ALLIANCE DE M*RIE-THERÉSE
point eucore déclarés ostensiblement pour elle en se jetant dans une guerre ouverte et persévérante , ils la favorisaient secrètement et avec une grande énergie de moyens. La Russie , agitée dans les révolutions de palais , venait néanmoins d'organiser sa force de gouvernement. Là aussi une femme, une jeune souveraine , s'adressait aux soldats pour annoncer ses droits et saisir la couronne de czar ; la czarinc Elisabeth , si fière elle-même, devait naturellement donner ses sympathies à Marie-Thérèse, sublime de dévouemenl et d'énergie. Deux femmes , deux impératrices , se trouvaient dans la mâme position , dans les mêmes périls , avec les mêmes devoirs et les mêmes espérances, ne devaient-elles pas se tendre la main par une irrésistible sympatbie '? En Angleterre, un ministère de patriotes énergique brisait violemment le système liniidc du comte de Walpoolc; il échappait à peine à une accusation parlementaire qui le dénonçait comme ayant trahi le pays, et alors s'organisait te ministère de lord Carteret, Tennemi déclaré de la France. Une réaction d'opinion publique poussait invinciblement à
cier le grand-duc de Toscane, Eon époui, au gouvernetncnt de ses élaUj sous ie noui de co-régent, par ud diplôme enregistré dans Tous les tribuDau.t de l'arebiduelid d'Autriche, cl successivemeDl dans ceux de ses aulres royaumes,
' ■ Le 6 déecmbre nil, la princesse Elisabeth Pétrowna, liile du ctar Pierre, moule sur le Irônc de Russie par une résolution aussi subite que singuliÈre. CeUe princesse, animée par sou courage, con-
la guerre; le nouveau cabinet, produil de celte réac^ tion belliqueuse, en favorisait le développement. Il se fit en Anglelene un emprunt [)ublic pour la reine de Hongrie : la ducbesse de Malborougli se pi-oclamant l'amie, l'admiratrice de Marie-Tbcrèse , exalta pour elle l'orgueil national; dans une réunion de ricbes ladies chez la duchesse, toutes se dépouillèrent de leurs pierreries pour les offrir à cette noble femme (]ui tirait l'épéej la duchesse de Malboruugti lui oilrit 800,000 livres sterling. Et la haine pour la France devint puissaute à ce point, que les élals-généraus de Hollande, si parcimonieux, firentoffre d'un emprunt de 3,000,000 de ducats à Marie-Thérèse, tant ils croignaicntracci'oisbementconlinental de la maison de Bourbon I D'une main ils signaient un traité de neutralité et de commerce avec le marquis de Fénelon', l'habile ambassadeur à La Haye, et ils offraient de l'autre à Marie-Thérèse des tonnes de florins. S'ils
duite seulement par sept grenndiers du régiioeDt des gardes doDt elle s'était assurée, se transporte à miDuil aux casernes de ce régiment, y trouve cent cinquante gardes, leur eiposc en peu de mots ses droits et les malheurs présents de l'ébt , les détermine en sa faveur, relournc avec ci^tte escorte au palais, fait arr^er dans Iç cours de la nuit le jeune czar, le prince et la princesse Brunswick- Bevcrn, les comtes de Munich et d'Osterman et tous les antres ministres et partisans; clic est reconnue le lendemain czarine et im^ pératrice de Russie par les ordres Je l'étal, sans avoir fait répandre une seule goutte de sang- "
' GabricWacques de Salignac, marquis de fénclon, neveu de
ALLIANCE DE MARIB-TUËRÈSE (1741). 39
n^avaient été contenus par la présence de Tannée de Westphalie , ils auraient armé pour la reine de Hongrie ; mais ils savaient que les instructions du maréchal de Maillebois étaient de ton^ber sans quartier sur tous les ennemis qui se déclareraient pour Marie- Thérèse, et quMl ne ménagerait pas les Hollandais euxmêmes.
La campagne s'ouvrait ainsi avec des éléments de guerre générale prêts à éclater. L'armée de Bohême, sous le maréchal de Broglie, avait exécuté le plan de campagne avec une grande précision ; elle s'étaitréunie en Bavière sous les ordres de Téleçteur généralissime; cette armée de Français se composait de régiments d*élite sous des officiers de distinction. Le comte Maurice de Saxe, cette existence aventureuse, ce gentilhomme d'amour et de valeur, aussi renommé a TOpéra que dans les batailles, en commandait une division. On y comptait les lieutenants généraux d'Aubigné, de Boufflers \ de Tessé, de Clermpnt^, et le duc de Biron qui commandait une brigade de grenadiers. Là
Tarchevêque de Cambrai , était chevalier des ordres et lieutenant général.
^ Joseph-Afarie, duc de Boufflers, fils du maréchal de ce nom, était né en 1706 ; il fut en 1720 colonel d'un régiment d'infanterie, à trente-quatre ans maréchal de camp et bientôt lieutenant général.
* Louis de Bourbon-Condé , comte de Clermont, né le 1 5 juiQ 1709, embrassa dès sa plus tendre jeunesse la çarrièrie ecclésiastique,
comni dirait à se montrer déjà un brave i simple chef de bataillon du régiment de Beoune, du nom dcChevept *. Le premier toujours à l'assaut, intrépide aux batailles, Cbevcrt conquit dans celle campagne le titre de maréchal-de-camp et le cordon rouge; fils de roture, il avait besoin de se faire remarquer parmi les genlilsliommes. L'armée française s'avançant avec sécurité à Donawerlh passa le Danube sur des milliers de barques préparées par l'électeur généralissime. Le 2 décembre, les Français sont à Fassaw, la clef de l'Autriche. La campagne commence avec éclat, le Danube est franchi; les avant-postes de Liniz menacent Vienne. Les alliés entrent eu Bohème pour s'emparer d'une grande position ; Prague va devenir le centre de toutes les opérations de la campagne, le rendez-vous de toute l'armée alliée; les Prussiens viennent joindre les Français et les Bavarois ; mais la gloire du siège restait tout entière à rintrépidilé des soldats de France. Nos troupes emportent Prague d'assaut pendant une nuit orageuse ; c'est Cheverl qui, à la tête des grenadiers, s'est élancé i premier sur les murailles, c'est l'homme de sangfroid et d'iatréptdité. On citait de lui des mots bé-
1 )T33 le (lape lui accorda une dispcii l'armée tout ea coDservaot ses bénéfices.
' François Chevert, aé k Verdun-sur-Meusi pirlit h orne ans dans le régimeut de Car
le îl Wvrier 1606.
leau et servit dam