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LE COMTE DE BELLE-ISLE A, FRANCFORT

moins magnillque; le corps électoral des princes d'ÂlIemugne, si modeste, si simple, fuléhliiui, éclipsé par tant de grandeur. La heatité de ses équipages élait égale à celle des rois; il avait table ouverte de 80 couverts dans son hôtel; son argenterie valait'! ,500,000 livres; il avait 250 chevaux dans ses écuries et -150 valets pour le service seul de son intérieur; chaque jour des courriers partaient pour aller cherchera Paris les mets les plus somptueux, les plus délicats'; un service d'eslafelles était établi de manière qu'à chaque instant on pouvait recevoir des nouvelles de la diète et les instructions du cabinet de Versailles, Les choses en étaient à ce point que tout se faisait à Franc- Tort sous riulluence du fastueux comte de Belle-lsle; il était le modèle du goût, l'arbitre de la mode, pour tous ces électeurs un peu lourds; il négociait avec les uns et imposait sa volonté aux autres; sa correspondance, qui est un des plus curieux monuments de In diplomatie, aflirme déjîi que l'élection de Charles- Albert de Bavière est assurée; il écrit à Frédéric de Prusse, aux princes du saint empire; nulle activité ne peut se comparer à la sienne, car il suit en même temps le mouvement des troupes, il en concerte la

< Pour donner uoe id^e de I» dispense du comte de Belle-lsle « FrancforI, il suffira de dire qu'il partait chaque semaine de Paris deui Toitures chargées de provisïoDs pour Francfort, oii elles arrivaient ta très peu de jours, au moyen des relais disposés de dislance en

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niarcbe à Berlin, à Paris; à de Versailles, de Berlin et de le conile de Betie-lsle désire que ce plnn politique se résume avec plus de clarté. L'Allemagne aura un empereur, el cet empereur sera Charles-Albert de Bavière; la Silésie sera cédée à Frédéric ainsi que le comté de Glalz ; Marie-Thérèse restera reine de Hongrie; la Bavière s'engage à indemniser les élccleurs qui céderont les rives gauches du Rliin à la France. Ce plan se régularise par des traités successifs , et l'on ne béJ préoccupe plus que de leur exécution militaire. V

Quand donc on jette un regard sur la siluatinti des affaires depuis le traité de Vienne , on doit remarquer un changement notable dans les rapports respectifs des cabinets; lors de la signature des préliminaires de ^755, l'Angleterre a complètement agi de concert avec la France , elle l'a aidée dans sa giieiTe contre l'empereur Charles VI ; le comte de Walpoole a adhéré à l'établissement des Bourbons en Italie, à Naples; il ne s'est point opposé à l'agrandissement des frontières françaises par la Lorraine. Depuis, les choses ont changé , le mouvement d'opinion publique en Angleterre s'est prononcé contre l'Espagne, la

distance sur la route; ce qui du» peaJant près d'uo an que le maj nïclial séjourna dans celle ville. Comme tes Âllemitiids aiinen coup lu taille, il uvait fait entendre au cardinul de Fieury que d lu\e élail un des moyens les plus easenliels pour leur plaire el les g«-1

SITUATION DE L'rUROPE (174l}. 29

guerre a éclaté, et peut-être sera-t-il impossible de Tempêcher entre la ÎFrance et la Grande-Bretagne. La Prusse, qui dans les dernières hostilités avait conservé un caractère de neutralité pure, s'est prononcée dans cette circonstance pour le système de la France ; elle y trouve son agrandissement parla Silésie; Frédéric marchera s'il le faut sur un champ de bataille , comme auxiliaire du cabinet de Versailles. La Russie s'est absorbée dans les intérêts polonais, elle y cherche son lot; elle le trouvera complet. La Hollande n'a pu conserver son caractère de neutralité , elle penche pour l'Angleterre. La maison de Savoie boude la France , parce qu'elle l'accuse de l'avoir abandonnée dans la signature du traité de Vienne. L'Espagne, tout absorbée qu'elle puisse être par sa guerre maritime contre les Anglais, assiège Gibraltar et promet appui à la France, soit du côté des Pyrénées, soit du coté de l'Italie. En Allemagne, la Bavière a pris parti dans la querelle, ses drapeaux doivent protéger une expédition sur l'Inn et le Danube. La Suède est à la France par un traité de subside. La guerre va donc commencer avec une bonne situation diplomatique ; à mesure qu'elle se développe, cette situation deviendra de plus en plus caractérisée; jusqu'à présent, il y a quelque incertitude d:msles cabinets, ils n'osent se prononcer , ils dissimulent ; les uns gardent une prudente neutralité, les autres adressent des notes et se préparent à toutes les chances. Mais dès

rinstant que la guerre éclatera, lorsqu^il y aura des batailles livrées, des vainqueurs et des vaincus, alors chacun prendra sa place, car chacun voudra avoir son lot dans le partage et son profit dans la victoire.

CAMPAGNES DES FRANÇAtS (1741-1743.) 31

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