‹ Louis XV et la Societe du XVIII SiecleChapitre 54 sur 114 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

CHANGEMENT DANS LA SITUATION DIPLOMATIQUE; CAM- PAGNE ET BATAILLE DE FONTENOY.

%ort de Charles-Albert, élu empereur. — Défection de la Bavière.

— Nouvelle trahison du roi de Prusse. — Enlèvement du maréchal de Belle- Isle. — La Saxe et la Pologne dans la coalition. — La Hollande se décide contre la France.-— Forces des coalisés. —« Système adopté par la France. — Défensif en Allemagne et en Italie. — Offensif en Flandre. — Forces de Tarmée française. — Formation des grenadiers et de la milice d'élite. — Siège de Tournay. -— Le roi et le dauphin sous la tente. — Marche des alliés. — Le champ de bataille de Fontenoy. — La veille des armes.

— Le matin de la bataille.-— Préparatifs du maréchal de Saxe. — ^Attaque des Anglais. — Première canonnade. — Défense des villages de Fontenoy et d'Antoin. — Offensive des gardes françaises et suisses. — Rencontre des gardes anglaises. — Confusion dans l'armée française. — La colonne anglaise. — Charge des carabiniers et des cuirassiers. — Admirable feu de TartiUerie. — La colonne anglaise brisée. — Le champ de bataille le soir à Fontenoy.

Janvier à juin 1743.

Uq des caractères saillants de la situation diploma- ^i<]ue depuis que Frédéric II avait paru sur la scène, ^^^tait ces brusques changements de position qui

modifiaient incessamment les rapports politiqoesd^étati k états, les intimités et les alliances ; dans cette guerre, il y eut d^étranges jeux de fortune : des cabinets se décidaient pour une cause avec une certaine fermeté et se tournaient ensuite vers une autre, et dans cette mobilité, on ne pouvait plus reconnaître et définir les véritables intérêts de TEurope. Cest qu^aa fond il nV avait que quatre grands états en lutte : TÂutricbe unie è l'Angleterre, la France unie à TEspagne dans les destinées communes de la maison de Bourbon; ce qui s'agitait autour de ces quatre états n^avait plos que le caractère d'auxiliaires qui se déterminaient selon les accidents de la guerre et la force respective des années, et au dessus de ces intérêts secondaires le cabinet de Berlin qui se dessinait pour le mieux de sa politique avec une franchise d'^oisme remarquable. L'électeur de Bavière, élevé à Tempire sous le nom de Charles Yll, venait de succomber à d^affreuses souffrances*; il avait vu sa fortune grandir ou s^abais^ ser tour à tour; empereur aux portes de Vienne, puis proscrit et errant, n'ayant plus pour lui ni Munich, ni Âugsbourg, ses capitales. Il mourut donc, et par cet événement la guerre d'Allemagne perdait de son importance; n'était-ce pas pour soutenir ses droits que la France s'était armée? Lui, une fois mort 9 qu'avait'On besoin d'appuyer un nouvel empereur^

' Cluurlcs-AU>ert mourut à Munich le 20 janvier 1745.

Page 1