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CHAPITRE XIX

ÎC49.

Un tnol sur le duc dElbceuf. le due de Bouillon, le prince de Conii, madame de Longueville cl le coadjuteur. - Pourquoi Il étaient mécontents. — Intelligence* de Gondy avec madame de Longueville. — Ovation du coadjuteur au Marché-Neuf. — Vuitc de BrUaac à M. de Gond,. - Projet, de M. d'Elbœuf. - Il joue au fin avec le coadjuteur. — Arrivée du prince de Conti. — Déliance du peuple contre la famille de Condé. — Les princes au parlement. — Lutte entre le prince de Conti et H. d'Elbœuf. — Intrigues du coadjutenr. — Mesdames de Longueville et de Bouillon i l'hôtel de viJie. — Conti est déclaré généralisMme du parlement.

isons d'abord quelques mots de ces chefs que s'était donnés le peuple, ou plutôt qui s'étaient donnés au peuple.

. Charles de Lorraine, duc d'Elbœuf, avait épousé Catherine- Henriette, fille légitimée d'Henri IV et de Gabrielle d'Eslrées C'était un assez pauvre homme, plus connu par son frère cadet, le duc d'Harcourt, que par lui-même, il était mécontent, parce que c'était l'état de la maison de Lorraine d'être mécontente; d'ailleurs les princes de cette maison tenaient à la cour mauvaise position, et les princes de Condé, qu'on appelait messeigneurs, n'appelaient pas même messieurs les princes de la maison de Lorraine. Le duc d'Enghien ne disait jamais, en parlant d'eux, que ceux de Cuise.

M. de Bouillon avait meilleure réputation que H. le comte * d'Elbœuf en guerre et en politique. Du temps du feu roi, il avait, on se le rappelle, été compromis dans l'affaire de Cinq- Mars. Comme il était prince souverain de Sedan, il s'était tiré d'affaire en livrant sa" ville. Le cardinal et le roi morts, il avait cru pouvoir la reprendre ; mais ejle ne lui avait pas été rendue. On lui avait parlé d'une indemnité pécuniaire, mais celte indemnité avait tant tardé à venir, qu'il commençait bien à voir qu on se raillait de ses prétentions. M. de Bouillon avait donc aussi des raisons d'être mécontent.

M. le prince de Conti était mécontent, parce que d'abord les cadets, à cette époque, étaient toujours mécontents; puis parce qu'il était bossu et que son frère étaitbien fait; puis enfin parce qu'on voulait le mettre d'église, et que, le coiffàt-on de ce chapeau de cardinal qui avait amené une si grande discussion entre le prince de Conde et le duc d'Orléans, il aimait encore mieux le feutre gris à plume blanche et le pourpoint de velours noir doublé de menu vair, que l'on portait à cette époque, que la calotte rouge et la barrette.

Madame de Longueville était mécontente... Ceci est plus difficile a raconter. Il y a parfois aux mécontentements des femmes de si singulières causes, que I histoire, cette grande prude qui, comme la vérité, devrait marcher toujours nue, et qui au contraire, la plupart du temps, s avance voilée comme une matrone romaine, n'en dit rien ; il faut alors, pour peu qu on soit curieux de connaître la cause des choses, recourir aux mémoires du temps et aux bruits des ruelles. Répétons donc seulement ce qu'on disait des causes du mécontentement de madame de Longueville.

Madame de Longueville était mécontente, disait-on, parce qu'elle portait un si grand et si singulier amour à M. le prince de Condé, son frère, que, lorsque celui-ci avait fait la cour à mademoiselle du Végean, madame de Longueville avait considéré cet amour de son frère comme une infidélité, cl lui avait voue une haine d'autant plus profonde, que, n'osant se plaindre à personne, ses larmes s'étaient amassées en ellemême et avaient tourné en fiel. Elle avail déversé alors tout son amour fraternel sur le prince de Conti. Mais, comme une femme ne peut pas s'en tenir à l'amour fralernel, elle avait pris pour amant M. le prince

de Mareillac, François de Larochefoucauld, sixième du nom et auteur des Maximes. M. de Longuevillc, l'homme du monde, dit le cardinal de Retz, qui aimait le mieux les commencements de toutes choses, était mécontent, parce que sa femme était mécontente.

Hais il y avait un homme, dont nous n'avons point parlé depuis quelque temps, qui était plus mécontent encore que tous ceux que nous venons de nommer : c'était le coadjuteur.

En effet, après cette fameuse journée des barricades qu'il avait faite, son importance s'était en quelque sorte perdue dans le résultat. Broussel et Blancmesnil avaient été mis en liberté; c'était tout ce que voulait le peuple. Le coadjuteur avait bien été mandé à la cour, la reine lui avait bien fait toutes sortes de tendresses, et le cardinal-ministre l'avait bien embrassé sur les deux joues ; mais derrière ces masques il avait vu les visages, et ces visages, le cas échéant d'une revanche, ne lui avaient rien promis de bon. Aussi il était demeuré tranquille, entretenant son influence sur le peuple, ses amitiés avec le parlement, et ses relations avec les chefs de quartiers, et attendant les événements, sûr qu'il était que les événements ne pouvaient manquer de le venir trouver.

En effet, le jour même que le roi sortit de Paris, ainsi que nous l'avons dit, le coadjuteur fut réveillé a cinq heures du matin par 1 argentier de la reine, son messager ordinaire : il apportait une lettre écrite de la main d'Anne d'Autriche elle-même, par laquelle elle priait le coadjuteur de se transporter à Saint-Germain. Le coadjuteur répondit qu'il ne manquerait pas de se rendre aux ordres de Sa Majesté. Un instant après, le président Blancmesnil entra chez le coadjuteur pâle comme un mort. Il venait lui annoncer le bruit courant, qui était que le roi marchait sur le palais avec huit mille chevaux : car, dans le premier moment, les nouvelles les plus étranges et les plus exagérées s'étaient répandues par la ville. Le coadjuteur lui répondit que, loin de marcher sur le palais avec huit mille chevaux, le roi venait de s'enfuir de Paris avec ses gardes. Blancmesnil sortit aussitôt pour faire part de cette nouvelle à ses collègues, et le coadjuteur courut à l'hôtel de Coudé où était restée madame de Longueville.

Comme il était grand ami de M. de Longueville, et que M. de Longueville, dit le coadjuteur lui-même, n'était pas l'homme de la cour qui fût le mieux avec sa femme, il avait été quelque temps sans la voir. Mais cependant, dans la prévoyance des événements qui allaient arriver et du besoin qu'A pouvait avoir d'elle, il y élait retourné depuis quelques jours, et l'avait trouvée fort enragée contre la cour et surtout contre M. de Condé, son frère. Il lui avait alors demandé si elle avait quelque pouvoir sur M. le prince de Conti, et madame de Longueville lui avait répondu que, quant à celui-ci, il élait entièrement entre ses mains, et qu'elle en ferait tout ce qu'elle voudrait. C'était tout ce que voulait le coadjuteur, qui, de ce moment, avait quelqu'un à opposer a M. le Prince. Il est vrai que ce quelqu'un n'était que l'ombre d'un chef de parti; mais c'était tant mieux pour lit coadjuteur, qui voulait faire agir ce chef de parti a sa volonté. Il avait donc prévenu madame de Longueville de se tenir prête à tout événement, de rappeler son mari a Paris, et de ne point quitter la capitale, sous quelque prétexte ose ce fût. Il trouva madame de Longueville prête à l'envoyer chercher lui-même. Elle était restée, comme elle l'avait promis; mais M. de Condé lui avait enlevé le prince de Contî presque de force. Elle se trouvait doue seule a Paris, M. de la Rochefoucauld venant de partir pour essayer de ramener le prince de Conti, et M de Longueville étant dans son gouvernement de Normandie. Il est vrai qu'on avait reçu la veille une lettre de Un, annonçant que le 6 au soir il serait à Paris.

Madame de Longueville était tort inquiète. Bile demande an coadjuteur ce qui se passait dans les rues, où elle n'osait s'aventurer. Les rues étaient pleines de tumulte et de confusion : (es bourgeois, d'euxmêmes, s'étaient emparés de la porte Saint-lloaoré ; le coadjuteur avait fait garder celle de la Conférence par un homme à lui, enfin le parlement s'assemblait.

Il fut convenu alors, entre madame de Longueville et le coadjuteur, qu'outre M. de la Rochefoucauld, on enverrait encore Saint-Ibal, ami particulier de M. de Gondy, a SainMiermain, pour qu'il tâchât de voir M. de Conti et de presser son retour. Saint-Ibal partit déguisé.

Le coadjuteur aurait pu en faire autant et parvenir ainsi près de la reine qui l'avait fait demander; mais ce n'était pas son affaire : il voulait partir ostensiblement, alin d'être empêché de continuer son voyage. Il fil mettre les chevaux à son carrosse, prit congé de ses gens à la porte, et cria tout haut à son cocher : « A Saint- Germain ! > C'était le moyen de ne pas sortir de la ville. En effet, au bout de la rue Neuve-Notre-Dame, un marchand de bois nommé du Buisson, qui avait beaucoup de crédit sur les ports, commença à ameuter le peuple, rossa le postillon, battit le cocher, et déclara que le coadjuteur n'irait pas plus loin. En un instant le carrosse fut renversé. On démonta les roues, les femmes du Marché-Neuf firent une espèce de litière sur laquelle on fit monter le coadjuteur, que l'on ramena à sa grande joie en triomphe chez lui. Il écrivit aussitôt à la reine et au cardinal pour leur exprimer tous ses regrets et leur dire l'impossibilité dans laquelle il avait été de continuer sa route. Mais ni l'un ni l'autre ne furent dupes de celte ruse, et leur aigreur contre le turbulent prélat s'en augmenta encore.

Trois jours se passèrent dans les allées et venues que nous avons racontées au précédent chapitre. M. de Larochefoucauld ni Saint-Ibal ne revenaient point, et l'on avait appris que M. de Longueville, apprenant que la cour était à Saint-Germain, avait tourné bride et s'était rendu près de la reine. Quel était son dessein? Tout le monde l'ignorait.

Le coadjuteur était fort embarrassé. Il avait répondu à M. de Bouillon de la coopération de M. le prince de Conti et de M. de Longuevillc ; et l'on n'avait pas de nouvelles de M. de Conti, et celles qu'on avait de M. de Longuevillc étaient fort mauvaises, lorsqu'une circonstance imprévue vint encore redoubler ses embarras.

Dans Taprès-midi du 9 janvier, M. de Brissac entra chez le coadjuteur. Il avait épousé une de ses cousines, et cependant M. de Gondy et lui se voyaient rarement. Aussi le coadjuteur lui demanda-t-il a qupl heureux hasard il devait sa visite. — Ma foi, dit M. de Brissac, je me suis aperçu ce malin que j'étais du même parti que vous, et comme vous êles mon cousin, je viens vous demander du service dans 1 armée du

LOUIS XIV ET SON SIÈCLE, parlement - Venez-vous de la part de M. de Longueville? demanda le coadjuteur — Pourquoi cette • question? — Parce que, par votre femme, vous êtes le cousin de M. de Longuevillc aussi bien que le mien. — Non, je viens de ma part ù moi. J'ai à me plaindre du maréchal de la Meilleraie, et je viens chercher aventure dans le parti opposé au sien. S'il eût été pour vous, j'aurais été pour la cour. — Eh bien ! en ce cas, venez avec moi, dit le coadjuteur. — Vous sortez? demanda Brissac. — Oui. — fct où allezvous? — Au parlement. Voyez par la fenêtre si les chevaux sont à la voilure.

Brissac regarda par la fenêtre, et poussa une exclamation de surprise. — Qu y a-t-il? demanda le coadjuteur — M d'Elbœuf et ses trois fils, dit Brissac. — Comment! M. d'Elbœuf? Je le croyais à Saint- Germain avec la reine. — Il y était, répondit en riant Brissac, mais que voulez-vous, il n'aura pas trouve a diner à Saint-Germain, et il vient voir s'il ne trouvera pas à souper à Pans. — Vous l avez donc vu? — Nous avons fait route ensemble depuis le pont de Neuilly, où je l ai rencontre, jusqu à la Croix-du Tranoir, où je l'ai laissé et pendant tout le chemin il m'a juré qu'il ferait mieux dans la Fronde que M. de Mayenne, son cousin, n'avait fait dans la Ligue. — El il vient ici? - Il est à cette heure dans l'escalier.

Aucune visite ne pouvait compliquer davantage les embarras du coadjuteur. 11 n'osait s ouvrir a personne des engagements qu'il avait pris avec le prince de Conti et M. de Longueville, de peur de faire arrêter ceux-ci ft Saint-Germain, si toutefois ils ne l'étaient pas déjà; d'un autre côté, M. de Boui Ion avail déclaré qu'il ne ferait rien, tant qu'il ne verrait pas M. de Conti. et le maréchal de la Motte Houdancourt, tant qu'il ne verrait pas M. de Longuevillc. En attendant M. d'Elbœuf, qui jouissait prés du peuple de Paris de la vieille popularité acquise aux princes de Lorraine, pouvait, en se faisant élire général, renverser

Lp onadjukur ramené en triomphe. — P»se 143

tous ses projets. Le coadjuteur résolut donc de gagner du temps en faisant croire à M. d T.! bœuf qu'il était dans ses intérêts. En ce moment M. d'Elbœuf entra suivi de ses trois fils. Il raconta alors au coadjuteur qu'il quittait la cour, lui et ses enfants, pour prendre la cause du parlement, et que, sachant l'influence qu'il avait sur les Parisiens, il lui venait taire sa première visite. Cette confidence fut suivie d'une foule de cajoleries et de compliments, entre lesquels les fils prenaient de temps en temps la parole pour placer les teurs.

Le coadjuteur répondit avec beaucoup de respect à toutes ces honnêtetés et demanda à M. d'Elbœuf ce qu'il comptait faire. — Mais, dit le prince, je compte de ce pas aller à l'hôtel de ville offrir mes services à MM. les échevins de Paris. N'est-ce pas votre avis que je fasse ainsi, monsieur le coadjuteur? — Cependant, répondit celui-ci, il me semble, mon prince, qu'il serait mieux que vous attendissiez à demain, et que vous offrissiez vos services aux Chambres assemblées. — Eh bien! dit M. d'Elbœuf, je ferai ce que vous me dites, décide a me diriger en tout selon votre avis.

Et il se relira suivi de ses trois fils. A peine furent-ils sortis que le coadjuteur, qui avait cru remarquer certain sourire échangé entre le père et les enfants, ordonna à l'un de ses gens de suivre M. d'Elbœuf, et de venir l'informer du lieu où il allait.

Comme l'avait prévu le coadjuteur, M. d'Elbœuf allait droit à l'hôtel de ville. Le coadjuteur et lui avaient joué au fin et n'avaient pu se tromper ni l'un ni l'autre. Aussitôt le coadjuteur se mit a la besogne : if s'agissait d'intrigues, il était dans son élément.

Il écrivit à l'instant même au premier échevin Fourni, r, qui était de ses amis, qu'il prit garde que l'hôtel de ville ne renvoyât M. d'Elbœuf au parlement, ce qui aurait fait à celui-ci une recommandation contre laquelle il eût été" difficile de lutter; puis il manda à ceux des curés de Paris, qui lui étaient le plus sûre-

ment dévoués, de jeter parmi leurs paroissiens des soupçons contre M. d'Elbœuf, en leur rappelant qu'il était capable de faire toutes choses pour de l'argent, et en leur remettant en mémoire qu'il était un des intimes amis de l'abbé de la Rivière, favori du duc d'Orléans. Enfin, lui-même sortit vers sept heures du soir et courut toute la nuit à pied et déguisé, visitant tous les membres du parlement qu'il connaissait, non point pour leur parler du prince de Conti ni de M. de Longueville, ce qui eût rendu sa tâche plus facile, car il craignait toujours de les compromettre, mais pour leur rappeler combien M. d'Elbœuf était un homme peu sûr et comment le parlement devait être blessé que le prince s fit offert à l'Hôtel de Ville avant de s'offrir à lui comme le coadjuteur lui en avait donné le conseil.

Jusqu'à deux heures du malin le coadjuteur courut ainsi, bien convaincu que, de son côté, M. d'Elbœuf ^ie perdait pas son temps. 11 venait de rentrer, brisé de fatigue, et s'était couché presque décidé à se déclarer ouvertement le matin contre M. d'Elbœuf, lorsqu'il entendit que l'on heurtait à sa porte. Il appela aussitôt son valet de chambre, en lui ordonnant d'aller voir qui était là. Un instant après il entendit des pas qui se rapprochaient vivement, et le chevalier de la Chaise, qui était à M. de Longueville, entra dans sa chambre, sans attendre qu'on l'annonçât, en criant : — Sus, sus, monsieur, levez-vous; M. le prince de Conti et M. de Longueville sont à la porte Saint-Honoré, mais le peuple crie qu'ils viennent trahir la ville et ne veut pas les laisser entrer.

Le coadjuteur poussa un cri de joie et sauta à bas de son lit. C'était la nouvelle que depuis trois jours il attendait avec tant d'impatience. En un instant il fut habillé, et comme tout en s'babillant il avait donné l'ordre de mettre les chevaux, son carrosse se trouva prêt en même temps que lui. Il sauta aussitôt dedans avec le chevalier de la Chaise, se fit conduire chez le conseiller Brousse!, qu'il prit avec lui afin de doubler sa popularité, et, précédé de coureurs portant des flambeaux, il se rendit à la porte Saint-Honoré, où attendaient effectivement M. de Longueville et M. le prince de Conti, qui s'étaient sauvés à cheval de Saint-Germain.

Ce fut alors que le coadjuteur vit qu'en prenant Broussel il n'y avait pas eu surcroît de précaution. Le peuple avait une si grande crainte du prince de Condé, que tout ce qui lui tenait en quelque chose excitait au plus haut degré sa défiance. Enfin, comme le coadjuteur et Brous.sel, non-seulement répondaient d'eux, mais encore affirmaient au peuple qu'ils venaient à Paris pour le défendre, les chaînes furent levées. MM. de Conti et de Longueville montèrent dans le carrosse du coadjuteur, et, tous ensemble, escortés par les cris de joie du peuple, revinrent à l'hôtel de Longueville, où ils rentrèrent au grand jour. Le coadjuteur recommanda à la duchesse de les maintenir dans de bonnes résolutions et courut chez M. d'Elbœuf. La défiance qu'inspirait le prince de Conti semblait lui imposer cette démarche. Il voulait proposer au prince de s'unir à M. de Conti et à M. de Longueville, mais M. d'Elbœuf était déjà parti pour le palais.

Il n'y avait pas de temps à perdre, ou plutôt il y avait déjà trop de temps de perdu. Le coadjuteur revint au grand galop de ses chevaux à l'hôtel de Longueville pour forcer MM. de Conti et de Longueville de se présenter à l'instant même au parlement. Mais M. de Conti se trouvait si fatigué qu'il s'était mis au lit. Quant à M. de Longueville, comme il ne se pressait jamais, il répondit qu'il avait le temps. Le coadjuteur

Pénétra alors jusqu'à la chambre du prince pour le faire lever; mais ce fut bien pis encore : le sommeil accablait, et l'on n'en pouvait rien tirer, sinon qu'il se sentait bien mal. Le coadjuteur était prêt à devenir fou en voyant que les gens pour lesquels il s'était donné tant de peine lui manquaient au moment où, après une si longue attente, il croyait les tenir enfin. Mais madame de Longueville monta à son tour chez son frère. Elle venait annoncer que la séance du parlement était levée et que M. le duc d'Elbœuf marchait ;i l'Hôtel de Ville, toujours suivi de ses trois fils, pour y prêter serment.

Il était trop tard, l'occasion était perdue : il fut convenu que M. le prince de Conti se présenterait au parlement dans la séance de l'après-midi. Le coadjuteur promit de venir le prendre, et voulant mettre à profit les quelques heures qui lui restaient, il s'occupa d'envoyer d'avance des gens à lui aux alentours du parlement pour y crier : Vive Conti I Quant à lui, il n'avait pas besoin de celte précaution ; il s'était aperçu qu'il était plus populaire que jamais.

Puis il écrivit à tous les capitaines de quartier pour leur annoncer que M. de Conti venait d'arriver et pour leur dire de bien assurer le peuple que celui-là seul était dans ses intérêts. Enfin il chargea son secrétaire, qui à l'occasion était poêle, de faire des couplets contre M. d'Elbœuf et ses enfants. Le coadjuteur connaissait ses ouailles et savait combien le ridicule avait de prise sur les Parisiens. Ces différentes occupations le conduisirent jusqu'à une heure de l'après-midi. C'était le moment indiqué pour qu'il vînt prendre le prince.

Cette fois le prince était prêt. 11 monta dans le carrosse du coadjuteur sans autre suite que celle du prélat, qui était au reste fort grande et se faisait reconnaître de loin. Ils arrivèrent les premiers et avant M. d'Elbœuf sur les marches du palais et descendirent de voiture. Les cris de : Vive le coadjuteur ! retentirent alors de tous côtés; mais ceux de : Vive le prince de Conti! furent si rares, que M. de Conti vil bien que les gens seuls appostés par lui avaient crié. Au bout d'un instant d'ailleurs tous ces cris furent couverts par une clameur immense : c'était le duc d'Elbœuf qui arrivait au milieu des hurlements de joie de la populace. Il était en outre suivi de toutes les gardes de la ville qui l'entouraient depuis le malin comme général. ,

En entrant, M. d'Elbœuf donna l'ordre aux gardes de se tenir à la porte de la grand' chambre. Le coadjuteur, qui craignait quelque entreprise contre le prince qu'il protégeait, se tint aussi à cette porte' avec ses gens à loi. M. de Conti s'avança alors vers le parlement qui venait de s'asseoir, et, d'une voix assez ferme : — Messieurs, dit-il, ayant connu à Saint-Germain les pernicieux conseils que l'on donnait à la reine, j'ai cru que j'étais obligé, en ma qualité de prince du sang, de m'y opposer, et je suis venu vous offrir mes services.

Mais alors M. d'Elbœuf s'avança. — Messieurs, dit-il à son lour, et avec le ton avantageux d'un joueur qui a la première manche, je sais lout le respect que je dois à M le prince de Conti, mais il me semble

qu'il arrive un peu tard. C'est moi qui ai rompu la glace, c'est moi qui me suis offert le premier à votre compagnie ; vous m'avez remis le bâton de général et je le garde.

Aussitôt le parlement qui, comme le peuple, était en défiance de M. de Conti, éclata en applaudissements. M. de Conti voulut parler de nouveau, mais un grand tumulte l'en empêcha. Le coadjuteur vit que ce n'était pas le moment d insister et que l'affaire pouvait devenir mauvaise pour le prince. Il le tira en arrière lui faisant signe de laisser le champ de bataille à M. d'Elboeuf. Celui-ci profita de la victoire, parla, pérora, promit monts et merveilles, et le parlement rendit un arrêt par lequel il défendait aux troupes royales d'approcher de Paris à la distance de vingt lieues. H. d'Elboeuf se relira en grand triomphe. jQuant à M. de Conti, il eut peine à sortir, et il fallut que le coadjuteur passât devant lui pour faire ouvrir la foule, qui lui était plutôt hostile que bienveillante. La partie semblait mal engagée, mais le coadjuteur ne se laissait point battre facilement. — « La popularité, cultivée et nourrie de longue main, ne manque jamais, dit-il lui-même, pour peu qu'elle ail eu le temps de germer, à étouffer ces fleurs minces ët naissantes de la bienveillance publique que le pur hasard lait quelquefois pousser, b II attendit donc avec assez de tranquillité le résultat des mesures qu'il avait prises. D'ailleurs le hasard le servit.

En rentrant chez madame de Longueville, le coadjuteur trouva un capitaine du régiment de Navarre, nommé Quineerot, qui l'attendait. Il venait de la part de madame de Lesdiguières et apportait la copie d'un billet écrit par M. d'Elboeuf à l'abbé de la Rivière, une heure après l'arrivée de M. le prince de Conti et de M. le duc de Longueville à Paris. Dans les circonstances présentes ce billet était un trésor.

Le voici !

o Dites â la reine et à Monsieur que ce diable de coadjuteur perd tout ici, et que dans deux jours je n'y aurai aucun pouvoir ; mais que, s'ils veulent me faire un bon parti, je leur témoignerai que je ne suis pas venu à Paris avec une si mauvaise intention qu'ils se le persuadent. »

Le coadjuteur ne prit que le temps de faire lire ce billet â madame de Longueville et au prince de Conti; puis il courut mystérieusement le montrer à tous ceux qu'il rencontrait, en leur demandant le secret, et cependant il laissait chacun en prendre copie; puis recommandait à celui à qui il venait d'accorder cette marque de confiance de n'en pas dire un mot. Ce qui lui donnait l'assurance que le soir même tout Paris le connaîtrait. Il rentra chez lui vers dix heures et trouva plus de cent cinquante lettres des curés et des officiers des quartiers. Les uns«avaient opéré sur leurs paroissiens, les autres sur leurs troupes. Les dispositions étaient excellentes pour le prince de Conti. Il ne s'agissait plus que de rendre M. (TEIbœuf ridicule, et il était perdu. C était l'affaire de Marigny qu'on avait chargé de composer le triolet. Voici comment il s'en était tiré :

Monsieur d'Elboeuf et sesenfanls Onl fait tous quatre des mervcUles, Ils sont pompeux cl triomphant*, Monsieur d'Elboeuf et m enfant».

On dira jusqu'à deux mille an*, Comme une choie sans pareilles.

Monsieur d'Elboeuf et sea enfants Ont fait tous quatre des merveilles.

C'était tout ce qu'il fallait. La Lk-haul le couplet par la ville, le coadjuteur était bien sûr que chacun ferait le sien à la suite. Il ne se trompait pas, comme nous le verrons bientôt. Il fut fait une centaine de copies de ce triolet que l'on éparpilla dans les rues et qu'on colla dans les carrefours.

Dans ce moment, on apprit que les troupes du roi s'étaient emparées de Charenton. M. d'Elboeuf avait été si occupé de se défendre lui-même, qu il n'avait pas songé a défendre Paris. Cette faute tombait mal au moment où circulaient les copies du billet que le duc avait écrit à la Rivière. Comme on le pense bien, le coadjuteur ne fut pas des derniers à tirer parti de cet événement, et à dire tout bas que ,si l'on cherchait une preuve que M. d'Elboeuf était d'accord avec la cour, cette preuve était toute trouvée.

A minuit, M de Longueville et le maréchal de la Motte-Iloudancourt vinrent prendre le coadjuteur, et tous trois se rendirenUchez M. de Bouillon, qui n'avait point encore paru en rien, et qui était au lit ayant la goutte. D'abord il hésita, mais, lorsque le coadjuteur lui eut expliqué son plan, il se rendit. Séance tenante, toute la journée du lendemain fut réglée, et chacun rentra chez soi.

Le lendemain, 11 janvier, à dix heures du matin, le prince de Conti, le duc son beau-frère et le coadjuteur sortirent de l'hôtel Longueville dans le plus beau carrosse de la duchesse; le coadjuteur étant a la portière pour qu'on le pût bien voir, et s'avancèrent vers le palais. Dès les premiers pas, on put reconnaître aux cris du peuple le changement qui, grâce aux soins des curés et des officiers des quartiers, s'était opéré depuis la veille. Les cris de vive M. le prince de Conti l retentissaient de tous côtés, et, comme on avait eu le soin de mettre l'air du triolet au-dessus des vers, on chantait déjà non-seulement le couplet qui avait été fait contre M. d'Elboeuf, mais encore les couplets suivants :

Monsieur d'Elboeuf et sea enfanta Font r.ij;>; à la place Royale ; Ils vont tous quatre piaffants, Monsieur d'Elboeuf et ses enfants.

Mais sitôt qu'il faut battre aux champs, Adieu leur huim ur martiale.

Monsieur d Elbirul et sea enfant* Font rage à la place Royale.

Vous et vos enfant», duc d'Elbauf.

<Jui loge» prés de U Bastille, Valci tout quatre autant que neuf.

Vous cl vos enfants, duc d'Elhaaif.

Ia rimai r qui votu mit au bœuf Mérite quelques coups d'étrillé.

Vous et vos enfants, duc d'Elbœuf, Qui logoj près de la Bastille.

Il faut bien qu'il soit contenté. Monsieur d'Elboeuf et sa famille, Vraiment il l'a bien mérité, Il faut bien qu'il soit contenté.

H nous a si bien assisté, Ou il n'est pas sorti de U ville; Il faut bien qu'il soit cont Monsieur d Elbœuf el sa I

Ainsi les poêles de carrefour n'avaient pas perdu de temps pour répondre au poète de l'archevêché, et pour reprocher à M. d'Elbœuf la prise de Cbarenton.

On arriva donc au milieu d'un cortège grossissant toujours, jusqu'au Palais-de-Justice. Là, M le prince de Conti se présenta de nouveau au parlement, et comme la veille fui offrit ses services. Puis vint le duc de Longueville qui, étant gouverneur de Normandie, s'approcha et offrit à la ville de Paris la coopération de (touen. de Cacn et de Dieppe, et au parlement l'appui de la province, ajoutant qu'il priait les chambres, pour sûreté de son engagement, de vouloir bien prendre pour otage à l'Hôtel de ville sa femme et l'enfant qu'elle allait mettre au monde. Cette proposition, qui prouvait ta bonne foi de celui qui la faisait, fut accueillie avec des cris d'enthousiasme.

En ce moment le duc de Bouillon entra appuyé sur deux gentilshommes, et, prenant place au-dessous du prince de Conti, avec M. de Longueville, il annonça au parlement qu'il venait lui offrir ses services et

3u'il servirait avec joie sous les ordres d'un aussi grand prince que l'était M. le prince de Conti. M. de ouillon passait pour un des premiers capitaines de l'époque. Son courage était hors de doute, sa sagesse était connue. Son discours Ht donc un grand effet. M. le duc d'Elbœuf crut alors qu'il était temps d'intervenir. H répéta son discours de la veille, disant qu'il ne rendrait son commandement qu'avec la vie. Mais en ce moment le coadjuleur frappa le dernier coup qu'il avait préparé.

Le maréchal de la Motte-Iloudancourt entra, alla se placer au-dessous de H. de Bouillon, et répéta, a peu de chose près, au parlement le discours que celui-ci venait de lui faire, c'est-à-dire qu il était prêt à servir avec M. de Bouillon sous les ordres du prince de Conti. Ce n'était pas un homme d'une grande capacité, mais c'était un excellent soldat; son nom était connu avec honneur dans la guerre, et faisait gloire au parti nour lequel il se déclarait. Son apparition et son discours achevèrent donc de faire pencher la balance en faveur du prince de Conli.

La première pensée du président Molé, qui au fond ne voulait pas de mal à la cour, fut de se servir de cette lutte alin d'affaiblir les deux factions l'une par l'autre; il proposa en conséquence de laisser la chose indécise pour cette séance et de la reprendre à la séance suivante. Mais le président de Mesme, qui avait plus longue vue que lui, se pencha vers lui et lui dit à l'oreille : — Vous vous moquez, monsieur, ils s'accommoderaient peut-être aux dépens de notre autorité; ne voyez-vous pas que M. d'Elbœuf est pris pour dupe, et que ces gcns-là sont les maîtres de Paris?

En même temps le président le Coigneux, qui était au coadjuleur, éleva la voix et dit : — Messieurs, il faut en finir avant de dîner, dussions-nous ne dîner qu'à minuit. Prenons ces messieurs en particulier et qu'ils nous fassent part de leurs intentions; nous verrons bien les mieux intentionnés pour l'Etat.

L'avis fut adopté. Le président le Coigneux fit entrer MM. de Conti et de Longueville dans une chambre, et MM. de Novion, de Bellièvrc et le duc d'Elbœuf dans l'autre Or Novion et de Bellièvrc, comme le président le Coigneux, étaient tout à M. le prince de Conti. Le coadjuleur jugea la situation d'un coup d'œil. Il vit qu'il n'avait plus besoin là, tandis qu'au contraire sa présence était utile ailleurs pour porter le dernier coup. Il s'élança hors du palais et courut prendre chez elles madame de Longueville et madame de Bouillon avec leurs enfants, et les mena à l'Hôtel de Ville. Le bruit de l'offre faite par M. de Longueville s'était déjà répandu, de sorte que cette marche fut un triomphe. Madame de Longueville, quoiqu'elle vint d'avoir la pelite vérole, était alors dans tout l'éclat de sa beauté; madame de Bouillon était encore belle; toutes deux arrivèrent au perron de l'Hôtel de Ville, qu'elles montèrent tenant leurs enfants entre leurs bras; puis, arrivées au dernier degré, elles se retournèrent vers la grève qui était pleine de peuple, depuis le pav* jusqu'aux toits, car toutes les fenêtres étaient encombrées, et montrant leurs enfants : — Parisiens, direntelle^tiMM. de Longueville et de Bouillon vous confient ce qu'ils ont de plus cher au monde, leurs femmes el leurs enfants!...

De grandes acclamations répondirent à cette parole. En même temps le coadjuleur, d'une fcnêlrc de l'Hôtel de Ville, jetait des poignées d'or au peuple. Dix mille livres y passèrent, mais aussi l'enthousiasme devint de la fureur. On jurait de se faire tuer pour le prince de Conti, le duc de Longueville el le duc de Bouillon. Les deux duchesses remercièrent, firent semblant d'essuyer des larmes de reconnaissance, et rentrèrent a l'Hôtel de Ville. Mais de si grands cris les y suivirent qu'elles furent forcées de se montrer aux fenêtres.

Le coadjuleur les laissa jouir de leur triomphe et courut au palais suivi de loul un monde de gens armés et désarmés, menant un tel bruit, qu'on eût dit qu'il conduisait Paris avec lui. Déjà il avait été précédé

loiïs xiv ït son siècle.

par le capitaine des gardes de H. le duc d'Elbœnf qui avait tout vu, 4out entendu, et qui. jugeant la partie en mauvaise voie, avait couru avertir son maître. Aussi le pauvre duc était-il tout découragé. Ce fut au reste bien autre chose lorsque le président Bellièvre ayant demandé au coadjuteur ce que c'était que tout ce bruit de tambours et de trompettes, celui-ci lui répondit en racontant avec les embellissements de son imagination et les Heurs de sa rhétorique ce qui venait de se passer à l'Hôtel de Ville, le duc d'Elbœuf comprit qu'il était perdu s'il essayait de résister plus longtemps. Il plia tout à coup et déclara qu'il était prêt, comme M. de Bouillon et M. de la Motte Houdancourt, à servir sous les ordres de M. deConti. En conséquence, tous trois furent déclarés lieutenants sous M. de Conli, nommé généralissime du parlement. Seulement, H. d'Elbœuf sollicita et obtint, en dédommagement des sacrifices qu'il faisait en résignant l'autorité souveraine, l'honneur de sommer la Bastille de se rendre; ce qui fut fait dans l'après-midi. La Bastille n'avait aucune intention de résister, et H. du Tremblay, son gouverneur, obtint la vie sauve et la permission d'emporter ses meubles sous trois jours.

Pendant que M. d'Elbœuf sommait la Bastille qui se rendait, le marquis de Noirmoutier, le marquis de la Boulaie et H. de Laigues faisaient, avec cinq cents cavaliers qui les avaient suivis, le coup de pistolet vers Charenton. Les Mazarins avaient voulu tenir, mais on les avait repoussés, de sorte que sur les sept heures du soir, tous ces beaux cavaliers, encore tout animés de la première fumée de la poudre, vinrent à l'Hôtel de Ville annoncer eux-mêmes leur avantage. Il y avait grande réunion autour de madame de Longueville et de madame de Bouillon, qui leur permirent d'entrer tout bottés et tout cuirassés. Alors ce fut un mélange singulier d'écharpes bleues, d'armes reluisantes, de bruits de violons retentissant dans l'Hôtel de Ville, et de trompettes sonnant sur la place. Tout cela donnait à cette guerre étrange un air de chevalerie qui n'existe que dans les romans; aussi Noirmoutier, qui était grand amateur de ï'Aslrée (1), ne put-il s empêcher de comparer madame de Longueville à Galatée, assiégée dans Marcilly par Lindamor.

Certes, c'était bien là. du moins pour le moment, la véritable cour, et le roi, la reine et le cardinal de Mazarin, isolés à Saint-Germain, habitant dans un château sans meubles et couchant sur de la paille, faisaient avec SIM. de Conti, de Longueville, de Bouillon, le coadjuteur et les deux duchesses, un singulier contraste.

Peut-être nous sommes-nous étendus un peu longuement sur ce mouvement populaire qui nous a paru curieux; mais nous aussi nous avons vu Pans en révolution, nous aussi nous avons vu une cour d'un instant à l'Hôtel de Ville, et nous nous sommes laissé entraîner à peindre un tableau qui, quoique de deux siècles en arrière, nous semblait encore actuel et presque vivant.

Comté se dfetare pour la cour. — Arrivée du duc de Beaufort à Paria. — Histoire dn jeune Tancrède de Rohsn — Mesures des Frondeur» — DLiiùmenl de la reine il Angleterre. — Le comte d Mm court. — Mis'inn qu'il reçoit. — Succès de* Parisiens. - La premier, aux CoTinMimj. — Mort du jeune Tajicrèdc. — Cond.' alt.ique et prend Charenton. — Affaire de Villejuh*. — Démarches pacifique* de la cour. — Négociation* particulière». — Traité général. - Fin du premier acte do la guerre civile — Révolution en Angleterre.

Conti et à madame de Longueville. Mais tout au contraire : il accourut, furieux contre son frère et contre sa sœur, et, prenant par la main un petit bossu qui mendiait à la porte du palais : — Tenez, madame, dit-il à la reine, voici le général des Parisiens. Il faisait allusion à son frère le prince de Conti. Cette saillie fit beaucoup rire la reine, et la gaieté du prince de Condé, la façon méprisante dont il parlait des rebelles, rassurèrent la cour. De leur côté, les Frondeurs répondaient par des couplets. Lorsqu'on sut à Pans celte colère du prince de Condé contre M. de Conti, et ses grands préparatifs de bataille, on fit aussitôt ce couplet :

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