‹ Louis XV et la Societe du XVIII SiecleChapitre 7 sur 114 · QUESTION ALLEMANDE · texte numérisé non relu

QUESTION ALLEMANDE

de Fleury était débordé, et le comte de Belle-Isie, l'expression du parti belliqueux, était destiné à conduire cette nouvelle génération aux batailles ; lorsque Frédéric s'emparait de la Silésie, n'y aurait-il pas un lot pour la France, et les rives du Rhin ne seraient-elles pas une compensation au sacrifice que pourrait faire la patrie dans la guerre allemande?

Ainsi étaient les esprits lorsque le comte de Belle-Isle présenta son mémoire au conseil du roi ; dans ce mémoire, le plus remarquable travail de diplomatie et de stratégie, le négociateur résume les intérêts de toutes les puissances en cause : « Depuis Henri IV, Richelieu, la politique de la France avait toujours été d'abaisser l'Autriche en face des éventualités possibles; le but de la France dans une guerre de succession à l'empire devait être : V de favoriser la Prusse, de manière à fractionner l'Allemagne en deux parts bien distinctes, le nord et le midi , en plaçant au centre la Bavière agrandie; 2® dans ce remanie-

engagements.» La Hollande et r Angleterre paraissaient disposées dans ce moment à soutenir cette princesse. Quelques jours après, Lichtenstein vint apporter au cardinal de Fleury un extrait du testament de Ferdinand I«', frère de Charles-Quint, qui portait que les royaumes de Hongrie et de Bohême, à défaut d'hoirs mâles, devaient passer à la iUle aînée. L'électeur de Bavière, au contraire, prétendait que ce testament de Ferdinand , à défaut d'hoirs mâles , avait donné à Anne, fille de Ferdinand, épouse d'Albert de Bavière, les royaumes de Hongrie et de Bohême. Le prince de Lichtenstein persuada le cardinal de Fleury que l'électeur avait produit une copie du testa-

ineiilîîiJiiérol la France devail acquérir le Rliin jusqu'i Mayence ; sa fronlicre serait ainsi rectifiée par la cession des éleelorats de Cologne , de Mayence , de Worms et de Spire; 5° on appuierait plus spécialement réleetenr de Bavière on môme l'électeur de ("olofine dans leur prétention à la succession de Charles VI; on pourrait ainsi exercer sur l'empire lui-n]ènie une influence décisive, et Tavenir le plus glorieux était destiné à la maison de Bourbon ; l'Alsace et la Lorraine lui étaient déjà acquises; les rives du Rhin en étaient le naturel complément. Et pour cela, il lallait agir avec discrétion et habileté ; la dïète électorale devait se réunir â Francfort pour décider \a succession à l'empire; il fallait envoyer là un homme capable, hardi même; jeter de l'argent en profusion, et obtenir enfin que le candidat à l'empire lût celui que la France avait désigné. Avec un empereur de son choix , on aurait les rives du ithin sans guerre '. »

A ce plan diplomatique de la plus haute portée, le comte de Belle-Isie joignait nécessairement un plan militaire , car la politique de la France devait pren« ■

ment qui ituil la liuiic des droits de l'électeur de Bavière; nu» A ajouta que celte copie n'était pas conforme h l'orij^iniil, et que tous tes ministres étrangers rassemblés, celui de Bavière surtout, en avaient été convaincus et Étaient ohligds de le reconnaitre. u

' On voit que les prétentions de la France sur la rive gauche du Rbin sont vieilles de date ; elles furent prâtes alors à se réaliser.

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