KIS APRES FOJSTENOY. — CAMPAGNE ET CONQUETES
BN FLANDRE.
^ nouvelle de Fontenoy. — Joie publique. — Bulletin rimé de "N^oltaire. — Situation des esprits. — Départ des cours souveraines ^t des prévôts des marchands pour le camp royal. — Louis XY 9ur le champ de bataille de Fontenoy. — Aspect des tentes françaises. — Siège et prise de Tournay. — Soumission* des villes de la Flandre. — Le maréchal de Saxe et le comte de Lowendall. — Retour du roi. — Triomphe et fêtes de Thiver. — Madame d'Étiolés créée marquise de Pompadour. — Voltaire à la cour. — Gentilhomme de la chambre. — Ses vers et ses adulations. — Le Temple de la gloire, ^—'Esprit chevaleresque. — Arrivée
du prince Charles-Edouard. — L'armée de Normandie. — Les tempêtes et les obstacles. — Grandeur et noblesse d'un Stuart. — U tire répée. — Débarquement en Ecosse. — Ses premières victoires. —L'armée de Normandie sous le duc de Richelieu.
Mai I74S à janvier 1746.
Paris avait vu s^éloigner le roi et le dauphin de France avec une certaine inquiétude; un esprit politique commençait alors à se former même au sein de
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la bourgeoisie; il y avait un sentiment de critic{ae, d'examen, de fronde même, bien avant la libre discmsion de la presse ; le Mercure et la Gazette de Fraim n'alimentaient que faiblement la curiosité publique, et Ton dissertait, 6 Tombre de Tarbre deCracovie, an Palais-Royal , sur les nouvelles qui arrivaient de l'armée; on les commentait, on les développait, on m Laissait aller k mille conjectures dans les épanchements de la conflance et de Tintimité. En France, aucun gouvernement n'a pu comprimer Tesprit d'opposition ; il se glisse timidement quand il ne domine pas en maitre.
Or, nul n'ignorait la position délicate dans laquelle se trouvait le royaume de France en face de la fonnidable coalition qui marchait contre lui ; on se reportait aux jours néfastes de Louis XIV, à la triste défaite de Malplaquet, h cette marche en avant de Malborougb qui avait effrayé la capitale. La même situation se renouvelait à peu près : au nord, une armée anglo-hollandaise menaçait la Picardie; au centre, une armée anglo-allemande qui , par suite de la défection de la Bavière, pouvait envahir la Lorraine et l'Alsace; afl midi, les Âlpcs disputées avec peine aux Savoyards et aux Autrichiens. On avait foi dans le patriotisme de la nation, dans le courage de son roi; mais une bataille perdue pouvait ramener l'armée sur ta Marne, et alors les plus belles provinces verraient les habits rouges des Anglais. Hélas ! combien de propos inquiets