‹ Louis XV et la Societe du XVIII SiecleChapitre 9 sur 114 · NÉGOCIATIONS ALLEMANDES (1740-1741). Î · texte numérisé non relu

NÉGOCIATIONS ALLEMANDES (1740-1741). Î

prêts 50,000 hommes en Silésîe ; lui , avec 50,000 Bavarois et 40,000 Français, devait agir surTInn et le Danube. A IVtunich eonfime h Berlin, le comte de Belle-lsle, écouté avec une admiration universelle, demeura maître de la question; le Rhin lui fut promis en échange de la couronne impériale; tout se préparait par enchantement, et ce fut après avoir arrêté le plan de campagne qu'il se rendit à Francfort, afin de dominer les délibérations de la diète en la poussant vers l'élection de l'électeur de Bavière comme empereur, au détriment de Marie-Thérèse.

Francfort était toujours la vieille cité des empereurs élus et triomphants, comme Aix-la-Chapelle était le lieu de leur sépulture; réunir la dièle impériale tandis que Théritière naturelle, Marie-Thérèse, était appelée à la succession de Charles VI, c'était déjà un pas de fait contre la pragmatique sanction; les étecteurs ne voulaient pas complètement détrôner Marie-Thérèse , que tous les magnats entouraient de leur amour ; elle resterait reine de Hongrie, son pouvoir reviendrait à sa source, elle se retremperait dans cette nationalité; rien de plus simple, un empereuraU lemand serait élu par la diète allemande, et cet empereur serait où l'électeur de ÏBavière ou Télecteur de Cologne. Quant à la France , elle prenait Tengage-

des troupes du roi de France, par lettres patentes scellées le 2 août 1741.

l'il

ment formel de soutenir l'électeur de Bavière, e plus ferme et son fidèle allié. Comme indemnité d'un ' si puissant appui , on lui céderait les électorats de Cologne, de Moyence, les villes libres du Rhin , donl les possesseurs seraient Indemnisés en Bavière. Quel ma^ gnifique projet pour la France !

Le titre que reçut le comte de Belle-Isie en se ren-' dant h Francfort fut celui d'ambassadeur extraordinaire nuprè:^ de la dièle impériale. Un bnmmage qu'il fallait rendre à la diplomatie française depuis Henri IVjJ c'est qu'elle fut presque toujours beui'euse daus sel négociations; ceci tenait à la considération personnelle des ambassadeurs, à l'importance du noble pays de France et à la force que Louis X.1V avait imprimée partout à nos rapports avec l'étrangei". Ainsi l'on voit en Pologne rélecLion d'un roi obtenue par la Hîptomatie, et si ce roi ne se maintient (las sur le trône, ce n'est pas la faute des négociateurs, c'est è sa faiblesse qu'on doit l'attribuer; à Rome, pour les papes; à Francfort, pour les empereurs, les ambassadeurs tiennent le premier rang, ils sont écoutés, on suit leur avis; ilsparlent avec une fierté de langage qui étonne tous les esprits. Quelle empreinte n'a pas laissée l'ambassade du duc de Richelieu à Vienne ; on parla bien longtemps de ses équipages, de ses hauteurs envers l'ambassadeur d'Espagne, de ses profusions qui lui firent dépenser ^ ,700,000 livresen trois, mois. A Francfort, le comte de lîelle-lsie fut norf

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