CAMPAGNES DE BOHÊME, D'AUTRIGHE ET D'ITALIE
Les deux corps auxiliaires fraDçais.— Armée de Bohême. — Armée de Westphalie. — Les maréchaux de Broglie et de Maillebois. — L'électeur de Bavière généralissime. — Jonction des armées française, prussienne, bavaroise et saxonne. — Frédéric prend posses ' sion de la Silésie. — Siège et prise de Prague. — La reine de Hongrie Marie-Thérèse. — Levées en masse. — Composition de Tarmée austro -hongroise. — Enthousiasme pour Marie -Thérèse. — Ses alliances en Angleterre, en Hollande. — Défection du roi de Prusse. — Son traité particulier. — Situation difficile de Tarmée française. — Elle se retire dans Prague. — Siège de Prague par les Autrichiens. — Marche du maréchal de Maillebois pour délivrer les Français. — Admirable retraite. — Jonction des armées. — Situation de la campagne d'Allemagne. — Les Français en Italie. — Le prince de Conti. — Marche des Espagnols. — Apparition et menace d'une flotte anglaise dans la baie de Naples.
Le plan diplomatique du comte de Belle-Isle devait être soutenu par un déploiement de forces considérables ; ce n'était qu'à celte condition qu^on pouvait
espérer de vaincre la reine de Hongrie cl assurer la couronne impériale à l'électeur de Bavière. Dés (jiie M. de Bellc-lsle fut nccrédilé auprès de ta diète de Fruncforl, avec mission de faire élire un empereur, M. de Breleuil, ministre de la guerre, organisa les différents corps qui devaient agir en Âllemague , indépendamment d'une armée d'observation sur le Rhin pour défendre l'Alsace et s'emparer au besoin des cicclorats qui arrondissaient si bien la France. M. de Breteuil, d'après les instructions du conseil, organisa deux grandes armées qui devaientcommencer les lioslilités au centre Dit^me de l'Allemagne. La première de ces deux armées , qui se composai! de '90,000 hommes environ, sous les ordres du maréchal de Broglie , devait quitter le Rliin , traverser la Bavière par Ralisbunne, et se réunir enfin sur les frontières de Bohème aux trois armées prussienne, bavaroise et saxonne destinées ù agir de concert dans la guerre. On a vu que Louis XV, par déférence pour les alliés, avait déclaré par lettres patentes l'électeur de Bavière, Charles-Albert, généralissime des armées française, bavaroise et saxonne; quant au roi de Prusse, il agissait presque isolément; on pouvait apercevoir déjà son système égoïste, qui ne tendait il d'autres résultats qu'à la conquête pleine et entière de la Silésie. Aux premières propositions qui lui seraient faites par Marie-Thérèse ou pur l'Angleterre, Frédéric devait se séparer de la cause com-