‹ Louis XV et la Societe du XVIII SiecleChapitre 25 sur 114 · DISGRACE DE MADEMOISELLE DE MAILLY · texte numérisé non relu

DISGRACE DE MADEMOISELLE DE MAILLY

autant celle-là étaii forte et énergique; c'est une cliasc curieuse à remarquer que presque toujours, dans la marclio des temps, il apparaît un caractère en ra]}port tivec les situetionsj sous le cardinal de Fleury, quand tout esta la mollesse , madame de Mailly [gouverne le caractère du roi. Maintenant voici la guerre qui éclate, il faut au prince un caractère de résolution , et tout à coup surgit une femme allière et impétueuse elle-même , la marquise de Tournelle , lu sœur cadette de madame de Mailly et comme elle issue du sang des Neslej le roi la vit et s'en éprit vivement; elle se tint en réserve avec une intelligente coquetterie; le roi la désira avec ivresse et négocia son amour par l'entremise du duc de Richelieu; elle céda enfin à ses instances et reçut en gage le titre de ducliesse de Cb^teauroux, la disgrâce publique de sa sœur et le litre ostensible de favorite à Versailles'. Dès ce moment la vie du roi change; ce n'est plus celte tiède ivresse de Clioisy, comme si on l'abreu-

' Marie-Anne de Neale avait épousé en 1734 le marquis delà Toiir- Dellc. Voici les lellrcs palenlei qoi constituent le duehé de Cbâteau-

a Louis, parla grice de Dieu, etc... Le droit de conférer des titres d'honneur et de dignité étant un des plus sublimes attributs du pouvoir suprême, les rois nos prédécesseurs noua ont laissé divers uoDumcnts de l'usage qu'ilx en ont (ait en faveur des personnes dont ils ont voulu illustrer les vertus et le mérite, etc. Considérant que notre très chère et bicn-aimée cousine Marianne de Mailly, veuve du siour marquis de h Tournelle, est issue d'une des plus grandes familles de notre royaume, alliée à la notre et aux plus a

vuil d'opium à longs Irails; la ducliesse de Cliâteai roux donoe de l'énergie au roi ; la noblesse qui Vei] lourc l'a|)[)elle l'Agnès Sorel desliuce à réveiller !e nouveau Charles VII ; elle devient le symbole du parti belliqueux et sait inspirer au roi les plus fortes résolutions. Tous les départements ministériels prennent une nouvelle impulsion de guerre; uue autre vie commence. Madame de Mailly passe de l'existence de cour à la retraite résignée ; c'est la femme de plaisir qui court de l'ivresse au repenlir. Il n'y a rien de semblable chez la duchesse de CbMeauroux ; elle pourra mourir vivement éprouvée par la disgrilce. mais pour des pleurs elle n'en versera pas; elle suivra, s'il le faut, le roi jusque sous la tente; c'est une noble femme, môme dans sa faiblesse; c'estune maîtresse si l'on veut, mais qui conserve la fierté de son nom.

Toutes ces intrigues de course faisaient en dehor du sanctuaire de la famille royale. Que de résignation dans celle Marie Leczinska , reine délaissée au milieu

l'Europe; que ses aocêlres ont rendu depuis plusieurs siècles de grands et importanls services à notre couroone, etc. Nous avons ju)rë à propos de lui donner, par notre brevet du 2(1 octobre dernier, le ducjié-pairie de Châteauroui, ses appartenances et dépendances, sis enBcrry, que nous avons de noire 1res cher cllrts uimé cdusId Louis de Bourbon , comte de Cleroionl , prince de notre sang. Et nous avons recommandé par ledit bre^'el qu'il [Al eipédië à notre dite cousine toutes les lettres sur ce nécessaires; en conséquence duquel brevet, elle a pris le litre de duchesse de Cbfiteaurout et jouit en cour des h onueun attachés à ce titre.»

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