MARIE-THÉRÈSE. — LES HONGROIS
tement ; les Hongrois étaient de bonnes troupes ; avec toute la force de la discipline européenne, ils avaient emprunté à leur voisinage des Turcs quelque chose de tartare et de hardi ; on voyait entrer en ligne, de concert avec les Autrichiens, des troupes nouvelles avec lesquelles les soldats français n'avaient jamais croisé Tépée, les Pandours, fils des Slavons, nés aux bords de la Savé et de la Drave ; leurs vêtements étaient longs, leur armure formidable; ils portaient la cara-' bine, des pistolets à la ceinture, un sabre et un poi» gnard ; les Talpacks formaient Tinfanterie hongroise lourdement armée; les Croates, cavalerie intrépide ou infanterie légère, étaient propres surtoutà la guerre des montagnes ; enfin, les hussards, au costume presque oriental, paraissaient aux avant-postes, montée sur de petits chevaux alertes; ils caracolaient autour des grandes armées pour les harceler; Tinfantericau* trichienne était bonne, la cavalerie hongroise du premier ordre ; on distinguait les grenadiers à leurs hauts bonnets en poil d'ours, dépouille des forêts. Mais ce qui faisait remarquer surtout Tarmée loyalement groupée autour de Marie-Thérèse, c'était la multitude de troupes irrégulières, les partisans que commandait Trenck \ Mendzel , hommes intrépides et
* François, baron de Trenck, était né à Reggio, en Calabre, le ler janvier 171 1 . A seize ans, il fut nommé officier dans le régiment de Palfy. En 1738, à la suite d'une mauvaise affaire, il entra comme
dâvoucs, implacabtes pour les ennemis; dans les guerres nationales, les partisans sonl les plus lerribles soldats, parce qu'ils sont eomnie le pays entier levé ; Ils en ont le dévouement et l'oneryie. Nul ne pouvait se comparer à ce terrible François , baron de Trenck , qui commandait les Pandours dans l'armée de Marie- Tliérèse ; c'était l'image du seigneur féodal aux montagnes du Rhin; sa taille était de plus de six pieds, sa force si extraordinaire, que d'un seul coup de poing il abattait un bœuf, il coupait deux tètes d'un seul coup de sabre, et sa joie était de s'exercer à ce terrible jeu. Les généraux de l'année de Marie-Tbérèse étaient l'arcbiduc Cbarles de Lorraine et l'babile Kœnisgseck , un des tacticiens les plus remarqués par le cbevulier de Follard, que nous avons vus déjà combattre dans la précédente guerre contre les armées françaises.
 ces forces, puisées dans sa propre nationalité , Marîe-Tliérèse avait eu l'babileté de joindre des alliances considérables en Europe '; sî ses a (liés n'étaient
capitaine dans uo rég:tinent de Lussards que la Russie formuit sur le» fronticrcs de la Hongrie ; il eombaUit coDlre les Turcs, el le e^nérul Munich le iiamuia mnjor dans le réQ;jiaeitt Uriow, dragons. Ayant donné un soufllelà son colonel, il Fut condamna à mort, mais cctic peine fut commuée par six moia de travaux (orcës dans la forteresse de Kiow. En sortant de iirison, il revint dans ses terres sur les (routières de la Slavonie et de la Turquie, et c'est la lu'il organisa la cavalerie légiïre connue sous le nom de Pandours. < Le premier acte d'administration de IVlurie-Tliércse fut d'asso-