II
galle (lu dauphin , les bien
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repoussa vigoureusement remordre. Le roi
fat
n osèrent
obligé de quitter sa pelite hauteur, parce que le canon des ennemis y dounait en plein. Il ne put jamais faire revenir au conihat des fuyards, dont une grande parlie étaient des valets, qui donnaient l'épouvaute au reste. Pendant cette retraite qui lui perçait le cœur de douleur, son visage ne changea pas , et il donna ses ordres avec une tranquillité que tout le monde admira. Quand les ennemis eurent abandonné le champ de bataille, le roi y vint et y fut reçu avec des cris de joie incroyables. Il ordonna qu'on prît soin des blesses, amis ou ennemis. On a donné à cette alïaire le nom de bataille de Fontenoy. Le soir, à neuf ou dix heures , le loi apprit que les ennemis s'étaient retirés en mauvais ordre ; qu'il y avait beaucoup d'aigreur entre les Anglais et les Hollandais, et qu'à leur appel il leur avait manque -15,000 hommes , au lieu que nous n'en avons perdu que 2,000. Ainsi , vous voyez que le roi a remporté une victoire complète. Le pauvre duc de Gra-
reparé. Je vous dcoiaude un raitlion de jkarUoiu d'avoir élé si loaglemps sanï vous Écrire ; ce n'est pas qu'il ne m'en ait souvcnc pris envie; mais connaissanl l'^mitiii qut vous voulez bien avoir pour niiii, j'ui cru que vous aimerez mieuiL recevoir en même leiiips 1> nouvelle de la bataille gagnée, et que le roi et moi sommes en Ixiniie n«nlé, que celle que nous sommes en présence et que nous atteodoua le moment d'Être attaquas. C'est pourquoi j'ai mieux aimé résister à ce que mes sentiments m'inspiraient et me priver de cette
VOLTAIRE £T L£ POEMB DB FONTBMOY (1745). ill
mont fut tué d^un boulet de canon qui lui cassa la cuisse. Adieu, ma chère femme, je vous aime plus que moi-même. » Une dépêche de M. d^Argenson, ministre de ia guerre, développait le bulletin si simple , si naïf de M. le dauphin à sa femme ; le ministre narrait encore cette suite d'incidents qui s'étaient produits pendant la bataille; rien n'était omis de ce qui pouvait glorifier la nation et rassurer la reine.
A côté de ces récits vivement colorés, parce qu'ils étaient l'expression de témoins oculaires, gentilshommes sans prétentions et sans grande littérature, il parut mille écrits en vers ou en prose : on fut inondé de poèmes ou d'odes sur Fontenoy, et parmi ces rapsodies on dut distinguer ce que Voltaire désigna sous le nom pompeux de Poème de Fontenoy ^ . Ce bulletin rimé avait été fait très vite : c'était sonex--
satisfaction, que* de vous apprendre une nouvelle capable de vous causer de Tinquiétude. Adieu, ma chère maman, je vous supplie de ne pas oublier le fils le plus tendre et le plus respectueux.
« Louis. »
- Au camp devaDt Toumay, ce 12 mai 174$. i»
* Yoici quelques uns de ces bouts rimes :
Quoi ! éa siècle passé le fameux satirique Aura fait retentir la trompette héroTqne, Aura chanté du Rhin les bords ensanglantés.
Ses défenseurs mourant, ses flots épouvantés. Son dieu même en fureur, effrayé du passage.
Cédant à nos aïeux son onde et son rivage :
Et vous, quand Totre roi dans des plaines de sang Voit ta mort devant loi voler de rang en rtog,
«use ; et pouvait-on décorer du nom do poUme, à la manière d'Homère ou des admirables chants de Virgile, ce récit sans couleur, ce discours en vers où les noms propres sont encensés et les positions stratégiques indiquées, non point à la grande manière de Bossuet dans Toraison funèbre de Condé, mais avec ce terre a terre d'un récit oinciel des bureaux de la guerre. Voltaire, alors le poelede cour, montrait uu désir immodéré de se mêler aux affaires publiques ; sa renommée avait grandi à Versailles où il était à la mode sous l'oile du duc de Richelieu, et M. d'Argenson remployait dans son département à la rédaction des documents secrets ou des manifestes. Rten ne manqnait à sa carrière de courtisan ; il célébrait chaque événement domestique de la cour: au mariage du dauphin , Voltaire improvisa une méchante féerie sous le titre de la Princesse de Navarre^ , parade bonne
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IX balai I1e>,
Son nii, 10D digne DIa, suil de li près m pu, Vou), heureux par b« rois, el grandi par la valltance, Frinfais, voua garderiez un indigne silCDce.
Vene: [e canlempler au champ de FonLenoi !
vous. Gloire, VBrlu, dérawi de mon roi, Redoutable Bellone, el Hiaene chérie, Paillon <lc9 granili cœurs, amour de la pairie.
•a etpril du Teu de nos guerriers.