‹ Louis XV et la Societe du XVIII SiecleChapitre 55 sur 114 · ÉLÉMENTS DE LA COALITION · texte numérisé non relu

ÉLÉMENTS DE LA COALITION

et pourquoi ne pas reconnaître comme impératrice Marie-Thérèse, la reine de Hongrie^? Cela eût été possible et juste ; mais les idées étant puissamment à la guerre, ce n'était plus seulement la querelle pour Télection à Tempire qui mettait les armes aux mains de r Autriche et de l'Angleterre contre la France ^ , mais les antiques et implacables rivalités contre la maison de Bourbon ; on marchait pour combattre le système d'influence absorbante du cabinet de Versail- 'es, la vieille pensée de Louis XIV. Toutes les fois qu'il s'était élevé en France un homme de génie, une ^dée forte , un grand dessein d'ambition , l'Europe s'était toujours coalisée pour les combattre et les abaisser. Ainsi la question de l'empire n'était plus ?u^ accessoire, et la coalition marchait à ses desseins d'amoindrissement contre notre puissante nationalité, ^près la mort de Charles Vil, la Bavière eut à réfléchir si sa position était tenable vis-à-vis l'Autriche ^**Kiiée; le nouvel électeur Maximilien n'avait pas les ^^sseins vastes et étendus de Charles VIP; presque ^^^fant encore, il exposait par l'alliance française son él^ctorat à toutes les forces de l'Autriche, qui convoitait la Bavière avec la même ardeur que la Prusse

^ En 1744, TAngleterre avait dépensé pour la reine de Hongrie ^ millions de livres sterling en subsides.

I-e maréchal de SeckendorfiF écrivait, le 24 mars 1746, au maré- ^*ial bavarois Torring : « Les heureux succès dont on se flatte sur le "^^-hin ne sauveront pas la Bavière , et il faut que ce pays soit prédes-

désirait la Silésie et la Saxe. L'électear de Bavière comptait comme auxiliaires de braves r^ments fran* çais qui occupaient ses places fortes par suite des traités. Dans la situation nouvelle, lutter contre les Autrichiens, les Hanovriens et les Anglais coalisés, c'était s^ exposer k voir son électorat eoyabi et Ino^ celé. Déjà sa fidélité à la France avait été ébranlée dans la dernière campagne ; les Bavarois, dans la dé* fense du Rbin et de TAlsace, n^avaient montré sDcun déTOuement à la cause commune; si Tinterventioa loyale de Tempereur Charles -Albert avait empêché une défection complète à la France, depuis Favéneroent de Maximilien , les intérêts n^étaient plus les mêmes ; les motifs de fidélité n^existaient plus. Les agents diplomatiques à Munich durent s^apercevoir que la Bavière se rapprochait de TAutriche ; les dépêches du ministre de France, M. de Chavigni, indiquent les péripéties de cette négociation ; « on doit, écrit-il, se préparer à la neutralité malveillante oa même aux hostilités de la Bavière, car elle arrivera infailliblement avec la coalition sur le Rhin.» A Versailles on s'y attendait; dans le plan militaire de M. de BelJe-Isle, cette défection des Bavarois était prévue, et les hommes du métier ne la voyaient pas tous avec la même inquiétude, car, en guerre comme en diplomatie, mieux vaut souvent un ennemi déclaré

tiné à être ruiné totalement, si on ne trouve pas un accommodemeot tel qu'il puisse être. »

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