CHAPITRE XV
Eut des opération* militaires. — Masaniello 4 tapies. — Prétention» du due de Carte — Se» folies pour mademoiselle de Pons. — ta bit de soie. — La médecine. — Le perroquet blanc. — Les chiens savants. — Son succès i Naples. — Sa chute. — Calme à l'intérieur. — Famille de Maxarin. — Se* uiëccs et ses neveu*. — Leurs alliance*. — Paul de Gondy. — Ses commencements. — Ses duels. — La nièce de I épinglière. — Sentiments de Ilichelieu i l'égard de Gondy. — Ses voyape* en Italie. — ta partie de ballon. — Il est présenté à Louis XIII. — Il devient •oadjuteur. — Se» libéralité*. — Kmcutes i cause de* impôts. — Nouveau» édil». — La résistance s organise.
ependant le temps marchait, la guerre continuait à l'étranger, et la haine entre la régente et le parlement s'aigrissait «le plus eu plus. Les Provinces-Unies s'étaient séparées de la France, à l'instigation de l'Espagne, qui avait profité de la folie du prince d'Orange pour arriver à ce résultat. Le prince de Gondé avait remplacé le comte d'Harcourt en Espagne, mais, malgré les vingt-qualre violons avec lesquels il était monté à l'assaut, il avait été repoussé de devant Lérida ; le maréchal de Cassion avait été blessé devant I.ens et était mort de ses blessures ; enfin Naples s'était révoltée à la voix de Mazaniello, ce pécheur d'Amalfi qui, après avoir été lazarone vingt-cinq ans, fut roi trois jours, fou pendant vingt-quatre heures et assassiné par ceux oui avaient été ses compagnons de pèche, de royauté et de folie. Aussitôt, tous les petits princes de l 'Italie convoitèrent cette couronne de Naples, qui venait de glisser de la téle du lazarone et que devait essayer H. de Guise, notre ancienne connaissance, que nous avons un instant perdu de vue, mais auquel nous demandons à nos lecteurs la permission de revenir, pour lui voir accomplir de nouvelles folies non moins curieuses que celles que nous connaissons déjà.
Après avoir été successivement amoureux de l'abbesse d'Avenay et de sa sœur, après avoir successivement épousé la princesse Anne, à Nevers, et la comtesse de Bossut, à Bruxelles, après s'être déclaré le chevalier de madame de Mootbazon, notre ex-archevéque s'était définitivement énamouré de mademoiselle de Pons.
Mademoiselle de Pons était une charmante et spirituelle personne appartenant à la reine, d'une taille admirable et d une fort gracieuse figure, à laquelle on ne pouvait reprocher que d'être un peu haute de couleur; mais ce qui avait paru un défaut aux femmes à la mode de l'époque, qui ne parvenaient a se donner cette fraîcheur qu'à force de rouge, paraissait une qualité à M. de Guise. Il avait donc déclaré son amour, et l'ambitieuse personne, qui voyait moyen, par celle déclaration, de s'allier au dernier chef restant d'une maison souveraine, avait laissé comprendre au prince qu'elle n'était point, ou du moins ne serait pas longtemps insensible à une passion dont on lui donnerait de véritables preuves.
Le duc de Guise avait donné dans sa vie tant de preuves de ses passions, qu un autre eût été à bout d'expédients; mais ce n'était pas une imagination comme la sienne qui restait jamais en arrière. D'abord, et avant toutes choses, il promit à mademoiselle de Pons de l'épouser. — Pardon, monseigneur, dit celleci, mais le bruit court que vous avez déjà deux femmes, et je vous avoue que je ne me sens aucune disposition à entrer dans un sérail. — Quant à ceci, dit le duc, vous avez tort de vous en inquiéter; lorsque vous m'aurez dit que vous m'aimez, je partirai immédiatement pour Borne, et j'obtiendrai du Saint-Père une bulle de nullité. — Donnez-moi dès preuves de votre amour, répéta mademoiselle de Pons, et je vous dirai si je vous aime.
La première preuve que le prince donna à mademoiselle de Pons de 6on amour, fut de lui dérober un bas de soie qu'elle venait de quitter, et de le porter en guise de plume à son feutre. Cette nouvelle mode fit grand bruit 1 la cour. On courait aux fenêtres pour voir passer M. de Guise- Mais le prince ne s'en inquiéta point, et continua de porter mélancoliquement, pendant huit jours, ce singulier ornement à son ebapeau.
C'était déjà une preuve assez raisonnable de folie; mais mademoiselle de Pons, qui était fort exigeante, ne s en contenta point et en demanda d'autres. M. de Guise se mit en devoir de les lui offrir.
i»^..t«C-,i«d-E>(«ik,l. |Q
m , LOUIS XIV ET son «reçus.
La cour était à Fontainebleau, cl M. tic Guise, pour ne pas quitter mademoiselle de Pons, avait suivi la • 'our. Malheureusement mademoiselle de Pons était souffrante et ïczvA in chambre. M. de Guise s'installa
îur l'escalier, chargeant toutes les personnes qui montaient, et a qui leur sexe ou leur emploi donnait le ilroit d'entrer chez mademoiselle de Pons, de lui dire qu'il était son très-bumble serviteur.
Au nombre des personnes qui montaient, M. de Guise avisa un garçon apothicaire. 11 alla à lui, et lui demanda ce qu'il portait ainsi sous son tablier; celui-ci lira un flacon contenant une liqueur fort noire, et répondit au prince que c'était une médecine destinée à mademoiselle de Pons.
Le prince prit une pistule dans sa bourse, et dit a l'apothicaire qu'il prenait cette médecine pour luimême, et qu'il l'invitait à en aller préparer une autre absolument pareille.
— Mais, reprit le garçon apothicaire, que dirai-je à mademoiselle de Pons, qui attend impatiemment cette médecine? — Vous lui direz, mon ami, dit le duc de Guise, avalant de l'air le plus sentimental du monde cette odieuse liqueur, que. puisqu'elle est malade, je dois l'être aussi; car, si la moitié de moimême est malade. I autre ne saurait certainement être eu bonne santé.
El le prince se retira dans son appartement, où d'atroces coliques le retinrent toute la journée; mais à chaque douleur on l'entendait se féliciter de souffrir les mêmes maux que devait souffrir sa maîtresse.
Mademoiselle de Pons fut touchée, mais ne fut pas convaincue, et elle demanda une troisième preuve.
Un jour, mademoiselle de Pons exprima le désir d'avoir un perroquet blanc. A peine ce souhait fut-il formé, que M. de Guise sortit tout courant et commença de remuer Paris pour se procurer l'animal demandé; mais ce n'était pas chose facile. Alors il fit crier à son de trompe dans tous les carrefours qu'il donnerait cent pisloles a celui qui lui apporterait un oiseau pareil à celui que désirait mademoiselle de Pons. Huit jours s'écoulèrent, pendant lesquels M. de Guise parcourut toutes les boutiques de marchands d'oiseaux, de bateleurs et d'éleveurs de bêtes. Mais tout fut inutile; il ne put, malgré ses soins, ses peines et son argent, se procurer qu'un perroquet blanc de corps, c'est vrai, mais jaune de tète. — Mademoiselle, dit-il, je suis au désespoir d'avoir si mal répondu a votre désir; mais venez, s'il vous plaît, vous promener au Cours-la-Reinr, vous y verrez un spectacle qui, je l'espère, vous récréera.
Mademoiselle de Pons monta en voiture avec mademoiselle de Saint-Méyrin, son amie, et M. le duc de Guise. Arrivée au Cours-la-Heine, elle vit les deux côtés de la promenade tout peuplés de chiens savants. M. de Guise avait réuni tous les artistes quadrupattes de la capitale, et tous sautaient pour mademoiselle de Pons exclusivement, refusant de sauter pour les grands souverains de l'Europe.
Il y en avait près de deux mille. Mademoiselle de Pons ne put tenir à une pareille épreuve; elle tendit la m&iau prince et laissa échapper le je rou* aime si longtemps attendu. Le prince pensa mourir de joie; et, ne s'en rapportant à personne du soin de suivre son divorce près du pape, il partit le lendemain pour la cour de Home, après avoir échangé solennellement avec mademoiselle de Pons la promesse d'un éternel amour.
M. de Guise était donc, d'occurrence, dans la capitale du monde chrétien, lorsque arriva cette vacance du trône de Naples. 11 songea que la conquête d'une couronne serait une assez belle preuve à ajouter aux preuves déjà données. Se souvenant qu'lolande d'Anjou, fille du roi Henê, de Naples, avait épousé un de ses ancêtres, et avec cette rapidité de décision qui était un des caractères de son imagination chevaleresque, il écrivit aux chefs de la révolte : « Le duc de Guise, qui a du sang napolitain dans les veines, est à Rome et s'offre à vous. »
En même temps il envoya un courrier à la cour de France avec des lettres pour le roi, pour la reine, pour M. le duc d'Orléans et pour le cardinal Mazarin. Il leur annonçait que la vice-royauté de Naples étant devenue vacante, il allait s'en emparer, et causer ainsi un grand dommage à l'Espagne, avec laquelle on était en guerre. Une dépêche particulière à son frère lui rendait compte plus en détail du dessein qu'il avait formé, et lui donnait des instructions pour traiter avec la cour de France.
On connaissait le duc de Guise pour un èicrvelé, et l'on taxa sou projet de folie.
Le duc de Guise avait pour tout soutien quatre mille écus d'or, et pour toute armée six gentilshommes attachés à sa maison ; mais il avait au côté l'épée de son aïeul François, et dans la poitrine le cœur de sou grand-père Henri. Le II novembre il partit de Rome dans une barque de pêcheur, et huit jours après il écrivait au cardinal Mazarin :
« J'ai réussi, mouseignetir; je suis duc de la république de Naples; mais j'ai trouve tout ici dans un tel nésordre et dans une telle confusion, que sans une puissante assistance il m est difficile de me maintenir. »
Mazarin abandonna le duc, qui, deux mois après, était prisonnier des Espagnols à Capoue.
C est qu'en effet le peuple de Paris donnait en ce moment une occupation inattendue a la cour; si inattendue que le cardinal de Retz écrit dans ses mémoires : u Celui qui eût dit â cette époque qu'il pouvait arriver quelque perturbation dans l'Etat eût passé pour un insensé, non pas dans l'esprit du vulgaire, mais parmi les d'Estrées et les Sennetcrre, i» c'est-à-dire parmi les plus habiles du royaume.
L'avocat général Talon était du même avis, car, à la même date, il écrivait : « SÔit qu'on se lasse de parler des affaires publiques ou d'essuyer les contradictions qui v surviennent, soit que les esprits se îelàchent par la considération de leurs intérêts, toutes choses sont dans le plus grand calme.
Un seul événement préoccupait donc la cour, c'était la maladie du roi et de M. le duc d'Anjou, son fine, qui avaient tous deux la petite vérole à Fontainebleau.
Il est vrai que madame de Motteville raconte qu'un des hommes les plus habiles et les mieux instruits de la cour lui dit alors qu'il prévoyait de grands troubles dans l'Etat; mais sans doute cet homme, comme !e dit le cardinal de Retz, fut traité d'insensé, et personne ne fil le moins du monde attention à sa prophétie.
Tout paraissait au contraire si bien assis, que Mazarin, qui se voyait ancré pour toujours en France, se résolut à y taire venir sa famille : c'était encore une des combinaisons de son prédécesseur le cardinal de Richelieu qu'il adoptait. I! avait alors sept nièces et deux neveux, et il comptait les allier aux plus grandes
uigitizGQ uy
maisons du royaume. Ces nièces étaient d'abord Laure et Anne-Marie Martinozzi, filles de sa sœur Mar-
Suerite, qui avait épousé le comte Jérôme Martinozzi; puis Laure-Victoire, Olympe, Marie, Ilortense et larie-Anne Mancini ; les deux neveux étaient ce jeune Mancini que Louis XIV enfant détestait si fort, qu'il ne voulait jamais souffrir, comme nous l'avons vu, que Laporle lui donnât le bougeoir, et enfin Philippe- Julien Mancini, qui héritera d'une partie des biens du cardinal, et entre autres du duché de Nevers, à condition qu'il portera à l'avenir le nom de Mazarin avec celui de Mancini. Tous ces Mancini avaient pour mère Hiéronime Mazarini, seconde sœur du cardinal et femme de Michel-Laurent Mancini, baron romain. Ce seigneur avait bien eu neuf enfants; mais nous ne parlons ici que de ceux qui ont joué un rôle dans notre histoire.
Or, le U septembre de l'année 16i7, trois de ces jeunes filles et l'un de ces deux neveux arrivèrent à Paris, conduits par madame de Nogent ijui, de la part du cardinal, était allée les recevoir à Fontainebleau. Le même soir de leur arrivée la reine les voulut voir, et on les amena au Palais-Royal; Mazarin, qui affectait une grande indifférence pour ses nièces, sortit, pour aller se coucher, par une porte, tandis qu'elles entraient par l'autre; mais, comme on se doutait bien qu'il ne les avait pas fait venir sans de grandes intentions, les courtisans du cardinal, et il en avait beaucoup, s'empressèrent tellement autour d'elles, que le duc d'Orléans, s'approchanl de madame de Motteville et de l'abbé de la Rivière, qui causaient ensemble, leur dit de ce ton amer qui lui était si habituel : — Voilà tant de monde autour de ces petites filles, que je doute si leur vie est en sûreté, et si on ne les étouffera pas à force de les regarder.
Le maréchal de Villeroy s'approcha alors du groupe, et, sans savoir ce que venait de dire le duc d'Orléans, il dit à son tour : — Voilà de petites demoiselles oui présentement ne sont pas riches, mais qui bientôt auront de beaux châteaux, de bonnes rentes, de belles pierreries et de bonne vaisselle d'argent, et peut-être de grandes dignités; quant au garçon, comme il faut du temps pour le faire grand, il pourrait bien ne voir la fortune qu'en peinture.
Le maréchal de Villeroy ne passait pas pour un devin; cependant jamais prophétie ne fut plus complètement accomplie.
Victoire Mancini épousa le duc de Vendôme, petit-fils d'Henri IV; Olympe épousa le comte de Soissons, Marie, après avoir manqué de devenir reine de France en épousant Louis XIV, épousa Laurent de Colonne, connétable de Naples; quant au jeune homme, on sait qu'il sera tué au combat de la barrière Saint-Antoine. * Cependant, après avoir été accueillies par la reine, les jeunes filles se rendirent chez leur oncle, qui les reçut à son tour, mais avec froideur. C'est que, six mois auparavant, il avait dit a quelques-uns de ses amis, en leur montrant des statues qu'il avait fait venir de Rome : Voici les seules parentes a qui je permettrai de venir en France. Il est vrai que, huit jours après l'arrivée de ses nièces, il disait à la princesse Anna Colonna, en les lui montrant toutes trois : Vous voyez bien ces petites filles, Palnée n'a pas douze ans, les deux autres en ont a peine huit et neuf, et déjà les premiers du royaume me les ont demandées en mariage.
Deux autres sœurs devaient les venir rejoindre plus tard, ainsi que leur second frère Julien et Anne Martinozzi leur cousine. C'était Ilortense Mancini qui venait de naître, et Marie-Anne Mancini qui n'était pas encore née. La première devait épouser le (ils du maréchal de la Meilleraye, grand-maitre de l'artillerie, et la seconde Godefroy de la Tour, duc de Bouillon.
Quant aux deux sœurs Martinozzi, l'aînée, Laure, resta en Italie, et épousa un duc de Modène; la plus jeune, Anne-Marie, épousa le prince de Couti, frère du grand Condé.
La prédiction de Villeroy se trouva donc parfaitement justifiée. Mais ce que le maréchal ne pouvait prévoir, c'est que d'Olympe Mancini devait naître ce fameux prince Eugène qui mit la France à deux doigts de sa perte, et de Victoire Mancini, ce fameux duc de Vendôme qui la sauva, et duquel on dit qu'il soutint la
couronne de France sur la téte du roi Louis XIV et qu'il mit celle d'Espagne sur la léte du roi Philippe V.
Vers ce même temps, un homme commençait à se Taire connaître, qui jouera un rôle trop important par la suite pour que nous n'esquissions pas son portrait avant de le mettre en scène : c'était le coadjuteur de Paris.
Jean- François-Paul de Gondy était ne, en 1614, d'une ancienne famille d'Italie établie en France, et, comme il avait deux frères aînés, il fut destiné à l'Eglise et reçu chanoine de Notre-Dame de Paris, le 31 décembre 1627. Plus tard, on lui donna l'abbaye deBuzay; mais, comme ce nom approchait un peu trop de celui de Buze, il se lit appeler l'abbé de Retz.
telle détermination de ses parents faisait le désespoir du pauvre abbé, qui était fort enclin, au contraire, a la vie aventureuse ; aussi, espérant qu'un bon duel lui ferait tomber la soutane de dessus les épaules, il pria un jour le frère de la comtesse de Maure, qui se nommait Altichi, de se servir de lui comme second la première fois qu'il aurait l'occasion de tirer l'épée ; or, comme ce seigneur la lirait souvent, l'abbé de Gondy n'eut pas longtemps à attendre. Un matin, Attichi vint le trouver et le pria d'aller défier de sa pari un nommé Melbeville, enseigne colonel des gardes, lequel, de son côté, prit pour second un parent du maréchal de Bassompierre, qui mourut depuis major général dans l'armée de l'Empire; les quatre adversaires se rencontrèrent derrière les Minimes du bois de Vincennes, où ils se battirent a la fois à l'épée et au pistolet. L'abbé de Gondy blessa Bassompierre d'un coup d'épée à la cuisse et d'un coup de pistolet au bras; néanmoins, celui-ci, qui était plus fort et plus âgé que lui, parvint à le désarmer. Tous deux alors allèrent séparer leurs amis, qui s'étaient entrcblessés.
Ce combattit grand bruit, et cependant ne produisit pas l'effet qu'en attendait le pauvre abbé. Le procureur général commença des poursuites, puis il les discontinua à la prière de ses proches, si bien que l'abbé de Gondy demeura avec sa soutane et sou duel.
Aussi résolut-il, le premier lui ayant si mal réussi, d'en chercher bien vile un second; l'occasion s'en présenta d'elle-même.
L'abbé faisait la cour à madame du Chastelet, mais cette dame, étant engagée avec le comte d'Harcourt, traita Gondy d'écolier. Ne pouvant pas s'en prendre a la dame, l'abbé s'en prit au comte, et, le rencontrant à la comédie, lui fit un appel; rendez-vous lut donné pour le lendemain matin au delà du faubourg Saint- Marcel. Dans celte seconde rencontre, l'abbé fut moins heureux que dans la première. Après avoir reçu un coup d'épée qui, par bonheur, ne lit que lui effleurer la poitrine, le comte d'Harcourt le jeta par terre el aurait eu infailliblement l'avantage, si, en se colletant avec son adversaire, son épéc ne lui eût échappé des mains; Gondy, qui était dessous, voulut alors raccourcir la sienne pour lui en donner dans les reins; mais d'Harcourt, qui était plus âgé et plus vigoureux, lui tint le bras si serré qu'il ne put exécuter son dessein ; ils luttaient donc ainsi sans pouvoir se faire aucun mal, lorsque d'Harcourt dit : « Levons-nous, il n'est pas honnête de se gourmer comme nous le faisons; vous êtes un joli garçon, je vous estime, et je ne fais pas difficulté de dire que je ne vous ai donné aucun sujet de me quereller. » Il fallut bien s'en tenir là, et comme il s'agissait de la réputation de madame du Chastelet, non-seulement l'affaire ne put faire scandale, mais encore ne fut pas même connue. L'abbé resta donc avec sa soutane et deux duels.
Gondy fit encore quelques tentatives auprès de son père, l'ancien général de galères, Philippe-Emmanuel de Gondv; mais, comme celui-ci visait pour son fils à l'archevêché de Paris qui était déjà dans la famille, il ne voulut rien entendre ; l'abbé en fut donc réduit à son remède ordinaire, et résolut de lâlcr d'une nouvelle rencontre.
Sans motif raisonnable, il chercha querelle à M. de Praslin. On prit rendez-vous au bois de Boulogne; M. de Meillencourt servait de second à Gondy, cl le chevalier du Plessis à M. de Praslin. On se battit à l'épée. L'abbé de Gondy reçut un grand coup de pointe à travers la gorge el en rendit un à Praslin à travers le bras ; ils allaient continuer comme si de rien n'était, lorsque les seconds vinrent les séparer. L'abbé de Gondy avait amené des témoins, espérant qu'il serait intenté un procès ; mais on ne peut forcer sou destin, aucune information ne fut faite, et l'abbé de Gondv resta avec sa soutaue et trois duels.
Cependant il crut bien un jour avoir trouvé son affaire. Il était allé courre le cerf à Fontainebleau avec la meute de M. de Souvré, et, comme ses chevaux étaient fort las. il prit la poste pour revenir à Paris. Mieux monté que son gouverneur et suivi d'un valet de chambre qui courait avec lui, il arriva le premier à Juvisy et fit mettre sa selle sur le meilleur cheval qui se trouvait dans les écuries du maître de poste. Justement à la mi^me minute, un capitaine de la petite compagnie des chevau-légers du roi, nommé Contenot, venait de Paris aussi en poste et aussi pressé de partir que l abbé de Gondy; il commanda à un palefrenier d'ôter la selle de celui-ci et d'y mettre la sienne. Ce que voyant, l'abbé s avança en disant que le cheval était à lui. Contenot, à ce qu'il parait, n'aimant pas les observations, répondit par un soufflet si bien appliqué, que Gondy eut la ligure tout en sang. L'abbé tira aussitôt son èpce, Contenot en lit autant, et tous Jeux se chargèrent ; mais, à la deuxième ou troisième passe, Contenot glissa, et comme, en voulant se soutenir, il donna la main contre un morceau de bois pointu, la douleur lui fit lâcher son épée. Au lieu de profiler de la circonstance, ce qui eût été de bonne guerre, l'abbé lit deux pas en arrière et invita Contenot à reprendre son arme, ce qu'il fit, mais par la poiute, et en demandant à Gondy un million de pardons, que l'abbé accepta tout en secouant la tête, car il voyait bien que ce ne serait pas encore ce duel-là qui lui enlèverait sa soutane.
Le pauvre abbé, ne sachant plus à quel saint se vouer, résolut de prendre publiquement une maîtresse, et chargea le valet de chambre de son gouverneur de chercher quelque jolie fille qu'il pùl entretenir. Celuici se mit aussitôt en quête et trouva chez une épinglière une jeune personne de quatorze ans, d'une beauté surprenante; c'était la nièce de l'épinglière. Le valet de chambre entama donc le marché avec cette femme; on convint de cent cinquante pistoles. Alors il fit voir la jeune fille à l'abbé, qui approuva le choix de son valet; celui-ci loua une petite maison à Issy, et plaça sa propre sœur auprès d'elle.
Dès le lendemain, l'abbé, qui avait trouvé la fillette fort jolie, courut lui faire une visite; mais il la vit
tout eu larmes, et passa le temps de cette première entrevue à essayer de la consoler sans pouvoir y réussir. Le lendemain il y retourna, espérant une meilleure chance; mais il la trouva encore plus désespérée
Îue la veille. Enfin, le surlendemain, elle lui parla si doucement, si sagement, si saintement, qu'il eut honte e l'action qu'il avait commise, et, faisant monter la jeune fille dans son carrosse, il la conduisit incontinent chez sa tante de Maignelais, a qui il raconta toute l'affaire; celle-ci la mit dans un couvent, 0(1, dix ans après, elle mourut en odeur de sainteté. De ce moment, l'abbé vit bien qu'il était condamné a la soutane à perpétuité, et il en prit son parti.
Ce fut vers ce temps que l'abbé de Gondy écrivit son histoire de la conjuration de Kiesque, qu'il termina à l'âge de dix-huit ans. M. de Lausière, à qui il l'avait prêtée pour la lire, la prêta a son tour à Bois- Robert, qui la prêta au cardinal de Richelieu. Celui-ci la dévora d un trait, et, après en avoir achevé la lecture, dit, en présence du maréchal d'Estrées et du maréchal de Senneterre : « Voila un dangcwux esprit. » L'abbé se le tint pour dit, et, comme il.savait qu'on ne faisait pas revenir le cardinal de Richelieu sur ses premières impressions, il trouva plus court de lui donner raison, en se liant avec M. le comte de Soissons, son ennemi.
Cette haine du cardinal de Richelieu, qui s'augmenta encore de la liaison de l'abbé de Gondy avec M. le comte, détermina ses parents à l'envoyer en Italie. Gondy commença ses voyages par Venise, et à peine fut-il arrivé dans cette ville, qu'il se mit à faire galanterie a la signora Vendrameoa, Tune des plus jolies et des plus nobles dames de la ville; mais, comme elle était fort entourée et qu'elle avait un mari trèsjaloux, M. de Maillé, ambassadeur pour le roi, voyant l'abbé, qui lui était recommandé, en péril d'être assassiné, lui ordonna de sortir de Venise.
L'abbé partit pour Rome. A peine y fut-il, qu'il lui arriva une aventure qui retentit jusqu'en France. Un jour qu'il jouait au ballon dans les Thermes de l'empereur Antonio, le prince de Schemberg, ambassadeur de I Empire, lui dit de quitter la place; l'abbé répondit au messager qui lui était envoyé de la part du prince que, si Son Excellence eût fait la chose civilement, il se serait empressé d'accéder a ce qu'il demandai limais que, du moment où il avait procédé en lui donnant un ordre, il se croyait obligé de lui répondre qu'il ne recevait d'ordre que de l'ambassadeur de France* Le prince de Schemberg lui fit dire alors, parte chef de ses estaflers, qu'il eût à sortir du jeu de bonne volonté, ou qu'il allait l'en faire sortir de force.
Mais l'abbé ne répondit qu'en sautant sur son épée, et en menaçant le messager de la lui passer au travers du corps. Soit crainte, soit mépris du peu de gens qu'avait avec lui l'abbé, le prince de Schemberg se retira.
Comme nous l'avons dit, l'affaire lit si grand bruit, qu'elle arriva jusqu'à Mazann, qui se rangea, touchant l'abbé de Gondy, à l'avis de Richelieu. •
Après un an de séjour en Italie, l'abbé de Gondy revint en France, et reprit ses liaisons avec M. le comte de Soissons. Un complot contre le cardinal de Richelieu, dont l'abbé était un des principaux agents, et qui était mené, de la Bastille même, par le maréchal de Vilry, le maréchal de Bassompierre et le comte de Cramail. devait éclater au premier succès que remporterait H. le comte, qui avait publiquement levé l'étendard de la révolte.
On apprit, à Paris, le gain de la bataille de Marfée; mais, presque en même temps que cette nouvelle, arrivait celle de la mort du comte, qui. au moment de la victoire, avait été tué au milieu des siens, sans qu'on ait jamais su par qui ni comment ; on retrouva soi corps avec une balle dans la tête, voilà tout. Les uns accusèrent le cardinal de l'avoir fait assassiner, les autres dirent qu'il s'était tué lui-même par raégarde, en relevant la visière de son casque avec le canon de son pistolet. Quoi qu'il en soit, la nou-
vclle de celle mort fil manquer le complot, et l'abbé, qui, pour celte fois, croyait bien être débarrassé de sa soutane, se trouva plus que jamais IL\é dans sa profession.
A la mort du cardinal de Richelieu, l'abbé de Gondy fut présenté à Louis Xlll par son oncle Jean-François de Gondy, archevêque de Paris. Le roi le reçut à merveille, lui rappela sa continence avec la nièce de l'épinglière, et son duel avec Contenot. en le félicitant de sa conduite dans ces deux circonslanccs. Cela encouragea l'abbé à demander pour lui la coadjutorerie de Paris; mais ce ne fut qu'un an plus tard, et sous la régence d'Anne d Autriche, que celle-ci accorda à l'abbé de Gondy la demande qu'il avait faite au roi. Alors l'abbé de Gondy, sans doute dans la prévoyance du rôle qu'il devait jouer bientôt, commença a se populariser par ses aumônes. Lui-même raconte que du mois de mars au mois d'août, c'csl-â-dire en moins de quatre mois, il dépensa trente-six mille écus en libéralités de ce genre. M. de Morangis lui fil observer que de pareilles dépenses n'étaient pas en proportion avec sa fortune. — Bah! répondit le nouveau coadjuteur, j'ai fait mes comptes, et César, à mon âge, devait six fois plus que moi. — En supposant que l'abbé de Gondy dit vrai, il aurait dû à peu prés huit millions à cette époque.
Le mot fut rapporté à Mazarin et ne contribua pas à le faire revenir de sa première opinion.
Voilà où en étaient les hommes et les choses, lorsqu'au commencement de janvier 4648 le peuple de Paris s'ameuta à propos de l'édit du tarif. Sept ou huit cents marchands s'assemblèrent et députèrent dix d'entre eux, qui allèrent trouver M. le duc d'Orléans au Luxembourg, enlrèrent dans sa chambre ot lui demandèrent justice en lui déclarant que. soutenus comme ils savaient l'être par le parlement, ils ne souffriraient pas qu'on les ruinât avec les anciens impôts qui allaient grossissant sans cesse, et les nouveaux qu'on inventait tous les jours. Le duc d'Orléans, pris au dépourvu, leur fit espérer quelques modérations, et les congédia, dit madame de Molleville, avec le mot ordinaire des princes : On verra.
Le lendemain les mutins s'assemblèrent encore; ils se présentèrent au palais qu'ils envahirent, et, comme ils y trouvèrent le président de Thoré, fils du surintendant des finances d'Emery, ils crièrent conlre lui, l'appelant fils de*lyran, l'outrageant et le menaçant. Mais, à la faveur de quelques-uns de ses amis, il s'échappa de leurs mains.
Le jour suivant ce fut au tour de Matthieu Molé. Ils l'attaquèrent comme ils avaient fait la veille de Thoré. le menaçant de se venger sur lui des maux qu'on leur voulait faire. Mais lui leur répondit que, s'ils ne se taisaient et n'obéissaient aux volontés du roi, il allait faire dresser des potences dans les places, et faire pendre sur l'heure les plus mutins d'entre eux; à quoi les révoltés répondirent que, si on plantait ces potences, elles serviraient aux mauvais juges qui, esclaves de la faveur de la cour, leur refusaient justice.
Sur ces entrefaites, il arriva un nouveau renfort aux mutins ; ce fut de la part des maîtres de requêtes. Comme Mazarin, dans son avarice, ne songeait qu'a tirer sans cesse de l'argent de toutes choses et par tous les moyens possibles, il avait augmenté de douze nouveaux officiers le corps des maîtres de requêtes. Or, ceux-ci", qui avaient acheté les charges fort cher, comprirent que cette adjonction de douze nouveaux membres allait en faire baisser le prix, et que, lorsqu'ils voudraient les vendre, ils n'en retrouveraient plus ce qu'elles leur avaient coûté ; en conséquence, par ressentiment anticipé du mal qu'ils craignaient dans l'avenir, ils refusèrent de rapporter les procès des particuliers, et jurèrent entre eux, sur les saints Evangiles, de ne point souffrir celle augmentation et de résister à toutes les persécutions de la cour, se promettant les uns aux autres que, si, par suite de leur rébellion, quelqu'un d'entre eux perdait sa charge, ils se cotiseraient tous pour la lui rembourser.
Sur ce, ils vinrent trouver le cardinal Mazarin, et l'un d'entre eux, nommé Gomin. lui parla au nom de tous avec une telle hardiesse que le ministre en fut tout étonné. On tint conseil le jour même chez la reine. D'Emery y fut appelé. La position du surintendant des finances était fâcheuse : il avait sur les bras tout le peuple qui commençait à crier contre lui. Il exposa la situation. On manda le premier président et les Kcns du roi. Le conseil fut long, tumultueux et ne décida rien. Puis, après le conseil, M. le Prince et M. le cardinal s'en allèrent souper chez le duc d'Orléans.
Pendant la nuit qui suivit celle journée, des coups de feu retentirent dans divers quartiers de Paris. Le lieutenant civil lut alors envoyé pour savoir d'où venaient ces coups de feu et ce qu'ils signifiaient. Mais il lui fut répondu par les bourgeois qu'ils essayaient leurs armes pour voir ce qu'ils en pouvaient faire, attendu que, si le ministre voulait continuer de les pressurer ainsi, ils étaient résolus à suivre l'exemple des Napolitains. On se rappelle que le bruit de la révolte de Naples était parvenu à Paris quelques jours auparavant. En même temps des hommes sortant on ne savait d'où couraient de maisons en maisons, disant aux bourgeois de faire provision de poudre, de balles et de pain. On sentait dans l'air ce souffle de révolte, si étrange à cette époque, où les émeutes étaient rares, si tacile a reconnaître pour ceux qui l'ont une fois respiré.
Ces choses se passaient dans la nuit du vendredi au samedi.
Le samedi malin, la reine, allant à la messe à Notre-Dame, comme elle en avait l'habitude ce jour-là, fut suivie jusque dans l'église par environ deux cents femmes nui criaient en demandant justice, et voulaient se mettre à genoux devant elle pour lui faire pitié; mais les gardes les en empêchèrent, et la reine, . lière et hautaine, passa devant ces femmes sans les écouter.
Après midi, l'on rassembla de nouveau le conseil : il y fut convenu qu'on tiendrait ferme. On envoya chercher les gens du roi, pour leur ordonner de maintenir l'autorité. Le soir on fit commandement au régiment des gardes de se tenir sous les armes ; on posa des sentinelles et l'on ordonna des postes dans tous les quartiers. Le maréchal de Schomberg, qui venait d'épouser mademoiselle d'Ilautefort, cette ancienne amie de la reine, si cruellement disgraciée depuis que la reine clait régente, fut chargé de disposer les Suisses, et Paris, cette nuit, fut changé en un vaste camp . cette ressemblance était d'autant plus grande, que les coups de feu retentissaient plus nombreux et plus disséminés que la nuit précédente, et qu'à chaque instant on eût pu croire qu'on t::i venait aux mains.
Le lendemain le trouble continua. La vue des soldats campus dans les rues avail exaspéré le peuple. Les
bourgeois s'étaient emparés des cloches de trois églises de la rue Saint-Denis, où 1rs gardes avaient paru. Le prévôt des marchands se présenta alors au Palais-Royal, et avertit la reine et le ministre que Paris loin entier était sur le point de prendre les armes. On répondit que cet appareil militaire n'avait été déployé que pour mener le roi à Notre Dame, où il allait rendre grâces au Seigneur de son heureuse convalesceuce. Ln effet, aussitôt après son passage, les troupes furent retirées.
Mais, le lendemain, le roi monta au parlement. Averti de la veille seulement, le chancelier fit une longue harangue, représenta les nécessités de PElat, le besoin que le peuple donnât moyen de subvenir aux frais de la guerre, par laquelle seulement on pouvait arriver à une bonne paix; il parla fortement de la puissance royale et lâcha d'établir pour loi fondamentale l'obéissance des sujets envers leur prince.
L'avocat général Talon répondit; sa harangue fut forte et vigoureuse; il supplia ta reine de se souvenir, lorsqu'elle serait dans son oratoire, à genoux devant Dieu, pour le prier de lui faire miséricorde, que ses peuples aussi étaient i genoux devant elle, la priant de leur faire merci. Il lui rappela qu'elle commaudail à des hommes libres et non à des esclaves, et que ces hommes, constamment pressurés, ruinés, sangsurés par de nouveaux édits, n'avaient plus rien a eux que leurs âmes, et encore parce que leurs âmes ne pouvaient être vendues à l'encan, comme leurs meubles, par les gens du roi. il ajouta que les victoires et les lauriers, qu'on portait si haut, étaient, certes, de glorieux trophées pour le royaume, mais ne donnaient au peuple aucune des deux choses dont il manquait : le pain et les vêtements.
Le résultat de la séance fut que le roi porta cinq ou six nouvpaux édits plus ruineux que les précédents. Mais, le lendemain, les chambres s'assemblèrent pour examiner les édits que le roi avait portés la veille. La reine leur fît donner l'ordre de la venir trouver par députés. Les chambres obéirent et envoyèrent des compagnies. La régente blftma fortement ce qu'on faisait, et demanda si le parlement prétendait loucher aux choses que la présence du roi avait consacrées. Le parlement prétendit que c'était son droit, et qu'il était institué pour servir de bouclier au peuple contre les exigences exagérées de la cour. Alors la reine s'emporta et déclara qu'elle entendait que tous les édits fussent exécutés sans modification aucune.
Le jour suivant, ce fut le tour des maîtres de requêtes qu'elle manda près d'elle et qt .'lie reçut plus mal encore que les depulès des chambres, leur disant qu'ils étaient de plaisantes gens pou vouloir borner ainsi l'autorité du roi. — Je vous montrerai bien, continua-t-clle, que je puis créer ou détruire tels offices qu'il me plaira, et, pour preuve, sachez que je vous suspends de vos charges.
Mais ce discours, au lieu de les intimider, sembla leur donner une nouvelle hardiesse. Les uns l'accueillirent en ricanant, a'autres en chuchotant entre eux, d'autres encore en hochant la tête ; puis ils se retirèrent avec une révérence qui ne promettait rien de bon. ■ Ils sentaient, dit madame de Motteville, qu'il y avait des nuages dans l'air et que le temps étail mauvais pour la cour, n Le lendemain, au lieu d'obéir, ils se présentèrent en corps au parlement pour s'opposera l'enregistrement de leur édit. Paris ètai mûr
Kour une sédition. Seulement un chef manquait. Tournons les veux du côté de Vincennes, et nous allons > voir apparaître.