ARMÉE D'ALLEMAGNE
mune et négocier en son particulier avec Tennenii. Il ne tenait pas plus à sa parole qu'à ses alliances.
La seconde armée sous les ordres du maréchal de Maillebois ^ devait se concentrer en Westphalie, avec mission d'abord de contenir les électeurs les moins favorables à la cause de Charles-Albert de Bavière; 40,000 hommes étaient là postés pour surveiller les Hanovriens , le territoire de Brunswick et tenir en respect les étals -généraux de Hollande et les Pays-Bas autrichiens. La guerre n'était pas encore déclarée par l'Angleterre ni par la Hollande; mais ces deux puissances devaient profiter de toutes les circonstances pour paraître sur un champ de bataille ; si nos soldats éprouvaient des revers, si quelques calamités venaient fondre sur nos armées, elles se précipiteraient pour fermer la retraite. Il y avait cela de remarquable dans le comte de Belle-lsle qu'à une hardiesse de plan incontestable il joignait une grande prudence ; il voulait que rien ne fût hasardé dans l'accomplissement de sa pensée militaire, et une armée d'observation entrait ainsi dans ses projets pour contenir TEurope. En commençant la campagne, les for-
^ Jean-Baptiste-François Desmarets, marquis de Maiilebois, fils de Nicolas Desmarets et petit-fils du grand Colbert, était né à Paris en 1G82; il fut à 21 ans colonel du régiment de Touraine; en 1708, après le siège de Lille, brigadier, et en 1731 lieutenant général. Il venait d'être créé maréchal en 1741.