‹ Louis XV et la Societe du XVIII SiecleChapitre 70 sur 114 · JOIE DE PARIS · texte numérisé non relu

JOIE DE PARIS

tout au plus pour le théâtre de la Foire. Sou ambition grandit avec le succès de ses flatteries; iT espérait un ministère, une ambassade, une charge de cour, tout lui semblait bon. II y a souvent chez les poètes des sentiments contradictoires, l'abaissement et Torgueil, la vanité et la faiblesse, de manière à ce qu'ils ne se conservent jamais dans une noble indépendance des gouvernements et d'eux-mêmes*.

L'enthousiasme de la cité éclata dans les pompes et les fêtes municipales ; les querelles de parlement n'étaient point absolument apaisées ; les plus ardents des conseillers étaient dispersés. Si les mesures énergiques contre les jansénistes avaient un peu irrité le peuple, les cours souveraines commençaient à rendre la justice et à s'asseoir sur les fleurs de lis, la grande chambre revenait de son exil à Ponloise , les enquêtes et les requêtes reprenaient leurs travaux ; peu à peu les avocats rentrés au palais plai-

cesse de Navarre et sur le prix excessif qu'il en avait reçu , dans un impromptu mordant :

Mon Henri Quatre et ma Zaïre,

Et mon Américaine àlzire.

Ne m'ont Jamais valu un seul regard du roi ; J'avais mille ennemis avec très peu de gloire : Les honneurs et les biens pleuvent enfin sur mol.

Pour une Tarce de la foire.

* Voici sa dédicace à Louis XV du poëme de Fontenoy :

Sire, a Je n'avais osé dédier à V. M. les premiers essais de cet ou-

SU4 uouis XV.

daient les causes à la vieille manière de Patru on à la plus récente mode de Cochin. Â peine ainsi rendaes à leurs travaux y les cours souveraines prirent ane résolution de concert avec les prévôts des marchands, ce fut d'aller complimenter le roi victorieux à la tête de l'armée de Flandre ; depuis Louis XIV une pareille démarche ne s'était point renouvelée : quitter U capitale pour venir faire hommage au roi en pleine campagne, c'était un acte de déférence pour la grava magistrature du parlement. Mais la victoire de Foo-tenoy était un si grand service rendu au payslE^ dans cette glorieuse circonstance toute démarche étai& anoblie par le patriotisme national. Cette armé^ avait fait d'admirables choses, et la magistrature comme le sénat de Kome accourait sous la tente pou dire aux soldats : « Vous avez bien mérité de I patrie. » Alors déjà les idées de république et d^ Kome germaient dans les esprits; le parlement visai t au rôle du vieux sénat, et ces toges flottantes accou—

yrages ; je craignais surtout de déplaire au plus modeste des vainqueurs; mais, sire, ce n'est point ici un panégyrique, c'est une peinture fidèle d'une partie de la journée la plus glorieuse depuis la bataille de Bovines ; ce sont les sentiments de la France, quoique à peine exprimés. C'est un poème sans exagération et de grandes vérités sans mélange de fiction ni de flatterie. Le nom de Y. M. fera passer cette faible esquisse à la postérité, comme un monninent authentique de tant de belles actions faites en votre présence à l'exemple de& votre».

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