CAMPAGNE DE BOHÊME
roïques; il dit à un sergent : a Ecoute bien, tu monteras par là, » et il lui désignait Tangle d'un bastion ; <( en approchant, du haut du rempart on te criera : qui vive 1 tu ne répondras rien ; on te criera qne seconde fois, une troisième, tu ne répondras rien encore; on tirera sur toi , on te manquera; tu frapperas la sentinelle, et j'arrive alors pour te secourir. » Prague fut donc enlevé d'assaut et devint le centre de toutes les opérations de la campagne ; Frédéric est en Moravie, la Bohème salue l'empereur Charles-Albert, élu par la diète de Francfort ; mais au moment où on allait s'emparer de Vienne, lorsque les avant-postès dépassaient Lintz pour se porter à Pabbaye de Meik, une perfide défection vint compromettre tout le sort de la campagne ; elle fut annoncée par un mouvement des Hongrois et des Autrichiens sur toute la ligne , et la reine Marie-Thérèse prit l'offensive contre les Français.
Rien de plus égoïste, de plus personnel que ce caractère de Frédéric II, tant loué par les philosophes du xviii® siècle ; il n'avait d'autre principe que ses intérêts, d'autre guide que l'agrandissement de ses états; Frédéric envahissant la Silésie dès le printemps de ^744 avait remporté un premier avantage sur les Au-
ce régiment jusqu^en 1710, où il obtint une sous-lieutenance dans le Tégiment de Beauue. H était en 1741 lieutenant-colonel, et la même année il fut nommé brigadier.
trichiens, grâce h la puissance de l'infanterie organisera par son père ; mais à Mollewisch il se montra sani bravoure , il fuit dès que sa cavalerie fut en déroute |;] le général Schewerin fut le véritable vainqueur; à*^ Czasiaw, Frédéric se montra plus brave; les Autrichiens furent encore brisés , et la Silésie devint le pris de la victoire'. C'est alors qu'aurnéprîsdesesengagemenls avec la France il négocie avec la reine de Hongrie; peu lui importe de laisser aus prises avec mille difCcultés l'armée française, qui marche en vertu des traités d'alliance; la foi des engagements lui tient peu ii cœur; l'Angleterre vient de lui envoyer lord Hindiort pour s'entendre avec lui et se poser en médiatrice ; Frédéric veut la Silésie, et on va la lui céder à titre légitime, car la reine de Hongrie ne t^ait aucune difQciilté pour la réunion de celle province à la Prusse. Frédéric écoute les propositions de l'Angleterre, et il s'engage à garder une neutralité armée en même temps qu'il prépare la défection des troupes saxonnes; il donne
' Après M victaice de Czaslow (17 mai I74Ï), Frédéric II avait écrit nu marëchnl de Broglie une IcUre assez haute , où il avait ajouté celte apostille de sa main : ti Je suis quiUe envers mes alliés, car mes troupes viennent de remporter une victoire complète. C'est à vous à en profiter incessamment, sans quoi vous pourrez en être responsable envers vos alliés, u Le comte de Belle-Isle, alarmé de la lettre du roi de Prusse au maréchal de Broglie, va trouver (7 juin 174!) Frédéric II dans son camp pour le raffermir. ., S. M. lui répondit : « Je vous avertis que le prince Cliarles s'av