‹ Louis XV et la Societe du XVIII SiecleChapitre 28 sur 114 · Klrepoii, Noié le HemarJ épouienl les (lllef · texte numérisé non relu

Klrepoii, Noié le HemarJ épouienl les (lllef

82 LOUtS XV.

les costumes. Celte manie d'Orient se révèle au ihéStre; Voltaire donne coup sur coup trois tragédies: Zaïre d'abord, où apparaît Orosmane, copié sans doute sur Zaïd-Effendi que Lekain imitait dans son costume ; Zultme ensuite: ici la scène se passe eD Afrique et le langage est toujours musulman; puis vient Mahomet , expression du fanatisme oriental ; on n^aurait pas osé aller au delà, Âiusi chaque époque a ses manies, chaque littérature son type : Montesquieu le premier, avec les ieffres persanes, avait mis l'Orient à la mode ; on ne parla plus que de sérail, de Zulime, de Fatime , de Zaïre , de Bagdad , de Constant! nople, de la Syrie : comme un peu plus tard on se lit cliinois, et l'on ne célébra plus que Confucius que nul ne comprenait. Le séjour de Zaïd-Effendi à Paris fut très long; on visitait son bôtel par curiosité , les Parisiens ébahis cherchaient à se pénétrer de ses coutumes, à contrôler ses repas dans lesquels il ne se gênait pas pour le vin ; les bourgeois vécurent en bonne intimité arec la suite de M. l'ambassadeur.

La vie de gentilhomme était à Versailles tout outre que celle de la bourgeoisie à l'aris , et il n'y avait entre ces deux existences aucune similitude; les gentilshommes dépensaient leur vie dans les plaisirs , les grandes distractions, la guerre surtout; si quelques uns étudiaient déjà , s'ils se faisaient surtout les protecteurs des lettres et des arts, le plus grand nombre ne s'occupaient que de distractions, de fêles, d'opéra

Page 1