‹ Louis XIV et StrasbourgChapitre 3 sur 12 · AVANT-PROPOS. IX · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. IX

grand Roi, ainsi que ses prédécesseurs, en flagrant délit, ou supposé tel, de violence et d'arbitraire. Il y eût eu, à notre avis, de meilleures occasions à saisir pour montrer la supériorité de la France contemporaine sur celle du dix-septième siècle en matière de droit public et de générosité cosmopolite. L'inconvénient le moins contestable de cette sévérité était de fournir des armes à la polémique de calomniateurs fort malveillants en même temps qu'un aliment superflu à l'amertume d'esprit de bonnes gens que surexcitaient déjà suffisamment contre nous leurs propres concitoyens.

Ces réflexions s'adressent particulièrement à la brochure d'un avocat de Wissembourg, M. Coste, qui, en 1841, après avoir été admis à feuilleter quelques-uns des documents conservés à Paris, dans nos dépôts les mieux fermés alors, en publia une centaine sous le titre de Réunion de Strasbourg à la France (1). Ces documents, assez infidèlement reproduits parfois, ne corroboraient certes en aucune façon la légende accréditée tout d'abord avec une légèreté étourdie. Par malheur, M. Coste avait fait précéder ses copies ou ses analyses d'une préface étendue où, sans d'ailleurs rien alléguer de précisément injurieux contre la politique française, il semblait ne l'apprécier qu'avec une visible complaisance pour de vieux soupçons dont il ne rapportait pas la preuve. Il est possible que M. Coste n'en voulût secrètement qu'à Louis XIV ou à ses ministres. Il est certain en tout cas que deux ans plus tard VBistorisches Taschenbuch de M. de Raumer profitait ou abusait de ces communications pour en extraire la substance d'un article sérieux, mais fort dur, signé Scherer et intitulé : VerroAh Strassburgs an Franki'eich. C'est, à notre connaissance, le premier efî'ort, nous n'osons dire scientifique, mais du moins grave et raisonné, qui ait été fait en Allemagne pour acclimater définitivement dans l'histoire ce qui n'avait été jusque-là qu'une tradition plus ou

(1) Strasbourg, Heitz, 1841.

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