LE DAUPHIN SUR FONTENOY
vantage. Nos postes avancés tiraillaient quelques coups de fusil, sans que pour cela les armées s^ébranlassent. Comme le roi s'en revenait sur les trois heures après midi , il rencontra des fourrageurs qui avaient jeté leurs trousses et qui retournaient à toute bride au camp, disant qu^il y avait une alerte. Il vit en effet que les ennemis faisaient marcher leur gauche vers le village d'Antoin. On ne pouvait encore s'imaginer qu'ils en vinssent à une attaque, parce que, disait-on, ils flairaient trop longtemps la médecine pour avoir envie de Tavaler. Ainsi, ce soir-là, il n'y eut rien ; on ne fit que s'arranger pour le lendemain. Le roi se leva avant quatre heures du matin; il monta h cheval, passa l'Escaut, et s'arrêta un peu en deçà d'une chapelle appelée Notre-Dame-des-Bois. Ensuite, il s'avança sur une petite hauteur, d'où il découvrit parfaitement Tarmée ennemie comme la nôtre. A neuf ou dix heures , il demanda à déjeuner. Comme on allait le lui apporter, les ennemis commencèrent l'attaque du poste de Fontenoy, d'où M. de La Vauguyon, à la tête de la bri-
naître plus que partout ailleurs. Notre joie a été d'autant plus vive que nos alarmes Tont été. Les ennemis se sont retirés fort loin en mauvais ordre, et 11 y a entre eux beaucoup de division. C'est un ouvrage de la main de Dieu, à qui seul on doit la victoire, et je crois que vos prières y ont beaucoup contribué. Le roi est rentré aujourd'hui dans son quartier en parfaite santé. Pour moi, j'étais hier un peu fatigué, parce que j'avais été treize heures à cheval, et que j'avais resté jusqu'à six heures du soir sans rien prendre, mais la nuit m*a