BATAILLE DE FONTENOY (11 MAI
isolés attaquent partiellement; il y a d'admirables traits de courage, des actions brillantes, héroïques; mais ces attaques désordonnées , elles écbouent toutes; si elles font bonneur à Pintl-épidilé du soldat franijais , elles ôtent quelque cbose à la gloire du cbef ; il n'y a aucun ordre, aucune prévoyance. Au feu nourri d'une formidable colonne on oppose de petites escarmouches de cavalerie.
Le maréchal de Sexe est déjà cfaintif pour la destinée de la bataille ; s'il A fait forletnellt barricader le pont , ce pont néanmoins pedt être enlevé ; il supplie le loi et le dauphin de se retirer de l'autre côLé de l'Escaut; Louis XV refuse '; il a plus de foi que le tnaréchal de Saxe dans la victoire; et il faut dire k l'honneur du roi que sa constance à ne pas désespérer de la journée, sa présence sur le champ de bataille
t Lettre de M, de Chevreuse à M. le duc de Luyties sur la bataille de Fontenoy.
r Ce qu'oD ne peut assez admirer, c'est la tranquillit<>, le sangfroj'd et le courage du roi et <lc moiisL'igneui' le dauphin; ils n'oot jumais paru s'apercevoir du dangei* qu'ils mil couru. J'ai vu cin([ ou six boulets tomber aui pieds du cheval du roi, qui nous ont fait trembler pour sa personne^ mais aii je l'ai admiré le plus grand, c'est au milieu du désordre, qui faisait craindre avec raisou que l'uffaire ne tournât mal. H avait conservé la plus grande tranquillité, donnait des ordres avec précision et netteté, et n'a paru marquer de la vivacité que pour mllicr les troupes qui avaietit plié. L un grand jour pour la natioD, mais encore plus graod
SOO LOUIS XV.
furent des causes actives du succès. Car les feux de la redoute de Fontenoy contre la colonne anglaise avaient eu pour résultat de la faire hésiter; intrépide, résignée, elle avait éprouvé des pertes énormes; et pourtant elle marchait silencieuse, parce que son devoir et sa gloire rappelaient au delà de la redoute.
Dans ce moment suprême , lorsqu^il y a hésitation au milieu d'une colonne d'attaque , il faut peu de chose pour amener sa défaite. Alors vint Tidée, qui aurait du se présenter naturellement à un général dès le commencement de Tattaque , de faire jouer Tarlillerie sur les deux flancs de la colonne. Par qui vint ce conseil? Chacun s'en fit honneur ; les uns Tattrihuent au maréchal de Saxe lui-même; Voltaire, si courtisan pour ses amis et ses protecteurs , le donne au duc de Richelieu. Mais les archives de la guerre con-
<c Voici la liste de ce que j'ai pu apprendre jusqu'à présent d^ nos morts et de nos blessés :
Morts. — MM. le duc de Gramont ; du Brocard ; le chevalier d^ Dill on ; le chevalier de Suzy ; de Clisson; de Chesnes, guidon d^ Ijendarmerie ; de Craon.
Blessés. — ]\IM. de Lutteau; le comte de Bavière; le chevalier d'Achë, le pied fracassé ; d'Anlezy ; le duc d'Avré, un coup de fusil à travers le gras de la jambe; le marquis de Crenay; d'Ailly, dangereusement; de LaPérouse; le chevalier de Monaco; le chevalier de Mézières ; de Puységur ; de Saint-Sauveur; de Longaulnay; de Langets , dangereusement; de la Pcyre, idem; de Refeville; de Visé; de Villars; de Lambilly ; de la Bcaune ; Diiguesclin; Dangers , dangereusement ; de la Serre, lieutenant-colonel au régiment du roi ; le chevalier de Cromar, dudit régiment.