‹ Louis XV et la Societe du XVIII SiecleChapitre 65 sur 114 · BATAILLE DE FONTEMOY (11 MAI · texte numérisé non relu

BATAILLE DE FONTEMOY (11 MAI

sfatent qoe ce fut un simple capitaine an régiment de

Touraine, du nom d'isnard, qui, voyant quatre

pièces disponibles et quatre autres que Ton pouvait

aoiener sur le terrain, indiqua cette belle ressource

do jeu de Fartillerie * . Ces pièces furent dirigées par

M^ • de Montasé , aide-major de Tinfanterie ; huit pièces

d** artillerie n^auraient pas été suffisantes pour arrêter

Ici oolonne anglaise au moment où elle se déployait

l^rillante; mais elle arrivait alors au dernier point de

S€i manœuvre, exténuée , brisée, fatiguée; le feu bien

'Nourri de huit pièces à mitraille devait faire des

^■"ouées profondes; la colonne de granit s'arrêtant, se

**^plia sur-elle-méme; ses rangs se perdirent; alors

chargée par la grosse cavalerie , bientôt elle tomba

^^ns la plaine comme une masse inerte ! Elle ne forma

plus que des monceaux de mourants , de blessés et de

P'^isonniers. Le duc de Cumberland fit sonner la re-

"*^ite, et la bataille de Fontenoy fut ainsi gagnée par

^ ^i^ble armée de France.

« Chacun raisonna sur la cause du gain de la bataille. Les uns' ibuèrent à la présence du roi et du dauphin ; d'autres à l'habileté ~ ^^^^laréchal de Saxe ; ceux-là à la charge vigoureuse de la maison du '^ ceux-ci à l'imagination du duc de Richelieu ; ces derniers enfin valeur de nos troupes que rien ne put décourager. Ces diverses nstances y concoururent sans doute, mais les fautes des ennen'y contribuèrent pas moins. La première fut d'avoir laissé dereux la redoute des bois de Barri et de Fontenoy, dont ils au-

m LOUIS

SoQs le point de Tue stratégique, bien des fmtei forent de part et d'autre commises dans cette joernée; le duc de Cumberland avait attiré avec beaucoup d'habileté Tarmée française dans une position bien périlleuse pour elle; on ne comprend pas qa'un général du premier ordre tel que le comte de Saxe, fM à livrer une bataille décisive , s^accula sur une rivière, sans autre point de retraite qu'on pont; cette positioâ mauvaise fut corrigée, il est vrai, par rarmement formidable des villages de Fontenoy et d\4ntoin, mais comment ne garda-t-on pas mieux le bois de Barri? Et ensuite, comment le centre fut-il dégarni à ce point de permettre qu une colonne pénétrât entre les deni extrémités d'une position? Enûn, comment ne violil à ridée du maréchal de Saxe de faire jouer Fai^ tillerie sur la colonne d^attaque qu*à la dernière ex« trémitê ? Comment se fait-il que mille chaires vinrent se briser sur les baïonnettes anglaises , sans qu'on ait ordonné une de ces attaques générales et décisives? On ne lança contre elle que des forces partielles, oa s'épuisa avant de la briser.

Le duc de Cumberland , de son côté, commit aussi

nient tourné le cjdod même contre les Fnnais ; Im. seconde, de s'être a\ancés sans cavalerie : la troisième^ de n'avoir pas saisi Tiiistant où Ton ne tirait plus qu'à poudre de Fontenoy pour s*emparer de ce poste ; la quatrième cnÀn, et la plus coBsidérable sans doute,

BATAILLE DE FONTENOY (11 MAI 1745). Mt

des fautes stratégi(|Ues ; il dôdnà toute Une nuit à Farniée française pour se fortifier sur l'Escaut ; aprèd l 'avoir ilttiré danâ cette position, il là laissa paisible* ment s'y retrancher; le lendemain, il s'épuisa par trois attaques de front sur les redoutes, négligeant d'occuper le bois de Barri, et ce n'est qu'à la fin qu'il forma ses réserves en colonnes serrées. Pour rendre efficace et décisive cette attaque de la colonne vers le centre , au uioment où elle fixa l'attention, il fallait faire également attaquer les extrémités des deux ailes de droite et de gauche. Comment se fait-il qu'il n'ait pas d'artillerie à opposer à ces huit pièces qui vinrent à la fin du combat foudroyer la colonne; huit pièces décider d'une grande journée! Il y eut donc des faules "^s deux côtés dans la bataille de Fontenoy; rien de P'us brillant que le courage individuel; mais on ne ^^*vit aucune des règles de la haute stratégie; il faut ^^ garder de faire trop honneur à la supériorité d'intelligence du maréchal de Saxe; il n'y eut rien de bomnie de génie dans ses combinaisons; l'instinct ^s officiers fit beaucoup pour le succès; mais le gé- '^^^^^l, maladif, souffrant, ne conçut aucune de ces

de la part des Hollandais, qui, effarouchés d'un premier échec, ^ ^ieu de forcer le poste d'Antoin et les redoutes qui le séparaient ^ ^*ontenoy, de venir par là donner la main aux Anglais et les sou- ^^v, restèrent spectateurs inutiles du combat, »

grandes idées militaires qu^il avait inspirées et dicté&ti au chevalier de Follard. Le roi se montra parfaitet^ ment bien durant toute la bataille, lui seul ne dése^ péra pas de la fortune et de la France.

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