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la porte Saint-Antoine, et enfin celle de sa femme, . qui devait arriver dans sa quarante-deuxième année. 3r, la pauvre femme commençait à avoir quelque espérance que pour cette fois son mari s était trompé, n'ayant plus que quelques jours pour accomplir cette quarante-deuxième année, lorsque, nous l'avons dit, elle se sentit mal et s'alila pour ne plus se relever. Son frère le cardinal l'assista à son lit de mort, et elle expira en lui recommandant ses deux dernières filles, Marie et Ilorteuse.
Quant à madame de Mercœur. elle venait d'accoucher fort heureusement, lorsque subitement elle eut la moitié du corps frappée de paralysie, et, du même coup, perdit la parole : son oncle d'abord ne fut point très-inquiet, les médecins ayant répondu de la malade; mais, comme il sortait d'un ballet où le roi avait dansé, on vint lui dire que sa nièce se trouvait beaucoup plus mal; il se jeta aussitôt dans un carrosse qu'il rencontra, et se fit conduire à 1 hôtel de Vendôme. Là, il trouva la pauvre duchesse qui se mourait, et qui, privée du mouvement et de la parole, ne put que lui sourire. Elle laissait au berceau le duc de Vendôme qui, quarante ans plus tard, devait sauver la monarchie de Louis XIV.
Sur la fin de ce même mois de décembre de l'année 1 656, Olympia Mancini, voyant que cet amour du roi. qui avait duré près de deux années, ne pouvait avoir pour elle aucun résultat avantageux, consentit a l'alliance qu'on lui proposait depuis quelque temps, et épousa le prince Eugène, fils du prince Tlionvis de Savoie, qui prit le nom de comte de Soissons. Madame de Carignan, sa mère, étant fille du fameux comte de Soissons et sœur du dernier comte de ce nom, qui l'avait laissée héritière en partie de cette illustre maison, laquelle est une branche de celle de Bourbon. Quant à elle, nous l'avons déjà dit, elle fut la mère de ce fameux prince Eugène qui mil la monarchie de Louis XIV à deux doigts de sa perte. L'année finit sur ces morts et sur ce mariage.
Pendant qu'il était à Compiêgne, le roi avait encore reçu une autre visite : c'était celle de son oncle Gaston d'Orléans, qui, en abandonnant ses amis comme d'habitude, s'était sournoisement raccommodé avec la cour. Le prince partit de son château de Blois, passa près de Paris sans y entrer, puis arriva aux )ortes de Compiêgne, où il rencontra le roi qui chassait. Après l'avoir salué, il se rendit chez la reine, mis chez le cardinal, qui. sous prétexte qu'il avait la goutte, n'élail point venu au-devant de lui. On lui il un excellent accueil, et il fut reçu comme si rien ne s'était passé. Après quelques jours, il quitta la cour, passa par Paris où il n'élail point entré depuis trois ans, et reprit le chemin de Blois, décidé cette fois à finir sa vie dans une obscurité dont il n'était jamais sorti qu'aux dépens de son honneur. C'était le dernier représentant de la guerre civile intérieure qui venait demander grâce, frayant le chemin du retour au prince de Coudé, qui ne devait point tarder à en faire autant