enfin, deiiv grands hommes élevés au maiéchalat, Turenne cl Gassiou.

Aussi, les années suivantes semblent-elles se reposer, engourdies dans leur bonheur et leur tranquillité. Les succès guerriers se balancent. : contre les Impériaux on traîne, à peu de chose près, la bataille de Fribourg, et 1 on prend Graveliues, mais, en Espagne, ou perd la bataille de Lerida et on lève le siège de Tarragone. A Rome, le pape Urbain VIII meurt, et Innuceut X le remplace: enfin la reine d'Angleterre, Henriette de Fiance, tandis que sa sœur Elisabeth meurt sur le trône d'Espagne, abandonne le sien, déjà ébranlé par la révolution puritaine, et se réfugie en France. Les trois grands événements de l'année, sont : la révolte du Toisé, la naissance du jansénisme el la peeiuière représentation de la tragédie de Iiodoyunc.

Un mol sur chacun de ces trois grands événements.

H avait plu au peuple de Paris, dit madame de Mottcville, de s'émouvoir au sujet de certains impôts qu'on avait voulu mettre sur les maisons. Or, voici ce qui avi'H amené celle émotion.

Les anciennes ordonnances défendaient de bùlir dans les faubourgs de l'a ri s ; mais on sait en général comment, nous autres Français, nous respectons les ordonnâm es anciennes et modernes. Un grand nombre de bâtiments s'étaient donc élevé* sur les terrains prohibés, et Mazarin avait laisse faire tout en regardant les travailleurs avec son sourire narquois; car. en pressant un peu celle contravention, il voyait un moyen d'en faire, sous le titre d'amende, sorlir quelques lingots. En conséquence de ce calcul, un arrêt fut rendu par le conseil, et les officiers du Chàtelet furent charges de mesurer, dans chaque faubourg, remplacement des constructions nouvellement établies; celte mesure amena une petite sédition populaire, qui lut appelée la sédition du 7'oi.« : , el qui n'eut d'autre résultat que de faire revenir la reine de Rueil, oîi-elle s amusait fort, et de donner au parlement de nouveaux griefs contre la cour.

Ouant au jansénisme, celte secte qui a fait tant de bruit en France et qui a si fort tourmente Louis XIV el madame de Mainlcnon, il est nécessaire de reprendre la chose d'un peu plus haut pour donner de la question une idée bien exacte a i os lecteurs.

Il y avait en France un homme connu à la l'ois par l'austérité de ses mœurs et par la \iv.:iite de son espiif, c'était l'abbe de Saint -Cyran. Itichelieu. qui savait le parti qu'on pouvait tirer d'un pareil caractère, si une fois il se donnait a un homme ou à une idée, lui offrit un eveche, (pie l'abbé refusa. Ce fut pour le cardinal un motif d'clonnement auquel vint bientôt se joindre un motif de plainte.

Gaston, frère de Louis XIII, veuf de mademoiselle de Guise, qui était morte en donnant le jour à la grande Mademoiselle que nous allons bientôt voir, toute jeune qu elle est, jouer dans la Fronde un rôle plus important que celui de son père. Gaston, disons-nous, avait, en secondes noces, épousé une prin-

uigitizGQ uy

cesse de Lorrain**. Richelieu, contre la volonté duquel ce mariage s'était accompli, voulut le faire casser. Tout le cierge de France, subissant le despotisme de sa volonté, déclara le mariage nul. L'abbé de Saint- Cyran seul soutint qu'il était bon et valable. Cette fois c'en était trop. Richelieu lit enlever l'abbé qui ne voulait ni accepter ses bienfaits ni subir ses volontés, et le fit conduire à Vincennes. Cette arrestation eut lieu le H mai 1038.

Huit jours auparavant était mort un grand ami de l'abbé de Saint-Cyran, qui était evéque d'Ypres, en Belgique, et que l'on nommait Corneille Jansenius. Ce prélat laissait un livre, œuvre de toute sa vie, ayant pour titre VAugitxlinus.

A cette époque, les subtiles questions de la théologie n'avaieut point encore cède la place aux discu^ sions plus matérielles de la politique. Le nouveau livre traitait de la grâce, matière qu'un décret pontifical du pape Urbain VIII défendait de toucher. Le livre fut donc prohibe d'abord; mais, comme à cause de cette interdiction il s'était immédiatement fort répandu, il fut attaqué en France, et Saint-Cyran délégua sa défense à Antoine Arnaud, le plus jeune des vingt enfants de l'avocat Arnaud.

De là. h naissance du jansénisme, si ardemment poursuivi par les jésuites, non point parce.que le livre attaquait leur ordre, comme on pourrait le croire, mais parce qu'il eut en France pour patron l'abbé de Saint-Cyran. qui avait combattu le père Garasse, et pour défenseur le lils de l'avocat Arnaud, leur ancien adversaire.

Mais la question ne devait pas rester théologique. Un ordre de la reine fut signifié un matin à Antoine Arnaud, lequel lui enjoignait de partir pour Rome afin d'aller rendre compte de sa conduite au Saint-Père Cet ordre produisit une émotion d'autant plus grande, qu'il étaii plus inattendu. Arnaud, pour ne point obéir, se cacha, tandis que l'Université, dont il était membre, la Sorbonne, à laquelle il venait d'être associé, envoyaient des deputations à la reine pour la supplier de rétracter l'ordre qu elle avait donné.

Fn même temps, le parlement, qui mûrissait chaque jour davantage pour la révolte, allait plus loin encore, car il déclarait au chancelier que les libertés de l'Eglise gallicane ne permettaient pas de faire juger, pour matières ecclésiastiques, un Français ailleurs qu'en France, et qu eu conséquence il tenait Antoine Arnaud pour dispensé d obéir à la reine.

Cette fois la question était grave, car de théologique elle devenait politique. Anne d'Autriche fut forcée de céder. Les gens du roi déclarèrent que la reine ne rétractait pas publiquement son ordre, parce qu'une pareille rétractation était contre la dignité du souverain, mais qu'elle acceptait l'intercession du parlement, non-seulement pour l'affaire particulière et la personne du sieur Arnaud, mais encore pour la conséquence et l'avenir.

Dès lors tous ceux qui avaient pris parti pour VAugumintu, son patron et son défenseur, furent appelés jansénistes. Nous verrons plus tard le* principes du jansénisme se développer parmi les solitaires de l'on- Uoval.

hodogvne, l'un des chefs-d'œuvre de Corneille, termina l'année. C'était, s'il faut en croire le discours qui précède cette pièce, un des ouvrages de prédilection du poêle. Ce discours est curieux à cause de la naïve admiration que l'auteur y témoigne pour sa tragédie.

« Elle a tout ensemble, dit-il, la beauté du sujet, la nouveauté des fictions, la force des vers, la facilité de l'expression, la solidité du raisonnement, la chaleur des passions, la tendresse de l'amour, et cet heureux assemblage est ménage de telle sorte qu'elle s'élève d acte en acte : le second passe le premier, le troisième esl au-dessus du second, et Te dernier l'emporte sur tous les autres. L'action y est une, grande, complète; sa durée ne va point ou fort peu au delà de la représentation ; le sujet esl des plus illustres qu'on puisse imaginer, et l'unité de lieu se rencontre de la manière que je l'indique dans le troisième de mes discours et avec I iudulgence que j'ai demandée pour le theaire. •>

Comme les Fréron et les Geoffroi n'avaient point encore été inventes à cette époque, le public fut de l'avis de Corneille.

L'année 1015 s'ouvrit par l'arrestation du président Barillon et par la bataille de Nordlingen, que gagnèrent en communauté le duc d'Enghien et le maréchal de Turenne. Puis vinrent les noces de la princesse Marie de Gonzague avec le roi de Pologne, lesquelles noces lurent un grand plaisir pour la capitale a cause du spectacle nouveau qu'elles offrirent. Enfin Feutrée solennelle des envoyés extraordinaires eut lieu à Paris le 2'J octobre.

Le palatin de Posnanie et l'évéque de Varmie avaient été choisis par le roi Uladislas VU pour épouser en son nom la princesse Marie.

Le duc d'Elbœuf fui envoyé par la reine, avec une douzaiue de personnes de condition, les carrosses «lu roi, ceux du duc d'Orléans et ceux du cardinal, pour les recevoir à la porte Saint-Antoine.

Le cortège des ambassadeurs se composait d'abord d'une compagnie de gardes à pied habillés de rouge et de jaune avec de grandes boutonnières d'orfèvrerie sur leurs habits : ils étaient commandés par deux ou trois officiers richement vêtus et moulés sur de magnifiques chevaux. Leurs habits étaient composés d'une veste turque forl belle, sur laquelle ils portaient un grand manteau à manches longues, qu'ils laissaient pendre d'un côte du cheval. Ces vestes et ces manteaux étaient enrichis de boulons de rubis, d'agrafes de diamant et de broderies de perles.

Après cette première compagnie s'avançaient deux autres troupes à cheval, portant les mêmes livrées que celles qui étaient à pied, avec celte seule différence que, quoique les couleurs fussent les mêmes, let étoffes étaient plus riches el les harnais des chevanx couverts de pierreries. A la suite de ces deux compagnies, venaient nos acadèmistes (I ) qui, dit madame de Mottcville, pour faire honneur aux étrangers cl déshonneur à la France, étaient allés au-devant d'eux. En effet, leurs chevaux couverts de rubans et de plumes

(1) On M confondra pa* le» acadcmi i. n< avec le* académiate* : cet «limier» étaient ce qu. ui .le noa jours let dueelcuri de m4Dcg<\

Sarurent mesquins et pauvres auprès des chevaux polonais couverts de caparaçons de brocart et chargés e pierreries.

Les voitures du roi ne faisaient pas du reste meilleur effet auprès des carrosses des ambassadeurs, lesquels étaient couverts d'argent massif partout où les nôtres avaient du fer.

A la suite de ces trois compagnies marchaient les seigneurs polonais vêtus de brocart d'or et d'argent, chacun avec son train et sa livrée ; les étoffes en étaient si riches et si belles, les couleurs si vives et si resplendissantes, une telle pluie de diamants semblait ruisseler sur tous ces habits, que les dames de la cour avouèrent qu'elles n'avaient jamais rien vu de plus agréable et de plus riche. Quelques-unes opposèrent, il est vrai, à celle entrée, la réception du duc de Buckingham ; mais vingt ans s'étaient passés depuis cette réception, et les nouveaux élégants n'y avaient pas assisté, ou ne s'en souvenaient plus.

Chacun de ces seigneurs polonais avait prés de lui un seigneur français qui l'accompagnait pour lui faire honneur. Mais ce fut un bien autre objet d'admiration, quand parurent enfin les envoyés extraordinaires eux-mêmes, ayant devant eux le sieur de Berlize, introducteur des ambassadeurs; l'évéque de Varmie, vêtu de tabis violet avec un chapeau, d'où pendait un cordon d'or enrichi de diamants, était à sa droite, et ù à sa gauche le palatin de Posnanie, vèlu de brocart d'or, chargé de pierreries, ayant son cimeterre, son poignard et ses étriers tout couverts de turquoises, de rubis et de diamants, et son cheval sellé et houssé de toile d'or «t ferré de quatre fers d'or, assez faiblement attachés pour qu'il s'en déferrât pendant le trajet.

Ils traversèrent ainsi toute la ville, le peuple étant dans les rues et les personnes de qualité aux fenêtres; la reine et le roi se tenaient sur le balcon du Palais-Cardinal pour les voir passer. Malheureusement ils ne purent avoir ce plaisir, la nuit étant venue et les rues n'étant à cette époque aucunement éclairées; le désappointement, au reste, fut aussi grand pour les uns que pour les autres, car si le roi et la reine étaient contrariés de ne pas voir les ambassadeurs et leur suite, ceux-ci ne l'étaient guère moins de n'être

(>as vus; aussi se plaignirent-ils beaucoup qu'on ne leur eût donné ni torches ni flambeaux pour éclairer eur marche, et, lorsque M. de Liancourt, premier gentilhomme, vint les complimenter, ils firent demander à la reine d'aller à la première audience dans le même ordre qu'ils avaient tenu à leur entrée; et cette faveur, on le pense bien, leur fut à l'instant même accordée. Tout le temps qu'ils restèrent à Paris, ils logèrent a l'hôtel de Vendôme, qui était vide par l'exil de ses maîtres.

Le 6 novembre 16*5, le mariage eut lieu; l'évéque de Varmie célébra la messe, et le comte palatin Opalinski épousa la princesse au nom de son souverain.

Le 7 et le 8 novembre furent consacrés au spectacle et à la danse ; le premier jour le roi donna la comédie française et italienne au Palais-Royal, dans cette même salle que le cardinal avait fait bâtir pour insulter Anne d'Autriche avec sa tragédie de Mirante

Le soir du lendemain il y eut bal. « Le roi, dit une relation du temps, avec la grâce qui reluit dans toutes ses actions, prit par la main la reine de Pologne et la conduisit, à l'aide d'un pont, sur le théâtre où Sa Majesté commença le bransle, qui fut rempli de la plupart des princes, princesses, seigneurs et dames de la cour. Le bransle fini, le roi, avec la même grâce et son port majestueux, conduisit celte reine en son siège, et, étant retournée sur le théâtre, Sa Majesté s'assit avec M. le duc d'Anjou pour voir danser les courantes, qui furent commencées par le duc d Enghien, aussi doux â la danse que rude dans les combats, et continuées par les autres seigneurs et dames. Le roi y dansa pour la seconde fois, et prit M. le duc d'Anjou avec une telle adresse, que chacun fut ravi de voir tant de gentillesses dans ces deux jeunes princes, t

La reine, au reste, fut parfaite pour la princesse Marie; elle la traita comme sa fille, lui constitua une dot de 700,000 écus, et pendant toute la soirée de son mariage lui céda le pas sur elle.

Cette générosité de la reine était d'autant plus remarquable, qu'elle faisait pour ainsi dire la critique du cardinal Mazarin, dont la parcimonie fut cause, comme nous l'avons dit, qu'au repas donné à Fontainebleau aux envoyés polonais, le premier service manqua, et qu'ils se virent obligés de se retirer après le dîner par une galerie non éclairée.

La princesse Marie fut conduite à son royal époux par la maréchale de Guébrianl. à qui l'on fit cet honneur en récompense de la mort de son mari qui avait été tué deux ans auparavant à Rottveil.

L'année se termina par l'introduction en France d'un spectacle nouveau. Le cardinal Mazarin invita toulelacourà se trouver, peudant la soirée du 14 décembre 1645. dans la salle du petit Bourbon. Là, des comédiens venus d'Italie représentèrent devant le roi et la reine un drame chanté, ayant pour titre : La Folle supposée, avec décorations, machines et changements de scènes, ballets, fort industrieux et récréatifs, jusqu'alors inconnus en France. Les paroles étaient de Giulio Strozzi, les décorations, machines et changements de scènes de Giacomo Torelli, enfin les ballets de Giovanni-Battisla Balbi.

Ce fut le premier opéra joué en France. Le cardinal de Richelieu nous avait donné la tragédie et la comédie ; Mazarin nous donnait l'opéra : chacun restait dans son caractère.

Les commencements de l'année 1616 furent marqués par ce qu'on appela la première campagne du roi. 11 s'agissait de venger en Flandre quelques revers éprouvés en Italie ; un conseil fut tenu à Liancourt, où le duc d'Orléans, le cardinal Mazarin et le maréchal de Gassion arrêtèrent le plaide la campagne; puis on annonça que toute la cour allait se porter vers la frontière de Picardie : c'était un moyen de changer les courtisans en soldats.

Louis XIV n'avait pas huit ans encore; aussi la reine ne voulut point le perdre de vue, et ses quartiers de guerre ne furent pas poussés plus loin qu'Amiens. Au moment où l'armée quitta celte ville pour aller assiéger Courlray, ta première campagne du jeune guerrier fut finie, et il revint à Paris pour apprendre la nouvelle de la prise de cette ville, et assister au 7V Dcum qui fut chanté à Notre Dame à cette occasion.

Cependant, trois hommes restaient encore qui représentaient, dans celle nouvelle, cour et dans ce nouveau siècle, le siècle écoulé et la cour disparue. C'était le duc de Bellegarde. le maréchal de Bassompierre et le duc d'Angoulêmc. I es deux premiers moururent celte année. Racan disait qu'on avait cru trois chose*

'le M dp Bellegarde. lesquelles n'étaient pas vraies. La première, c'est qu'il était poltron ; la seconde, qu'il était galant; la troisième, qu'il était libéral.

Quant à la première accusation, le duc d'Angoulême, bâtard de Charles IX, s'était chargé d'y répondre dans ses Mémoires; car, à propos du combat d'Arqués, il dit :

c Parmi ceux qui donnèrent le plus de marques de leur valeur, il faut nommer H. de Bellegarde, grand écuyer, duquel le courage était accompagné d'une telle modestie, et l'humeur d'une si affable conversation, qu'il n'y en avait point qui, dans les combats, fit paraître plus d assurance, ni dans la cour plus de gentillesse.

« Il vit un cavalier tout plein de plumes, qui demanda à faire le coup de pistolet pour l'amour des dames, et comme il en était le plus chéri, il crut que c'était à lui que s'adressait le cartel, de sorte que, sans attendre, il part de la main sur un genêt nommé Frégouze, et attaque, avec autant d'adresse que de hardiesse, le cavalier, lequel, tirant M. de Bellegarde d'un peu loin, le manque; mais lui, le serrant de près,

lui rompit le bras gauche, si bien que, tournant le dos, le cavalier chercha son salut en faisant retraite dans le premier escadron qu'il trouva des siens. »

Ce qui avait pu faire croire qu'il était peu galant auprès des femmes, ce fut le chemin rapide que sa beauté lui procura à la cour d'Henri III. On sait ce que répondait un courtisan de ce temps-la. à qui l'on reprochait de ne pas faire son chemin aussi vite que Bellegarde : — Pardieu, dit-il, le beau mérite à lui de ne pas rester en route ; on le pousse, Dieu merci, assez pour qu'il avance.

Mais si, sous Henri III, il eut la réputation de n'être point assez galant, sous Henri IV il se fit celle de l'être trop; car il fut si publiquement le rival du Béarnais près de Gabrielle d'Estrées, qu'Henri IV n'usa donnera M de Vendôme, tils de cette maîtresse, le nom d'Alexandre, de peur qu on ne l'appelât Alexandre le Grand ; car, à cause de sa charge de grand ecuyer, on appelait M. de Bellegarde M le Grand.

On sait qu'au moment où Gabrielle d'Estrées, duchesse de Beaufort, fut empoisonnée, Henri IV allait peut-être faire la folie de l'épouser , ce qui était un grand sujet d'inquiétude pour ses amis. Aussi, un jour, M. de Praslin, qui se montrait un des plus opposés à ce mariage, offrit au roi de lui faire surprendre Bellegarde couché avec madame de Beaufort. En effet, une nuit que la cour était à Fontainebleau, il fil lever le roi, lui disant que le moment était venu de s'assurer de la vérité de l'accusation. Henri IV le suivit sans mot dire, traversa derrière lui un grand corridor; mais, arrivé à la porte : — Oh ! non, dit-il; celle pauvre duchesse, cela lui ferait trop de peine. Et il s'en retourna se coucner.

Tout vieux qu'il était, le duc de Bellegarde était fort occupé d'Anne d'Autriche, lorsque le duc de Buckingham arriva en France et attira si bien les yeux de la reine de son coté, qu'elle ne vil plus personne. A celte occasion, Voiture fit sur le pauvre duc le couplet suivaut :

L'astre de Roger Ne luit plu» au Louvre .

Chacun le découvre.

Et dit qu'uu berger.

Arrivé de Douvre.

L'a tait délogrr

Le cardinal de Richelieu avait fait exiler M. de Bellegarde â Saint-r'argeau, où il demeura huit ou neuf ans. A la mon du cardinal, il revint â Paris, et y mourut le 15 juillet 1646, â l'âge de quatre-vingt-trois ans.

Quant au maréchal de Bassompierre, plus jeune de treize ou quatorze ans que le duc de Bellegarde, c'était le type parfait du geulilhomme au seizième siècle. Aussi fut-il au roi Henri IV ce que de Luynes fut an roi Louis Mil.

, François de Bassompierre était né en Lorraine, le 12 avril 1579. Une histoire assez singulière, et qui sentait son origine allemande d une lieue, courait sur sa famille. La voici telle que le maréchal la raconte lui-même dans ses Mémoires.

Il v avait un comte d'Orgevilliers qui. en venant un jour de la chasse, eut la fantaisie d'entrer dans une chambre située au-dessus de la grande porte du château, laquelle était fermée depuis longtemps. Il y trouva une femme, couchée sur un lit admirablement travaillé et dont les draps étaient d'une finesse merveilleuse. Cette femme était d'une beauté remarquable, et comme elle dormait, ou faisait semblant de dormir, il se coucha près d'elle.

Sans doute, la belle inconnue s'attendait au genre de réveil que lui ménageait le comte; car, au lieu de se fâcher, comme c'était un lundi que cette aventure arrivait, elle lui promit de revenir le même jour de chaque semaine, lui recommandant le secret, et le prévenant que si quelqu'un devenait confident de leurs amours, elle serait à tout jamais perdue pour lui..

Ce commerce dura quinze ans, sans que la dame, toujours jeune et belle, parût vieillir d'un seul jour; mais il n'y a pas de bonheur durable dans ce monde, et celui-ci prit (in, comme toutes les choses d ici-bas.

Le comte avait scrupuleusement garde le secret de sa bonne fortune; mais la comtesse qui, depuis quinze ans, s'était aperçue que tous les lundis son mari découchait, voulut enfin savoir ce qu'il faisait pendant cette sortie hebdomadaire, elle l'épia, le vit entrer dans la chambre, lit faire une fausse clef de la porte, et, ayant attendu le prochain lundi, elle entra dans la chambre, à son tour, et trouva le comte endormi dans les bras de sa rivale. Alors la comtesse, qui savait le respect que la femme doit à son époux, ne voulut pas même réveiller le comte, mais, détachant son eouvre-cbef, elle t'étendit sur le pied du lit et se relira sans faire aucun bruit.

Or, à son réveil, la fée, car cette belle inconnue était nue l'i-e. ayant vu le couvre-chef, poussa un grand cri ; car, comme le sien se trouvait sur une chaise à cdlé de «on chevet, il demeurait évident pour elle qu'il était entré quelqu'un pendant son sommeil, et que, par cons» quent. son secret était découvert. A ce cri, le comte se réveilla à son tour, et reconnut le couvre-chef de sa femme.

Alors, la pauvre fée, fondant en larmes, lui annonça que tout était (ini et qu'ils ne devaient plus se voir ni là ni ailleurs, un arrêt du destin lui ordonnant de rester désormais éloignée du comte de plus de cent lieues. Mais comme le comte avait trois filles, elle lui donna trois talismans qui devaient être plus précieux que la dot la plus somptueuse, puisque cliarun de ces talismans promettait le bonheur à la lamille qui le posséderait; et, au contraire, si quelqu'un dérobait un de ces gages, toutes les calamités de la terre devaient arriver au voleur.

Alors la fée embrassa une dernière fois le comte et disparut.

Les trois gages que la fee avait laissés au comte étaient un gobelet, une bague et une cuiller.

Le comte maria ses trois filles et leur donna a chacune un talisman et une terre. L'ainéc épousa un seigneur de la maison de Croy. et eut le gobelet et la terre de Fenestrarige: la seconde épousa un seigneur de la maison de Salm, et cul la bague et la terre de l'Iiislingue ; la troisième épousa un seigneur de Bassompicrre, et eut la cuiller et la terre d'Orgevilliers. Trois abbayes et dent dépositaires de ces trois talismans, tant que les entants étaient mineurs, Nivelle pour Croy. Bemirecourl pour Salm, et Epinal pour Bassompierre.

Un jour, M. de Pange, qui connaissait cette histoire et qui savait quelle vertu était attachée à la bague de Salin, la lui enleva pendant une orgie et la mita son doigt. Mais alors la prédiction de la fée s'accomplit. M. de l'ange, qui avait une jolie femme et trois filles charmantes mariées à trois hommes qu'elles i.imaicut. et quarante mille livres de rente de fortune, trouva, à son retour d'Espagne, où il était allé demander pour son maître la fille du roi Philippe II, sa fortune dissipée, ses trois filles abandonnées par leurs maris et sa femme enceinte d'un jésuite. De Pange mourut .de chagrin, mais, avant de mourir, il avoua son vol, et renvoya la bague à son propriétaire.

La marquise d'Harvé.'de la maison de Croy. en montrant un jour le gobelet, le laissa tomber, et le gobelet se brisa en mille pièces. Elle le ramassa et 'le mit dans l'étui en disant : n Si je ne puis l avoir entier, j'en garderai du moins les morceaux »

Le lendemain, en rouvrant l'étui, elle retroma le gobelet aussi intact qu'auparavant.

Bassompierre, comme nous l'avons dit. possédait la ^cuiller, et, à cette époque, où l'on croyait fort a toutes ces choses, on attribuait hautement à ce talisman le bonheur qui l'accompagnait sans cesse dans ses guerres comme dans ses amours. Le fait est que le comte de Bassompierre était un des seigneurs les plus spirituels, les plus galants et les plus généreux de l'époque.

Un jour qu'il jouait avec le roi Henri IV, on s'aperçut qu'une certaine quantité de demi-pistoles avaient été mises sur la table pour des pistoles. — Sire, dit Bassompierre qui connaissait parfaitement les dispositions que le roi avait et qu'il a>ouail lui-même pour le vol. Sire, c'est Votre Majesté qui a mis ces demipistoles? — Ventre saint gris! s'écria le roi. c'est vous, j'en jure, et non pas moi

Bassompierre ne dit rien, prend les demi-pistoles, va les jeter par la fenêtre aux laquais qui étaient d ins a cour, revient, met des pistoles sur la table et s'assied.

— Par ma foi ! dit la reine Marie de Médieis, Bassompierre fait le roi, et le roi lait Bassompierre. — Oui la. ma mie, répondit alors le roi en se penchant à son oreille ; vous voudriez bien qu'il le fut, u'esl-ce pas? Vous auriez un mari plus jeune.

Ou sair qu'Henri IV tri' ii:iit au jeu et ne pouvait s'empêcher de voler tout ce qu'il trouvait à sa conve

nance. — Ventre saint gris! disail-il souvent, <p.iand, dans ses jours de bonne humeur, il avouait ces deux défauts, il est bien heureux que je sois roi, sans cela, je serais déjà pendu.

Non-seul» ment Bassompierre était beau joueur, mai* encore joueur heureux, et, comme il jouait trè.s- ^ros jeu. tous les ans il gagnait cinquante mille écus au duc de Guise. I n jour la duchesse lui offrit une (tension viagère de dix mille écus, s il voulait ne plus jouer contre son mari! — l'esté ! madame, dit-il, j'y perdrais trop.

Henri IV, qui, malgré certaines jalousies conjugales amassées contre Bassompierre, l'estimait fort, l'avait, peut-être même à cause de ces jalousies, envoyé en ambassade à Madrid. A son retour, l'ambassadeur raconta qu'il avait fait son entrée solennelle sur un mulet que le roi d 'Espagne lui avait envoyé. — Oh! la belle chose que re devait être, dit le Béarnais, que de voir un âne sur un mulet ? — Tout beau, Sire, dit Bassompierre, vous oubliez que c'était vous que je représentais.

La sensibililé n'était pas le coté brillant du comte. Au moment où il s'habillait pour aller au ballet cher, le roi, on vint lui annoncer que sa mère était morte. — Vous vous trompez, répondit-il froidement, elle ne sera morte que lorsque le ballet sera dansé.

Ce stoïcisme était d'autant plus méritoire, que la danse était le seul exercise du corps que Bassompierre n'exécutât point avec une entière perfection. Aussi, un jour, le duc Henri II de Montmorency, le même qui fut décapite à Toulouse, se nioqua-t-il de lui à un bal. — Il est vrai, dit Bassompierre, que vous avez

Elus d'esprit que moi aux pieds, mais, en revanche, ailleurs j'en ai plus que vous. — Si je n'ai pas si bon ec, j'ai aussi bonne épee, dit le duc. — Oui, je le sais, répondit Bassompierre, vous avez celle du grand Anne ide Montmorency).

On les arrêta comme ils sortaient pour aller se battre.

Au moment oii M. de Cuise pensa prendre parti contre la cour, M. de Vendôme disait à Bassompierre : — Vous serez sans doute du parti de M. de Cuise, vous qui êtes lamai.t de sa sœur de Conti. — On! cela n'y fait rien, répondit Bassompierre. j'ai été l'amant de toutes vos tantes, et je ne vous eu aime pas plus pour cela.

Bassompierre avait, assure-t-on, été aussi heureux pi ès de Ja femme d'Henri IV que près de ses maîtresses. Un jour qu'Henri IV lui demandait quelle « barge il ambitionnerait à la cour. — Celle de grand pannelier, Sire, répondit-il. — El pourquoi cela? demanda Henri IV — Parce qu on couvre pour le roi.

Quand il acheta f.liaillot pour y traiter la cour, la reine-mère l'y vint voir avec toutes ses dames d'houncur et visita l'acquisition du comte dans tous ses détails. — Comte, lui dit-elle ensuite, pourquoi avezvous acheté cette maison? c'est une maison de bouteille. — Madame, répondit Bassompierre, je suis Allemand. — Ce n'est pas être à la campagne, mais dans un faubourg de Paris. — J'aime tant Pans que je ne voudrais jamais le quitter. — Mais cela n'est bon qu'à mener des filles. — Madame, j'y en mènerai, mais je gage une chose, c'est que si vous me faites l'honneur de m'y venir voir, vous en mènerez encore plu* que moi. — A vous entendre, Bassompierre, reprit la reine en riant, toutes les femmes seraient donc des coquines? — Madame, il y en a beaucoup. — Mais, moi, Bassompierre? — Ah ! >«hjs, dit le comte eu s'inciiuant, c'est autre chose : vous êtes la reine.

La reine-mère avait tort de quereller Bassompierre sur sa prédilection pour la capitale, car elle-même disait un jour devant le comte, en parlant de Paris et de Saint-Germain : — J'aime tant ces deux villes, que je voudrais avoir un pied à Saint-Germain et l'autre a Paris! — Et moi, dit Bassompierre, je voudrais alors demeurer à Nanterre.

On sait que Nanterre est a moitié chemin de ces deux villes.

Le comte avait toujours été fort civil et fort galant. Un de ses laquais, ayant vu une dame traverser un jour la cour du Louvre saus que personne lui portât la queue de sa robe, alla la prendre en disant : — I! ne sera pas dit qu'un laquais de M. de Bassompierrc aura vu une dame embarrassée et n'aura pas été à son aide

Et il porta la queue de cette dame jusqu'au haut du grand escalier. C'était madame de la Suze ; elle raconta l'anecdote au maréchal, qui sur l'heure fit le laquais valet de chambre.

On croit qu'il était marié avec la princesse de Conti. En tout cas il en avait eu un fils ; ce lils, qu'on appelait Latour Bassompierrc, logeait chez lui, et était bien de race. Dans un combat ou il servait de second, voyant qu'il avait affaire à un homme qui, estropié depuis quelques années du bras droit , employait le bras gauche, il voulut qu'on lui liât à son tour le bras droit quoiqu on lui fit observer que son adversaire avait eu le loisir de s'habituer à son infirmité. Tous deux se battirent donc du bras gauche et Latour Bassompierre blessa son adversaire.

Quelque temps avant d'entrer à la Bastille, Bassompierre rencontra M. delà Rochefoucauld qui se teignait la barbe et les cheveux. — Diable! Bassompierre, dit le comte, qui ne l'avait pas vu depuis longtemps, vous voilà gros, gras, gris. — Et vous, répond Bassompierre, vous voilà teint, peint, feint.

En entrant à la Bastille, il avait fait vœu de ne plus se raser qu'il ne fût dehors. Mais, en prison, ayant rencontré madame de Gravelle. il manqua à son vœu après l'avoir tenu un an

Ce fut à la Bastille qu'il fit la connaissance de l'académicien Esprit. — Voilà, dit-il en le quittant, un homme qui est bien véritablement seigneur de ta terre dont il porte le nom.

Tout autour de lui les prisonniers faisaient leurs calculs d'espérance. L'un disait : je sortirai à telle époque, et l'autre, en tel temps. Bassompierre disait : — Moi, je sortirai quand M. du Tremblay sortira.

M. du Tremblay était te gouverneur. Il tenait sa place du cardinal, et par conséquent devait, selon toute probabilité, la perdre quand Bichelieu mourrait ou tomberait. Aussi, lorsque le cardinal fut bien malade, M. du Tremblay vint trouver Bassompierre — Monsieur le comte, dit-il, voici M. le cardinal qui se meurt ; je ne crois pas que vous restiez longtemps ici. — Ni vous non ptes, monsieur du Tremblay, répondit Bassompierre, toujours fidèle à son idée.

Cependant, le cardinal mort, M. du Tremblay fut conservé et Bassompierre élargi. Mais alors ce fut lui qui ne voulait plus sortir de prison. — Je suis officier de la couronne, disait-il, bon serviteur du roi. et l'on m'a traité indignement. Je ne sortirai pas de la Bastille que le roi ne m'en fasse prier lui-même. D'ailleurs, je n'ai plus de quoi vivre. — Bah! lui dit le marquis de Saint-Luc, sortez toujours d'ici, croyezmoi, et après vous y reviendrez si vous avez bonne envie.

Rendu à la liberté, il ne tarda pas à rentrer dans sa charge de colonel des Suisses Alors il remit sur pied sa table, qui se retrouva bientôt la meilleure de la cour.

Il était encore agréable et de bonne mine quoiqu'il eût soixante-quatre ans, et, comme aux jours de sa jeunesse, les bons mots ne lui manquaient pas. Vers cette époque, M. de Marescot. oui avait été envoyé a Rome afin de solliciter le chapeau de cardinal pour M. de Beauvais, aumônier de la reine, api es avoir échoué dans son ambassade, reparut à la cour fort enrhumé. - Cela n'est pas étonnant, dit Bassompierre, il est revenu de Borne sans chapeau.

Comme il avait une excellente santé, et qu'il disait ne pas savoir encore où était son estomac, il arriva qu'après un merveilleux dîner chez M. d'Kmeiv il tomba malade; cependant, lorsqu'il eut gardé le lit dix jours, il alla mieux et se leva ; mais alors Vvelin, médecin de la reine, qui était venu le soigner, ayant affaire à Taris, le pressa d'y revenir. Arrivé à Provins, il s'arrêta dans la meilleure hôtellerie, et mourut la nuit en dormant, et sa/is aucune souffrance. Son corps fui transporté dans sa maison de Chaillol. où on l'enterra.

Cependant, s'il faut en croire madame de Molteville, la mort de cet homme, qui av:il tenu une si grande place dans le commencement de ce siècle, ne fil pas grand effet à la cour: son esprit et ses manières avaient vieilli, c'est-à-dire que, comme les grands seigneurs s'en allaient, ce grand seigueur encore debout gênait les jeunes gentilshommes (huit M. le duc d'Knghien était alors le modèle, et qu'on appelait les petitsmaîtres. Voici, au reste, ce que madame de Molteville dit de Bassompierre.

« Ce seigneur, qui avait été chéri du roi Henri IV, si favorisé de la reine Marie de Mcdicis, si admiré et si loué dans tout le temps de sa jeunesse, ne l'ut point regretté d;':is le nôtre. Il conservait encore quelques restes de sa beauté passée : il était civil, obligeant et libéral; mais les jeunes ^ens ne le pouvaient plus souffrir. Ils disaient de lui qu'il n'était plus à la mode, qn ii faisait trop souvent de petits contes, qu'il parlait toujours de lui et de son temps; et j'en oi vu d'assez injustes pour le traduire en ridicule sur ce qu'il aimait à leur faire faire bonne chère, quand même ii n'avait pas de quoi dîner pour lui. Outre les défauts qu'ils lui trouvaient, dont je demeure d'accord de quelques-uns, ils I accusaient, comme d'un grand crime, de ce qu'il aimait à plaire, de ce qu'il était magnifique, et de ce qu êtant d'une cour où la civilité et le respect étaient en règne pour les dames, il continuait à vivre dans les mêmes maximes. iL-rs tire où tout au contraire les hommes tenaient quasi pour honte de leur rendre quelque civilité, et où l'ambition déréglée et l'avarice sont les plus belles vertus des plus grands seigneurs et des plus honnêtes gens du siècle. »

Et cependant, ajoute madame de Molteville, les reaies du maréchal de Bassompierre valaient mieux que la jeunesse des plus polis de notre temps.

Vers la même époque, mourut M. le Prince, mais il n'y a rien autre chose à dire de lui. sinon qu i! fut le père de M. le duc d'Enghien, qu i partir de ce moment on appela à son tour M. Ir piiuee de Coude, u simplement M. le Prince.

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