BATAILLE DE FONTENOY (11 MAI
les Anglais s'engager dans le ravin où les attendait le régiment du roi. La fougue française l'emporte; les gardes marchent au devant des Anglais^ ils n'en sont plus qu'à cinquante pas; les officiers peuvent échanger des paroles et lesalutde leurs épées.
A ta tète de la colonne est le beau régiment écos- •lis de Campbell, avec son costume national et ses bonnes cisymores ; ensuite, le régiment bleu des gardes ; leurs ofûciers poitent de beaux noms : de Campbell , d'Albermalc, de Churchill, enfant d'amour du duc de Malborough. Les régiments français avaient pour guides aussi de nobles noms : Biron, Chabannes, Turenne, Roban ; et quand ces brillants gentilshommes se virentà quelques pas les uns des autres, avec nae galanterie chevaleresque les officiers et gardes anglaises saluèrent en ôtant leurs chapeaux; tous les officiers des gardes-françaises leur rendirent leur salut militaire; lurd Charles Bay , capitaine aux gardes anglaises, dit alors d'une voix forte : « Messieurs les
eicellenta surtout quand ils marcbeot contre des Anglais et Hanovriens, Vutre acoi M. de Klclielicu est ud vrai Buynrd ; c'est lui qui il dooné le conseil et qui l'a exécuté de marcher à rinFunlerie comme des chasseurs ou comme des fourrageun, ptle-mèle, la main baissée, le bras raccourci, inaitres, valets, officiers, cavaliers, infan- Urie, tout ensemble. Cette vivacité française dont on parle tant, rien ne lui résiste; ce fut l'affaire de dii minutes que de gagner la bataille avec cette botte secrète. Les gros bataillons anglais tournèrent e dos, et pour vous le faire court, on a tué 1 4,000 hommes. ■ Il est vrai que le canon a eu l'hooneur de cette affreuse bou-
gardes-françaises , tirez I » Alors s'avança un jeane homme, le comte deHauterocbe, lieutenant des grenadiers aux gardes-françaises, qui répondit : « MeS'* sieurs les gardes anglaises nous ne tirons jamais les premiers. » Et le feu s^engagea par une fusillade roulante. C'était là de la noble chevalerie ; la guerre n'avait rien de farouche; la noblesse de TEuropese croyait une même famille, elle avait des alliances de blason ; rayonnante de courage , elle ne craignait pas que la valeur consistât à se jeter des haines et des injures à la face. On aurait dit les souvenirs d'uod grande lice de chevalerie du temps d'Edouard et doi. roi Jean; et cela n'empêcha pas qu'on ne se battit avec un courage héroïque.
La colonne anglaise tirait par division , avec I précision de Texercice ; à la première déchaîne, dixneuf ofGciers des gardes tombèrent blessés à mort, ^ parmi eux un brave et digne nom de Bretagne , a Clisson. Ce fut un terrible feu que celui de cette c^^ lonne, qui jeta dans une demi-heure 5,500 hommes hors de combat; ce feu si meurtrier et cette attitude
chérie. Jamais Unt de canons, ni si gros, n'ont tiré dans une bataille générale qu*à ceUe de Fontenoy. Il y en avait cent.
n A cette charge dernière, dont je vous parlais, n'oubliez pas une anecdote. M. le dauphin, par un mouvement naturel, mit Fépée à la main de la plus jolie grâce du monde, et voulait absolument charger ; on le pria de n'en rien faire.
«t Le triomphe est la plus belle chose du monde; les f^ite le Roi!