‹ Louis XV et la Societe du XVIII SiecleChapitre 44 sur 114 · DOULEUR DU PEUPLE · texte numérisé non relu

DOULEUR DU PEUPLE

des dernières volontés du roi; c'était uu triomphe qu'on n'osait i&pérer sitôt. Au milieu des triste apprêts de l'agonie royale, on tournait déjà les yeux vers M. le dauphin; un astre tombé, un nouVeau soleil n'allait-il pas se lever sur l'horizon? Les courlisans, comme les mages, rattendaieiilpour le saluer.

A Paris, la douleur était plus noble, plus désintéressée comme tout ce qui vient du peuple ; la bourg<>oisie aimait le roi; on le voyait jeune encore succomber à il) fatigue au moment mètne où , à la tôle (les armées, il préservait les frontières d'une invasion (le rcnnemi ; c'était pour la France qu'il mourait , et ci'iu jetait de l'intérêt sur celte tète précieuse. On fit partout des prières, les chilsses de saiiile Geneviève furent exposées ; ce n'était pas seulement un deuil municipal, mais une de ces douleurs individuelles qui tiennent comme au foyer de la famille. On priait pour le roi comme pour un parent; cette tendre manifestation favorisait le parti du dauphin et de la reine; on disait secrètement que M. de Chàtillon,

lommtB un peu plu£ tranquilles; s'il pa&sebien lu nuit on le regarde utrunii! sauvé. Taule la ville est en douleur et en prières, u

M. de SuisEona dit au roi : ■ Sire, Votre Majesté m'a toujours ntarquÉ bien des bontés; je m'en rendrais indigne si je ae lui faisais *aes représentations et si je ne l'avertissais qu'elle doit profiler du inomcnt de saule dont elle jouit pour rentrer en elte-uiènic : ■ Il ; K vingt-deux ans que j'ai fait ma première commuuisn, dit le roi, bieu veuille que ce «oit 1h dernière 1 Je uis qu'il n'est pas per-

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tilbomme de la cbambre du daupbîl

premier

se précipitant aux genoux de son maître, l'avait roi. On était avide de pouvoir; c'était une sorte de rajeunissement de toutes les ambitions, depuis longtemps impatientes de se montrer sous un nouveau règne; on exagérait la maladie du roi, et quand on sut que le daupbin et la reine se rendaient à Metz, on ne douta plus que le pouvoir n'eût détinitivement quitté Louis XV pour passer dans de nouvelles mains, et le pouvoir avec toutes ses faveu

Cependant ce qui était vraisemblable arriva; cel maladie, qu'on disait mortelle, trouva presque ini pinément sa gucrison ; il ne fallait pour l'achever que ce qu'on appelait une évacuation salutaire. L'ambition s'était agitée autour de ce lit; on avait voulu perdre la ducbessede Gbâteauroux et le duc de Ri~ clielieu, et on y avait réussi. Le roi entré en pleine convalescence, on l'entoura tellement de soins et de nouvelles idées qu'il ne parla plus de la douce voix qui avait distrait ses ennuis et du gentilhomme qi

mis Je se soufaBÏter la mort ; mais si j'avais quelque chose à demander à Dieu, à présent, c'est de me retirer de ce monde et de donner à ce royaume quelqu'un qui le gouverne mieiii que moi. Qu'un roi qui va paraître devant Dieu a des comptes à lui rendre! Que ce passaj]:e estterriblel

On ne peut dire le nombre de brochures qui furent publiées snt la maladie du roi :

Leilre lur la ntaliidie du roi, 1741, in-S.

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